Les moments forts des prix Juno 2026 : Joni Mitchell émeut, Rush se reforme, Drake célèbre Nelly Furtado
Daniel Caesar, Cameron Whitcomb, The Beaches et bbno$ se sont imposés comme les grands gagnants de la soirée du 29 mars.
Joni Mitchell aux prix Juno 2026.
Les prix Juno ont peut‑être eu du mal à attirer de jeunes stars de premier plan lors du gala de l’industrie (29 mars), au TD Coliseum de Hamilton, ce sont les légendes qui ont répondu présentes.
La plupart des trophées avaient déjà été remis la veille, ne laissant que quatre catégories à l’antenne, en plus de deux moments très attendus : l’intronisation de Nelly Furtado au Temple de la renommée de la musique canadienne et un prix hommage pour l’ensemble de sa carrière remis à Joni Mitchell.
L’annonce de la présence de Mitchell avait suscité un immense enthousiasme avant même le début de la cérémonie, et l’hommage qui lui a été rendu n’a pas déçu. Une constellation d’artistes canadiens — menée par Sarah McLachlan et Allison Russell — a revisité des classiques comme « A Case of You », « Both Sides Now » et « Big Yellow Taxi ». Pour le final, la scène s’est remplie : Nelly Furtado, Jully Black, The Beaches, Alessia Cara, Sofia Camara, des membres d’Arkells, Billy Talent et bien d’autres se sont joints au chœur. Mitchell elle‑même a entonné les dernières notes, déclenchant une ovation retentissante.
Ce segment a clôturé l’émission de deux heures en beauté, répondant pleinement aux attentes. Présentée par le premier ministre Mark Carney, Joni Mitchell est apparue visiblement émue par cet hommage. « Je suis tellement heureuse d’être de retour au Canada », a‑t‑elle déclaré, saluant à plusieurs reprises M. Carney. « Je vis aux États‑Unis, et nous savons ce qui se passe ici. »
Rush se réunit
La cérémonie a démarré sur les chapeaux de roue — et de la manière la plus inattendue qui soit. Sans la moindre introduction, les légendes mondiales du hard rock, Rush, ont fait leur toute première apparition aux prix Juno, enflammant la salle avec une version explosive de « Finding My Way », le tout premier morceau de leur tout premier album. C’était leur premier concert depuis 2015 et la mort de leur batteur Neil Peart, avant leur prochaine tournée des stades.
En salle de presse, Geddy Lee a confié que choisir une chanson avait été un casse‑tête : « C’était impossible, alors nous avons demandé à notre management d’en choisir une. » Le choix s’est finalement porté sur l’ouverture de leur album de 1974 — un retour aux sources chargé de symbolique.
Le guitariste et membre fondateur Alex Lifeson a, lui, préféré plaisanter : il espère « survivre » à la prochaine tournée mondiale du groupe. « Ce sont 85 concerts, plus que ce que nous avons fait depuis longtemps. Ce sera épuisant, mais nous en ressortirons plus forts. »
Les deux musiciens ont également salué leur nouvelle batteuse, Anika Nilles, fraîchement recrutée. Et, évoquant le regretté Neil Peart, Geddy Lee a résumé l’esprit de leur retour : « La musique fait toujours partie de nous. La musique survit à la tragédie. »

The Beaches, Daniel Caesar et Cameron Whitcomb remportent les plus grands prix
Après avoir remporté hier soir le prix de l’album rock de l’année, le quatuor torontois The Beaches a ajouté un nouveau triomphe à sa collection : le groupe de l’année. C’est la troisième année consécutive qu’elles décrochent ce trophée — un exploit rarissime. Durant la diffusion, elles ont interprété une ballade poignante, portée par un ensemble à cordes, avant de revenir sur scène pour accepter leur Juno. Dans un discours bref mais chaleureux, elles ont confié qu’« il n’y a pas de plus belle sensation que de rentrer à la maison ».
Deux autres gagnants du gala de la veille ont également brillé en cumulant performance et nouveau trophée. Le jeune auteur‑compositeur‑interprète country de la Colombie‑Britannique, Cameron Whitcomb, déjà récompensé pour l’album country de l’année (The Hard Way), a été sacré révélation de l’année (artiste ou groupe). Une distinction qu’il confirme déjà en remontant dans les palmarès grâce à son nouveau single, « You And Me ».
Dans son discours, Whitcomb s’est montré d’une sincérité désarmante : « Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai la chance de bénéficier de cette opportunité, mais je ne la gâcherai pas. Je resterai sobre. » En coulisses, il a poursuivi : « Ne buvez pas, ne vous droguez pas, restez discret. »
Daniel Caesar, qui avait remporté hier soir le très convoité prix d’auteur‑compositeur de l’année, était absent pour le recevoir. Il était toutefois présent ce soir pour interpréter un morceau et accepter un prix spécial soulignant sa réussite internationale, célébrant son influence croissante sur les marchés mondiaux. Son album de 2025, Son of Spergy, est devenu son troisième album consécutif à atteindre le top 10 du palmarès canadien de Billboard. Il a multiplié les apparitions dans la série Tiny Desk de NPR et a fait la couverture de Billboard et Billboard Canada l’an dernier.
