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Ticketmaster impose désormais en Ontario un plafond sur les prix de revente dépassant la valeur nominale des billets

La principale société de billetterie a envoyé un courriel aux revendeurs pour les informer de ce changement, entré en vigueur hier, le 23 avril.

Ticketmaster impose désormais en Ontario un plafond sur les prix de revente dépassant la valeur nominale des billets
Photo prise par appshunter.io sur Unsplash

Ticketmaster Canada met en garde les revendeurs de billets au marché noir en Ontario.

Le géant de la billetterie a envoyé des courriels aux Ontariens dont les billets étaient affichés sur sa plateforme de revente, les informant que leurs annonces seraient retirées en raison des nouvelles exigences légales imposées par la province. Cette mesure fait suite à la récente décision du gouvernement de Doug Ford d’instaurer un plafond interdisant la revente de billets à un prix supérieur à leur valeur nominale.


« À compter du 23 avril 2026, les billets vendus en Ontario ne pourront plus être revendus à un prix dépassant leur coût initial total, incluant les frais de service et les taxes », précise le courriel.

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« Dès la semaine prochaine, vous pourrez remettre vos billets en vente conformément aux nouvelles exigences légales de l’Ontario, une fois notre plateforme de revente mise à jour. »

Ticketmaster a confirmé à CP24 qu’un plafond sur les prix de revente des billets est désormais appliqué.

« La nouvelle loi entrant bientôt en vigueur, nous avons commencé à contacter tous les fans dont les billets étaient en vente sur notre plateforme de revente afin de les informer que nous avons retiré leurs billets de notre marché », a indiqué un porte‑parole de Ticketmaster Canada.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du projet de loi budgétaire récemment adopté, le projet de loi 97, qui n’a toutefois pas encore reçu la sanction royale. La nouvelle législation exigera que les vendeurs du marché secondaire fournissent une preuve du prix d’origine lors de la mise en vente d’un billet, et obligera la divulgation du prix initial ainsi que du prix de revente aux acheteurs. Les plateformes devront conserver ces données pendant au moins trois ans après l’événement.

Si elle est adoptée, la loi modifiera la Loi de 2017 sur la vente de billets, qui interdisait l’utilisation de robots d’achat et plafonnait la revente à 50 % au‑dessus du prix initial. Cette limite, instaurée par le gouvernement libéral, avait été abrogée par Doug Ford en 2019. À l’époque, le ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs, Bill Walker, soutenait que la règle était « inapplicable », les vendeurs n’étant pas tenus de divulguer le prix d’origine.

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Selon plusieurs observateurs, Ford aurait pris conscience de l’ampleur du problème de la revente lors des matchs de la Série mondiale de la MLB à Toronto l’an dernier, où certains billets se revendaient jusqu’à 10 000 $. Le premier ministre avait alors dénoncé une exploitation des consommateurs.

Suite à l’annonce du gouvernement Ford, Live Nation — société mère de Ticketmaster — a publié une déclaration sur les réseaux sociaux pour appuyer la nouvelle mesure. « Nous sommes favorables aux initiatives qui favorisent une billetterie équitable et transparente et qui freinent les pratiques de revente abusives », a indiqué l’entreprise.

Bien qu’il s’agisse d’un pas dans la bonne direction selon plusieurs observateurs, l’intégration des politiques de Ticketmaster à la future législation ontarienne demeure floue. On ignore notamment si ce seront les plateformes ou les revendeurs qui récupéreront les frais de service et les taxes lors des reventes.

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Malgré ces incertitudes, les pratiques de revente à forte marge restent très présentes sur la plateforme. Cette semaine, Jack Antonoff, du groupe Bleachers, a interpellé Ticketmaster après que la société eut annulé de nombreux billets pour un concert d’Harry Styles à New York, à la suite de leur revente à des prix exorbitants. « Vous vous êtes pris la main dans le sac ? », a-t-il ironisé.

Après qu’Olivia Dean a qualifié Ticketmaster de « service scandaleux », l’entreprise a plafonné les prix de revente pour la tournée mondiale de la chanteuse, lauréate d’un Grammy. Ariana Grande avait également réagi l’an dernier, jugeant « inadmissible » les prix pratiqués par certains revendeurs pour sa tournée Eternal Sunshine, sa première en sept ans.

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Le plafonnement des prix en Ontario a toutefois suscité des critiques. La Sports Fan Coalition a publié une déclaration exhortant Doug Ford et son gouvernement à revenir sur cette décision. « Alors que le premier ministre fait adopter cette loi sans consultation publique, nous veillons à ce que la voix des partisans soit entendue haut et fort, et nous implorons le premier ministre Ford : ne gâchez pas nos billets en plafonnant les prix », a déclaré Brian Hess, directeur général de l’organisation. Certains se demandent même si la vente de billets au prix initial pourrait, paradoxalement, nuire aux consommateurs. Les effets concrets ne seront visibles qu’une fois la loi pleinement appliquée.

Parallèlement, Ticketmaster fait face à une pression croissante. Un jury fédéral de New York a récemment conclu que Live Nation s’était livrée à des pratiques monopolistiques dans le secteur des spectacles vivants. Cette décision pourrait mener à une séparation entre Live Nation et Ticketmaster, sous réserve de l’appréciation du juge.

Bien que le procès concerne les États‑Unis, plusieurs analystes estiment qu’il aura inévitablement des répercussions sur l’industrie musicale canadienne. .

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