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2025 en ligne de mire : les leaders de l’industrie musicale canadienne tracent les grandes orientations

Qu’il s’agisse des défis liés à l’essor de l’intelligence artificielle générative ou des débats entourant le financement et l’encadrement des arts dans un contexte d’incertitude politique au fédéral, l’industrie musicale canadienne aborde l’année avec un programme particulièrement chargé.

2025 en ligne de mire : les leaders de l’industrie musicale canadienne tracent les grandes orientations
Photo de Desi Mendoza sur Unsplash

Alors que l’industrie musicale reprend son souffle après la période des Fêtes, les priorités de 2025 se précisent déjà. Plusieurs enjeux s’imposent comme les grandes lignes de force de l’année à venir : l’essor de l’intelligence artificielle, le financement des arts, les politiques publiques dans un contexte d’incertitude à Ottawa, le soutien aux promoteurs et aux salles de spectacle indépendantes, la santé mentale, la réduction des budgets consacrés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion (DEI), entre autres.

Cette tradition annuelle, lancée par le regretté David Farrell, voit Billboard Canada et FYI amorcer l’année en donnant la parole aux dirigeantes et dirigeants d’associations canadiennes ainsi qu’à des figures clés de l’industrie musicale, afin de recueillir leurs réflexions, leurs priorités et leurs aspirations.


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Nous leur avons posé trois questions essentielles. Leurs réponses, à la fois lucides et stimulantes, offrent un éclairage précieux sur les défis et les occasions qui façonneront 2025. Nous les remercions chaleureusement d’avoir pris le temps de partager leur vision en ce début d’année déjà bien rempli.

Quels sont les plus grands défis auxquels l’industrie de la musique au Canada sera confrontée en 2025 ?

Andrew Cash, président et chef de la direction de l’Association canadienne de la musique indépendante (CIMA)
La réponse dépend du segment de l’industrie musicale canadienne dont on parle.

Pour le secteur indépendant, la capacité de demeurer concurrentiel dans un marché véritablement équitable est cruciale. Or, la concentration du pouvoir entre les grandes maisons de disques et les plateformes technologiques multinationales — souvent contrôlées par des intérêts étrangers — est devenue excessive. C’est d’ailleurs ce constat qui a mené la CIMA à déposer une plainte officielle auprès du Bureau de la concurrence du Canada à la suite de l’échec des négociations entre TikTok et Merlin. Des associations indépendantes en Europe et en Australie ont également tiré la sonnette d’alarme après l’acquisition récente de Downtown Music par Universal.

À cela s’ajoute l’influence croissante des grandes entreprises d’intelligence artificielle, qui utilisent des œuvres protégées par le droit d’auteur sans autorisation, en invoquant de façon abusive le principe de l’« utilisation équitable » pour entraîner leurs modèles. Cela démontre à quel point le travail à accomplir demeure immense pour établir un cadre réglementaire mondial cohérent.

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Enfin, le coût extrêmement élevé des tournées constitue un autre défi majeur pour les artistes et les entreprises. L’instabilité politique en Amérique du Nord, combinée aux effets du changement climatique, continuera également d’avoir des répercussions importantes sur l’industrie musicale mondiale — et tout particulièrement sur celle du Canada.

Margaret McGuffin, présidente-directrice générale, Music Publishers Canada (MPC)
Music Publishers Canada s’inquiète profondément des efforts déployés par certaines entreprises technologiques pour réduire la rémunération des auteurs-compositeurs. La décision de Spotify, l’an dernier, d’exploiter une faille juridique aux États-Unis afin de diminuer les paiements versés aux créateurs a été particulièrement troublante. Malheureusement, il ne s’agit ni d’un cas isolé ni d’une stratégie limitée au marché américain.

En 2024, le MPC a célébré son 75e anniversaire. Si la technologie évolue rapidement, notre mission demeure inchangée : travailler avec nos membres et nos partenaires afin de promouvoir des lois et des politiques qui soutiennent les auteurs-compositeurs, les compositeurs et les éditeurs de musique. Après tout, toute l’économie musicale repose d’abord et avant tout sur la chanson.

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Patrick Rogers, président-directeur général de Music Canada
L’industrie musicale demeure dynamique et en perpétuelle transformation. Chez Music Canada, notre priorité est constante : veiller à ce que les artistes et les entreprises qui investissent dans leur musique puissent continuer à créer, à innover et à prospérer. Il est essentiel que les artistes soient rémunérés équitablement lorsque leur musique est utilisée et qu’ils puissent établir un lien durable avec leur public, aujourd’hui comme demain.