Pour lui remettre son prix, l’artiste R&B Mustafa a évoqué « la fraternité infinie qui nous unit, lui d’Oshawa, moi de Regent Park ». Il a salué « la sérénité qui traverse ses chansons, et qu’il a su porter sur la scène internationale ». Accompagné de sa guitare et de chœurs subtils, Caesar a livré une ballade soul tout en retenue, fidèle à son style.

Joni Mitchell, entre parole et chanson
Lors de son passage devant les médias à l’issue du gala d’hier soir, Sarah McLachlan ne cachait pas sa joie à l’idée de rendre hommage à Joni Mitchell, l’une de ses plus grandes inspirations, lors du spectacle de ce soir. « Je l’idolâtrais, et j’ai analysé sa musique en profondeur », a confié McLachlan. « Joni m’avait demandé de créer un medley de ses chansons pour cet hommage. Elle est venue aux répétitions aujourd’hui, et c’était la première fois qu’elle l’entendait. »
Drake rend un hommage de taille à Nelly Furtado
Autre moment fort de la soirée : un hommage vidéo à Nelly Furtado, signé Drake, l’une des plus grandes stars canadiennes. Le rappeur a salué l’influence déterminante qu’elle a eue sur lui, confiant qu’enfant, il rêvait d’atteindre le même niveau de succès et d’enchaîner autant de tubes qu’elle. Il a également souligné la force de son parcours en tant que femme dans l’industrie musicale : « Les hommes de ce milieu ne facilitent pas les choses. » Avec humour, il a ajouté que son admiration pour Furtado était si grande qu’elle l’avait poussé à rompre son boycott des Junos — lui qui n’y avait plus mis les pieds depuis avoir animé la cérémonie en 2011 sans repartir avec un seul prix.
Une pléiade d’artistes lauréats des Junos s’est ensuite réunie pour célébrer Furtado, intronisée au Panthéon de la musique canadienne. Parmi eux : Alessia Cara, Lido Pimienta, Jully Black, Kardinal Offishall, Shawn Desman et Tanya Tagaq, accompagnés par l’orchestre de Furtado dirigé par le directeur musical Herag Sanbalian, qui avait sélectionné ses plus grands succès pour l’occasion.
Dans son discours, Furtado a exprimé sa profonde fierté d’être canadienne : « Je suis un produit du rêve canadien. Je vis et travaille ici, et je crois profondément au Canada. » Elle a également tenu à remercier la communauté musicale noire canadienne : « Ils m’ont tellement soutenue dès le début de ma carrière. »
Plus tôt dans la soirée, Majid Jordan a remis le prix du public à bbno$, qui l’emporte pour la deuxième année consécutive. Le rappeur, qui avait fait couler beaucoup d’encre l’an dernier pour ses commentaires sur Elon Musk, était toutefois absent cette fois‑ci.
Voici tous les lauréats des prix Juno diffusés le 29 mars :
CHOIX DU PUBLIC (JUNO FAN CHOICE)
GAGNANT : bbno$ (IndependentBroke/CMG)*
Cameron Whitcomb — AtlanticWarner James Barker Band — Universal Josh Ross — Core EntertainmentUniversal Justin Bieber — Island/Def JamUniversal Karan Aujla — Warner Shawn Mendes — IslandUniversal Shubh — Independent Tate McRae — RCASony The Weeknd — XO/RepublicUniversal
RÉVÉLATION DE L’ANNÉE (ARTISTE OU GROUPE)
GAGNANT : Cameron Whitcomb (AtlanticWarner)*
Goldie Boutilier — Independent Jade LeMac — Warner Jutes — Position Music MICO — Wasted Years/ColumbiaSony Noeline Hofmann — La HondaThe Orchard Sacha — Sony Saya Gray — Dirty HitVirgin Sofia Camara — 21 EntertainmentUniversal yung kai — BMG*Flood Division
GROUPE DE L’ANNÉE
Arcade Fire — ColumbiaSony Mother Mother — Warner Peach Pit — ColumbiaSony
GAGNANT(E)S : The Beaches (AWAL)
Three Days Grace — RCA*Sony
ENREGISTREMENT R&B CONTEMPORAIN DE L’ANNÉE
Set Me Free — Adria Kain (ArtHaus/Circle of 5thsAPG)
Mirage — Avenoir (LISTEN TO THE KIDS/Santa AnnaSony)
GAGNANT : Son Of Spergy — Daniel Caesar (Hollace/RepublicUniversal)*
PAID IN MEMORIES — Jessie Reyez (FMLY/IslandUniversal)
Life 2 — Majid Jordan (OVOSony) THERAPIST — SadBoi (LVRN*The Orchard)



















