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Cadre de la semaine : Mark Holland a de grands projets pour l’Exposition nationale canadienne (ENC) de Toronto

La foire, qui approche les 150 ans, et son site historique sont sous forte pression publique. Mais son nouveau PDG, ancien politicien fédéral, porte une vision ambitieuse : transformer l'ENC en une destination ouverte toute l’année et en un véritable pôle de divertissement. Avec l’appui de NXNE et de Billboard Canada, il veut aussi lui redonner toute sa place dans la scène musicale.

Cadre de la semaine : Mark Holland a de grands projets pour l’Exposition nationale canadienne (ENC) de Toronto

L’Exposition nationale canadienne (ENC), institution profondément ancrée dans la mémoire collective canadienne, regarde désormais vers l’avenir grâce à l’impulsion de son PDG, Mark Holland. Surnommée The Ex, la foire de fin d’été demeure un rendez‑vous incontournable pour les Torontois : manèges, jeux, découvertes culinaires, expositions et concerts rythment chaque édition.

Si la musique n’est pas toujours associée spontanément à l'ENC, elle en constitue pourtant un pilier historique. Au fil des décennies, des artistes majeurs — de Frank Sinatra à Louis Armstrong, en passant par The Who et Blondie — s’y sont produits. Aujourd’hui, cet héritage reprend de l’importance grâce à un partenariat avec NXNE, Billboard Canada et Rolling Stone Canada, destiné à moderniser la programmation et à mettre en avant autant les talents émergents que les artistes établis. De nouvelles scènes, ainsi qu’une revitalisation du kiosque à musique, visent à faire du site un lieu phare pour la musique, la gastronomie et le divertissement.


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Pour Holland, « la musique fait partie intégrante de notre identité » et doit rester accessible à tous.

Nommé PDG à l’été 2025, quelques heures avant la journée presse, Holland aura complété un an de mandat lorsque la foire reviendra du 21 août au 7 septembre. Ancien membre influent du gouvernement fédéral, il met désormais son expérience stratégique au service de l'ENC pour en préserver le rôle culturel et en faire un pôle de divertissement actif toute l’année sur le front de mer. Il imagine notamment transformer le Pavillon de la gastronomie en un vaste centre de loisirs, relié à un nouveau réseau de transport, avec casino, restaurants, bars et scènes répartis sur l’ensemble du site.

Selon lui, cette transformation est essentielle : sans vision ambitieuse, l'ENC risquerait de devenir un simple quartier urbain parmi d’autres. Il insiste : « Le site a un potentiel bien plus grand. »

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Dans le cadre de la série « Dirigeant de la semaine », Holland détaille sa vision et explique pourquoi l'ENC doit évoluer pour survivre. Les trois prochaines années seront décisives, affirme‑t‑il, et permettront de révéler tout le potentiel du site.

« En 2029, nous célébrerons nos 150 ans. L’objectif est d’en faire l’apogée de l'ENC, un nouveau standard pour les éditions futures. »Vous avez pris vos fonctions juste avant l’édition de l'ENC l’an dernier, ce qui en a surpris plus d’un. Votre parcours est politique : vous étiez notamment ministre de la Santé. Comment êtes‑vous arrivé à ce poste ?

J’ai passé de nombreuses années en politique municipale et fédérale, occupant des rôles variés — de whip à leader parlementaire, jusqu’à devenir ministre de la Santé. Lorsque j’ai décidé de ne pas me représenter aux dernières élections, je n’avais aucun plan précis. Je voulais simplement prendre une pause durant l’été. C’est alors qu’un ami m’a parlé de ce poste en me disant : « Tu serais parfait pour ça. »

L'ENC a toujours eu une grande importance pour moi, comme pour beaucoup de gens dans la région du Grand Toronto. J’adore la musique live, les foires, les festivals et les expériences en direct. Et du côté de la CNE, le site faisait face à de fortes pressions. De nombreuses préoccupations politiques entouraient sa survie, ce qui explique en partie pourquoi on m’a approché. Mais ce sont surtout mes passions personnelles qui m’ont convaincu.