En 2025, deux enjeux majeurs concentrent notre attention. Le premier concerne la mise en œuvre de la Loi sur la diffusion continue en ligne (projet de loi C-11) par le CRTC. Nous avons toujours vu cette loi comme une occasion de renforcer la visibilité de la musique canadienne. Toutefois, le CRTC a jusqu’ici tenté d’appliquer à la diffusion en ligne un cadre réglementaire conçu pour la radiodiffusion traditionnelle, alors que ces deux réalités sont fondamentalement différentes. Nous craignons que certaines décisions compromettent les investissements des plateformes au Canada et fragilisent les équipes locales qui soutiennent l’écosystème musical.

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Le second enjeu touche l’intelligence artificielle. Si l’IA peut constituer un outil précieux pour les artistes, l’utilisation non autorisée d’œuvres protégées équivaut à du vol. Les développeurs doivent faire preuve de transparence et respecter les cadres existants de propriété intellectuelle. En 2025, nous poursuivrons nos efforts, au Canada comme à l’international, afin de promouvoir une utilisation éthique et responsable de l’IA.

Jennifer Brown, présidente-directrice générale de la SOCAN
La musique est au cœur de la culture canadienne, mais elle est aussi un travail qui mérite d’être protégé. La SOCAN s’emploie à faire en sorte que les auteurs-compositeurs, compositeurs et éditeurs puissent continuer à vivre de leur art, malgré les défis posés par les micropaiements numériques et l’intelligence artificielle.

Les plateformes étrangères de diffusion en ligne doivent jouer un rôle plus actif dans le développement et la mise en valeur des talents canadiens. À l’heure actuelle, l’absence d’obligations claires limite la découvrabilité et freine le rayonnement international de notre musique. Nous poursuivrons nos actions de plaidoyer afin de soutenir un environnement numérique qui investit réellement dans la création canadienne.

Erin Benjamin, présidente et directrice générale de l’Association canadienne de musique en direct (ACMC)
L’industrie de la musique en direct traverse une période particulièrement complexe, surtout pour les petites et moyennes organisations. Les coûts d’exploitation — sécurité, assurances, transport, main-d’œuvre — ont considérablement augmenté, alors que les prix des billets n’ont pas suivi le même rythme. Les salles et les promoteurs tentent de limiter l’impact sur le public, mais atteindre l’équilibre financier devient de plus en plus difficile.

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L’accès limité aux subventions, la concurrence accrue pour les fonds disponibles et les effets persistants de la pandémie continuent de fragiliser l’écosystème. À cela s’ajoutent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, des enjeux de diversité et d’inclusion toujours présents, ainsi que l’urgence climatique, qui exige des actions concrètes et durables.

Enfin, l’absence de politiques cohérentes aux niveaux fédéral et provincial, combinée aux contraintes liées au zonage, au bruit et à la pression immobilière, complique la gestion des salles de spectacle. La santé mentale des artistes et des équipes demeure également une préoccupation croissante qui nécessite un soutien collectif accru.

Paul Shaver, président de la CMRRA et de SX Works
L’un des principaux défis actuels réside dans la gestion de volumes de données de plus en plus importants liés aux droits musicaux. À mesure que la consommation mondiale de musique s’intensifie et que les plateformes se multiplient, il devient crucial de garantir l’exactitude des métadonnées et une attribution rigoureuse des droits dans tous les territoires.

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La rationalisation de ces processus est essentielle afin de permettre aux titulaires de droits de percevoir efficacement les redevances dues aux auteurs-compositeurs. La CMRRA joue un rôle clé en offrant une administration transparente et fiable à l’ensemble de l’écosystème.

Keziah Myers, directrice générale d’ADVANCE – Collectif de l’industrie de la musique noire au Canada
La réduction des budgets consacrés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion constitue un recul préoccupant. Ces initiatives ont pourtant permis des avancées concrètes au cours des dernières années. Leur affaiblissement risque de freiner l’évolution de l’industrie et d’exclure des talents issus de communautés diverses.

Les professionnels de la musique noire continuent de faire face à des obstacles systémiques, notamment en matière de financement, d’accès aux plateformes et de visibilité médiatique. Sans un engagement renouvelé des gouvernements et de l’industrie, les progrès réalisés pourraient être compromis.

Michael Hollett, président-directeur général de NXNE
La priorité demeure la création d’un écosystème durable pour la musique en salle, bénéfique à la fois pour les artistes, les publics et les exploitants de salles. Cela passe par une collaboration étroite avec tous les paliers de gouvernement, notamment à l’échelle municipale.

À Toronto, des outils comme les ajustements de zonage et les allègements fiscaux sont essentiels pour soutenir les salles de spectacle. Les compressions budgétaires récentes soulèvent toutefois des inquiétudes quant à l’avenir du financement culturel.

Amy Jeninga, présidente de l’Association canadienne de musique country (CCMA)
La musique country connaît une croissance remarquable, au Canada comme à l’international. L’année écoulée a été transformatrice, portée par l’émergence de nouvelles voix et par un élargissement du public. Le défi sera de maintenir cet élan tout en soutenant durablement la communauté artistique.

Meg Symsyk, présidente-directrice générale de FACTOR Canada
L’industrie musicale n’a jamais généré autant de revenus, et pourtant les artistes — en particulier ceux en début de carrière — éprouvent de plus en plus de difficultés à être rémunérés équitablement.

La découvrabilité demeure un enjeu central, alors que les plateformes mondiales imposent des modèles de plus en plus restrictifs. L’augmentation des coûts, la volatilité économique et les barrières à l’entrée compliquent le développement des carrières.

Les contestations judiciaires entourant les contributions prévues par la loi pourraient avoir des conséquences majeures sur les programmes de FACTOR et, par extension, sur la compétitivité de l’industrie canadienne. À cela s’ajoutent des défis externes, comme la fraude en ligne, qui représente un risque croissant pour l’ensemble du secteur.

Quel devrait être l’objectif principal de l’industrie de la musique canadienne en 2025 ?

Andrew Cash
Créer de la musique de qualité. Permettre à celles et ceux qui la créent d’en vivre. Mettre en place un environnement d’investissement solide afin de soutenir les entreprises musicales canadiennes et les artistes indépendants.

Les investissements réalisés par l’entremise du Fonds de la musique du Canada, administré par FACTOR et Musicaction, ainsi que les contributions des radiodiffuseurs privés — y compris celles d’organismes sans but lucratif comme Radio Starmaker — ont joué un rôle déterminant dans le développement, la croissance et le rayonnement des artistes et des entreprises musicales canadiennes, au pays comme à l’international. Ces programmes, souvent cités comme des modèles exemplaires à l’étranger, suscitent l’admiration de la communauté musicale mondiale.

Il est essentiel de poursuivre le développement des marchés d’exportation et de renforcer les structures qui permettent aux artistes et aux entreprises de prospérer, tout en se préparant à la prochaine vague de transformations des modèles économiques d’une industrie en constante évolution.

Patrick Rogers
Nous entrons clairement dans une nouvelle ère, marquée par des avancées numériques majeures et des défis sans précédent. En 2025, Music Canada concentrera ses efforts sur la réglementation du numérique, qu’il s’agisse d’étendre le cadre de la radiodiffusion aux services de diffusion en continu ou d’établir des balises robustes pour encadrer l’intelligence artificielle.

À bien des égards, ces enjeux rappellent ceux auxquels nous avons été confrontés par le passé. Il n’y a pas si longtemps, certains affirmaient que les consommateurs ne paieraient jamais pour accéder à de la musique sous licence en ligne, soutenant que les artistes devraient renoncer à leurs droits d’auteur et se tourner exclusivement vers les tournées et les produits dérivés. D’autres prétendaient que l’octroi de licences numériques était trop complexe et risquait de freiner l’innovation.

Pourtant, l’industrie et les titulaires de droits ont maintenu le cap en faveur de la protection du droit d’auteur. Ils ont investi dans les infrastructures, renforcé leurs équipes et établi des partenariats durables avec les plateformes de diffusion, permettant à celles-ci d’offrir légalement la musique que nous aimons. Aujourd’hui, le modèle de diffusion en continu sous licence et par abonnement génère des revenus substantiels, qui sont réinvestis dans le développement de la relève.

Il n’y a aucune raison de traiter l’intelligence artificielle — ou les autres enjeux numériques — différemment. Le respect du droit d’auteur et la compréhension des comportements des auditeurs demeurent des principes fondamentaux pour relever les défis actuels et futurs.

Margaret McGuffin
L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans les discussions, offrant un potentiel considérable pour accroître l’innovation et l’efficacité des maisons d’édition musicale. Toutefois, il est impératif que les Canadiens reconnaissent la valeur irremplaçable de la création humaine et s’opposent à toute législation qui pénaliserait injustement les auteurs-compositeurs, les compositeurs et les éditeurs de musique.