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Avant son décès, la maison de mon grand‑père représentait une présence rassurante dans ma vie. Je crois que The Ex joue ce rôle pour la ville : un rendez‑vous annuel incontournable, ce moment doux‑amer où l’on profite des derniers instants de l’été. Travailler pour une institution canadienne aussi importante, à un moment aussi crucial, était une perspective captivante.

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Vous avez évoqué l’incertitude qui planait sur le site. Quelles menaces pesaient sur l'ENC à votre arrivée ?

Le réaménagement d’Exhibition Place suscitait de fortes inquiétudes. Il fallait s’assurer que les projets envisagés protègent non seulement les intérêts à long terme de l'ENC, mais aussi le site lui‑même. Il aurait été facile d’en faire un ensemble de maisons de ville, d’appartements et de cafés — un type de développement déjà très présent ailleurs.

Il n’existe rien de comparable en plein cœur d’une grande ville : 78 hectares, auxquels s’ajoute Ontario Place, formant un complexe unique. Il est essentiel d’en faire un lieu de divertissement, d’expositions et de spectacles où la ville peut se rassembler et célébrer sa culture. Or, décision après décision, cet espace risquait de disparaître. Avec Exhibition Place et Don Boyle, partenaires exceptionnels, nous avons cherché comment inverser cette tendance.

Comment faire pour que le site atteigne son plein potentiel au‑delà des 18 jours de l'ENC ?

En dehors de ces 18 jours, nous n’avions rien réussi à concrétiser. Les bâtiments sont actifs, mais les espaces extérieurs restent vides. Aujourd’hui, le site est très transactionnel : on vient pour un concert, un match ou une conférence, puis on repart aussitôt. Pourtant, ce qui rend un événement mémorable, c’est aussi ce qui se passe avant et après. C’est cette vie autour des événements que nous voulons créer, avec une activité continue, jour et nuit.

Nous travaillons avec nos partenaires pour enrichir l’expérience lors des matchs du Toronto FC ou du Toronto Tempo, au BMO Field et au Coca‑Cola Coliseum. À Wrigley Field ou Fenway Park, l’avant et l’après‑match sont aussi importants que le match lui‑même. Pour les Bills, c’est l’ambiance festive qui prime. Nous voulons sortir de cette logique impersonnelle où l’on craint les embouteillages et la foule. Nous voulons que les visiteurs arrivent tôt et repartent tard, parce que le site devient un véritable espace de divertissement.

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Le bâtiment de restauration, aujourd’hui ouvert seulement 18 jours par an, se trouvera bientôt à l’entrée de la ligne Ontario. Quand 10 millions de personnes emprunteront cette ligne, que verront‑elles en arrivant ? Un mur de briques et une porte de garage, ou un véritable complexe de loisirs ? Nous plaidons évidemment pour la seconde option.

L’Ex a toujours joué un rôle important dans la scène musicale torontoise et canadienne. Quelle place occupe la musique en direct dans vos projets ?

Beaucoup l’ignorent, mais le Bandshell fête ses 90 ans. Je ne crois pas qu’il existe de festival de musique plus ancien en Amérique du Nord. Nous avons parfois mis la musique en avant, puis nous nous en sommes éloignés. Le partenariat avec Billboard Canada, Rolling Stone Canada et NXNE reflète notre volonté de redevenir un grand festival de musique international associé à une foire.

Aujourd’hui, la musique est devenue inaccessible pour beaucoup. Ici, pour 30 $, les visiteurs peuvent profiter de multiples scènes et activités interactives. Pour moi, la musique est au cœur de tout.

Quels moments musicaux vous ont le plus marqué ?