Le droit d’auteur demeure un pilier essentiel, permettant aux créateurs de bâtir leur carrière et aux éditeurs d’investir dans la relève. En tant que secteur, nous devons travailler collectivement à un avenir où les nouvelles technologies coexistent avec la création humaine, sans que l’une ne se développe au détriment de l’autre.

Jennifer Brown
Nous poursuivons nos efforts pour répondre aux défis qui touchent le marché canadien de la musique, les principes du droit d’auteur et la protection de la musique créée par l’humain.

Les fondements mêmes du droit d’auteur sont aujourd’hui menacés par l’intelligence artificielle et par certaines plateformes qui en tirent profit. Sans protections adéquates, les créateurs canadiens pourraient perdre jusqu’à 20 % de leurs revenus annuels d’ici 2028, au bénéfice des plateformes d’IA générative. C’est pourquoi nous collaborons étroitement avec d’autres organisations du milieu afin de défendre un cadre réglementaire solide. Un avenir sans protection pour la création humaine équivaudrait à dévaloriser le travail des auteurs-compositeurs, des compositeurs et des éditeurs, ainsi que la richesse culturelle propre au Canada.

Nous demeurons fermement engagés à défendre les droits de nos membres afin d’assurer une rémunération juste. Or, certains acteurs majeurs de l’industrie cherchent à réduire leur contribution financière, alors que de nombreux créateurs peinent déjà à assurer leur subsistance.

Le rôle des créateurs et des éditeurs évolue, avec des responsabilités commerciales de plus en plus importantes. Il est donc essentiel de leur offrir des formations et des ressources adaptées pour leur permettre de naviguer dans l’écosystème musical contemporain et de bâtir des carrières durables.

Erin Benjamin
Notre meilleure occasion d’avoir un impact positif sur ces enjeux — et sur bien d’autres — réside dans la valorisation et la défense de la musique en salle. En un mot : la représentation des intérêts du secteur.

Paul Shaver
En 2025, l’industrie musicale continuera de composer avec des défis et des possibilités liés à l’évolution rapide de l’intelligence artificielle. Il sera crucial de mettre en place des balises réglementaires qui protègent à la fois les entreprises technologiques et les titulaires de droits. La superposition des cadres juridiques et des législations accélérera certains progrès tout en en ralentissant d’autres.

Nous croyons que les titulaires de droits doivent pouvoir décider si leur propriété intellectuelle peut être utilisée, dans quelles conditions, et être rémunérés de façon équitable. Les organisations de gestion collective, comme la CMRRA, jouent déjà un rôle clé grâce à l’octroi de licences fractionnées. En assurant le suivi des identifiants de données dès l’entrée, il devient possible d’attribuer correctement les droits à la sortie et de mettre en place un modèle de monétisation viable pour l’ensemble de la chaîne de valeur.

À terme, l’industrie devra définir un processus d’octroi de licences et d’administration simplifié, efficace et applicable à grande échelle.

Michael Hollett
En cas de changement au sein du gouvernement fédéral, l’industrie musicale, à tous les niveaux, devra faire valoir ses arguments pour démontrer les retombées économiques et sociales d’un secteur musical dynamique. Nous devons également continuer à mobiliser le public afin qu’il accorde autant de valeur à la musique en salle à petite échelle qu’aux spectacles de grande envergure.

Keziah Myers
En 2025, notre priorité sera de créer davantage d’occasions pour les professionnels noirs de l’industrie musicale. Un objectif central consistera à s’assurer que les entrepreneurs noirs disposent des ressources nécessaires pour prospérer, à l’image de The BAG, qui investit environ 200 000 $ dans les entreprises noires. Nous souhaitons collaborer avec les provinces afin d’obtenir des financements dédiés et d’accroître la visibilité de ces initiatives.

Nous nous concentrerons également sur la mise en œuvre des douze recommandations du rapport ADVANCE – Industry Analysis & Value of Black Music. Cela passera par un travail de plaidoyer auprès des gouvernements afin de favoriser des mesures incitatives en matière d’équité. Comme de nombreuses entreprises disposent de moyens limités, l’appui municipal, provincial et fédéral demeure essentiel pour lever les obstacles systémiques. Nous suivrons par ailleurs de près les changements politiques et leurs répercussions potentielles sur l’ensemble de l’industrie musicale.

Meg Symsyk
La survie des salles de spectacle canadiennes et la maîtrise des coûts de tournée pour les artistes constituent des enjeux majeurs. Il est essentiel que le lien entre les artistes et le public demeure viable sur le plan économique, alors que les pressions financières n’ont jamais été aussi fortes.

Les recours juridiques intentés par des services de diffusion en ligne au sujet du projet de loi C-11 et des contributions financières exigées par le CRTC pourraient avoir des répercussions importantes sur les budgets d’investissement. L’issue de ces procédures mérite une attention soutenue.

Les consultations en cours du CRTC sur un cadre réglementaire modernisé — incluant une définition actualisée de la « programmation canadienne » et l’amélioration de la découvrabilité des contenus canadiens et autochtones — représentent également des enjeux clés.

FACTOR cherche enfin à obtenir davantage de clarté quant à l’utilisation et à l’encadrement de l’intelligence artificielle, ainsi qu’aux décisions judiciaires en cours au Canada et à l’international. Cette technologie aura des répercussions sur l’ensemble des titulaires de droits des industries créatives, et toute évolution législative ou réglementaire suscitera une attention particulière.

Les élections fédérales à venir pourraient également entraîner des changements politiques déterminants pour notre secteur.

Qu’attendez-vous le plus avec impatience en 2025 ?

Andrew Cash
L’année 2025 marque un jalon historique pour la CIMA, qui célèbre son 50e anniversaire. C’est l’occasion idéale de revenir sur notre parcours et de réfléchir à l’avenir, tant pour l’organisation que pour l’ensemble de l’industrie musicale canadienne. Nous attendons également avec enthousiasme la tenue de la troisième conférence annuelle Make It Music en novembre, ainsi que le lancement de plusieurs nouvelles initiatives qui s’inscrivent dans le cadre de ces célébrations.

Patrick Rogers
Une grande partie de notre travail est consacrée à l’élaboration de politiques, à la réglementation et à l’application du droit de la propriété intellectuelle. Bien que ces dossiers soient complexes, notre équipe trouve sa motivation dans les défis qu’ils posent à travers les différents secteurs de l’industrie.

L’un des moments forts de l’année sera la célébration du 50e anniversaire du programme Or et Platine. Nous mettrons en valeur ses moments marquants sur nos plateformes numériques et lors de divers événements de l’industrie. Ce programme, qui reflète les habitudes d’écoute et les coups de cœur des Canadiens, offre un regard unique sur l’évolution de la culture musicale canadienne au cours des cinq dernières décennies. J’ai très hâte de revisiter cette histoire tout en me projetant vers les 50 prochaines années.

Jennifer Brown
En 2025, plusieurs initiatives majeures nous enthousiasment. Nous nous apprêtons à lancer la plus importante application technologique de l’histoire de la SOCAN. Elle offrira un accès élargi aux données, une transparence accrue et permettra aux membres de mieux comprendre l’origine de leurs redevances. Cette nouvelle plateforme nous permettra également d’augmenter la fréquence des répartitions, une avancée essentielle pour soutenir la stabilité financière des auteurs-compositeurs et des compositeurs.

Nous sommes aussi impatients de célébrer le 100e anniversaire de la SOCAN, un jalon qui témoigne de notre volonté de bâtir l’organisation des cent prochaines années. Notre objectif est que nos membres se sentent appuyés, bien informés et confiants quant à notre capacité à les accompagner.

Enfin, nous publierons les résultats de la première étude pancanadienne exhaustive sur la santé mentale dans l’industrie de la musique, réalisée en partenariat avec Revelios et le Fonds Unison. Les données issues de l’enquête Soundcheck, toujours ouverte aux professionnels du milieu, permettront de mettre en place des mesures concrètes pour améliorer le mieux-être dans notre secteur.

Margaret McGuffin
L’édition musicale est résolument internationale : en 2024, 81 % des revenus des éditeurs de musique indépendants canadiens provenaient de l’étranger. En 2025, nous poursuivrons notre soutien aux priorités d’exportation de nos membres.

Nous nous réjouissons également de la croissance continue de notre programme NXTGen et de l’accélérateur Women in the Studio. NXTGen offre aux futurs leaders de l’édition musicale un espace d’apprentissage, de réseautage et de création de liens durables. Women in the Studio permet aux productrices et aux auteures-compositrices d’accéder à des occasions de perfectionnement et de mentorat. De plus, nous collaborerons avec Women in Music Canada pour lancer une enquête nationale auprès des personnes proches aidantes œuvrant dans l’industrie musicale.