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L’an dernier a été exceptionnel, surtout en tant que PDG. Le concert de Marianas Trench a attiré une foule immense, au point que certains grimpaient aux arbres. L’ambiance était électrique, tout le monde chantait. July Talk, l’un de mes groupes préférés, a aussi offert un moment incroyable.

Au fil des ans, j’ai vécu de nombreuses expériences musicales marquantes, et je suis toujours surpris d’entendre des gens dire : « Il y a de la musique à l'ENC ? » À une époque, l’Exhibition Stadium accueillait des géants comme The Who, Bruce Springsteen ou Rush. Beaucoup l’ont oublié. Nous voulons renouer avec cette tradition et redevenir un lieu où la musique occupe une place majeure sur la scène internationale.

À quoi ressemblera le partenariat avec NXNE, Billboard Canada et Rolling Stone ?

Découvrir un groupe inattendu et en tomber amoureux est l’un des plus beaux moments de la vie. Offrir cette expérience chaque jour à l'ENC est formidable.

Les fans pourront voter pour leurs artistes préférés pendant NXNE. Les artistes sélectionnés joueront ensuite sur la scène des artistes émergents, avant et après les concerts du Bandshell. Avec des performances de 45 minutes, les visiteurs pourront découvrir de nombreux groupes en peu de temps — un véritable assortiment musical.

Nous organiserons aussi une soirée Rolling Stone et une soirée Billboard au kiosque à musique, avec un artiste plus connu que ce que l’on attend habituellement à l'ENC, entouré de découvertes musicales soigneusement sélectionnées.

Quels sont les principaux défis pour développer et protéger l'ENC?

Nous sommes en pleine phase de croissance. Notre philosophie : protéger ces terres en étant proactifs, pas défensifs. Créer, construire, agir.

Quel est le risque si vous ne le faites pas ?

Si nous ne faisons rien, nous déclinerons jusqu’à disparaître, comme tant d’autres foires et festivals. Cette institution est trop importante pour que cela arrive. Chaque mètre carré perdu réduit nos chances de préserver l'ENC.

Si nous réussissons, nous aurons l’un des plus beaux fronts de mer du monde : le Centre des sciences de l’Ontario relocalisé, le nouvel amphithéâtre RBC, le Colisée Coca‑Cola, le stade BMO, une arène d’e‑sport, une nouvelle place du festival, le kiosque historique, le théâtre Queen Elizabeth, un nouveau pavillon alimentaire… Le tout desservi par GO, le métro et le tramway. Un site comme celui‑ci, en plein centre d’une grande ville, n’existe nulle part ailleurs.

C’est une occasion unique de faire rayonner Toronto à l’international et de franchir un cap. Il ne s’agit pas seulement de développer une ville, mais de bâtir une nation. Nous devons réussir.

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L’Agence canadienne des droits de reproduction musicaux célèbre un demi‑siècle avec 94 M$ en redevances versées
Photo de Dylan McLeod sur Unsplash
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L’Agence canadienne des droits de reproduction musicaux célèbre un demi‑siècle avec 94 M$ en redevances versées

Tout en célébrant son anniversaire, l’organisme de défense des droits affirme qu’il se concentre désormais sur la manière de protéger le droit d’auteur et de mieux valoriser les chansons en tant qu’œuvres créatives pour l’avenir.

L’Agence canadienne des droits de reproduction musicale (ACDRM/CMRRA) célèbre son 50ᵉ anniversaire en annonçant avoir distribué 94 millions de dollars en redevances aux éditeurs et aux auteurs-compositeurs autoédités en 2025. Ce montant représente une baisse de 2 % par rapport à 2024 (96 M$), mais une hausse de 19 % par rapport à 2023 (78 M$).

La croissance de 2025 est largement attribuable à l’arrivée de 477 nouveaux clients, dont 137 dans le secteur des redevances internationales, un domaine que l’agence n’a commencé à gérer qu’en 2021. Cela représente une augmentation de 33 % du nombre de clients en un an.

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