Erin Benjamin
La CLMA se prépare à mettre à profit les résultats de son étude d’impact économique, Ici et maintenant, un projet amorcé dès notre fondation il y a dix ans. Le rapport démontre clairement que la protection et le développement des infrastructures de musique en salle au Canada favorisent la création d’emplois, génèrent d’importantes retombées économiques pour les collectivités et multiplient les occasions pour les artistes canadiens. Cela se traduit par des hôtels remplis, des vols complets, des restaurants animés et un tissu social renforcé.

Nous espérons que les données probantes de ce rapport alimenteront une réflexion tournée vers l’avenir sur le potentiel de croissance de l’industrie musicale dans le paysage économique et culturel canadien.

Paul Shaver
L’année 2025 est particulièrement marquante pour la CMRRA, qui célèbre son 50e anniversaire. C’est un moment privilégié pour faire le bilan de notre parcours et envisager l’avenir. Nous lancerons une édition spéciale du 50e anniversaire de The Pulse, notre infolettre mensuelle, qui retracera notre évolution, de l’octroi de licences pour les supports physiques à notre adaptation à l’ère numérique et à l’intelligence artificielle.

Nous continuerons également d’élargir nos licences pour les usages audiovisuels post-synchronisation, afin de permettre à l’industrie canadienne de bénéficier de nouvelles sources de revenus, notamment celles issues des plateformes de diffusion en continu.

Amy Jeninga
Au CCMA, les raisons de se réjouir sont nombreuses. À la suite d’un gala à guichets fermés à Edmonton, qui a généré des retombées économiques de 16 millions de dollars pour la communauté, nous préparons un événement encore plus ambitieux en 2025 à Kelowna, avec des billets écoulés plusieurs mois à l’avance.

Ces succès témoignent non seulement de l’engouement pour la musique country canadienne, mais aussi de son fort potentiel de croissance. Nous continuerons d’offrir à nos membres des occasions de développement et de contribuer à l’essor d’une scène plus inclusive et durable.

Keziah Myers
En 2025, nous poursuivrons nos efforts pour rendre l’industrie musicale plus équitable, en collaborant avec des entreprises et des organisations afin de favoriser des changements concrets. Nous sommes particulièrement enthousiastes à l’idée de soutenir des projets de recherche, notamment ceux portant sur la musique en salle et sur les personnes soignantes au sein de l’industrie. Ces travaux fourniront des données essentielles pour orienter les politiques futures et créer un environnement plus inclusif pour l’ensemble du milieu.

Michael Hollett
Je me réjouis de présenter la 30e édition de NXNE, qui se tiendra du 11 au 15 juin à Toronto. Nous soulignerons trois décennies d’héritage tout en mettant en lumière des talents émergents du Canada et d’ailleurs. Ce 30e anniversaire s’annonce comme une célébration mémorable, ponctuée de quelques surprises.

Meg Symsyk

FACTOR poursuit son engagement auprès des artistes canadiens en les accompagnant dans leurs projets, tant au pays qu’à l’international. Nous avons lancé le programme Promoter l’an dernier et avons hâte d’en poursuivre le développement afin de soutenir un plus grand nombre de talents. Nous continuerons d’adapter nos programmes pour favoriser une participation élargie et répondre aux besoins du secteur, dans le but d’avoir un impact encore plus structurant.

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Drake 'Hotline Bling'
Photo de courtoisie

Drake 'Hotline Bling'

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Retour sur les chansons et albums no 1 au Canada en 2016

Alors que de nombreux internautes se prennent de nostalgie pour la décennie écoulée, retour sur une année marquante pour la musique canadienne, où Justin Bieber, Drake, The Weeknd, Alessia Cara et bien d’autres dominaient les palmarès Billboard Canadian Hot 100 et Canadian Albums.

Trois mois après le début de 2016, Drake décrochait son premier numéro un de l’année en tant qu’artiste invité sur « Work » de Rihanna. Malgré les origines barbadiennes de la chanteuse, le vidéoclip — réalisé par le cinéaste canadien Director X — a été principalement tourné à Toronto, dans l’un des restaurants caribéens les plus emblématiques de la ville, The Real Jerk. Porté par un savant mélange de dancehall, de reggae-pop et de R&B, « Work » est resté quatre semaines consécutives au sommet des palmarès.

En juillet, Calvin Harris, alors collaborateur régulier de Drake, a signé un autre numéro un avec « This Is What You Came For », un titre qui a dominé les classements pendant trois semaines.

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