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Temple de la renommée de Billboard Canada : Vinny Cinquemani, l’agent légendaire qui a propulsé des artistes canadiens au rang de superstars

Depuis plus de quarante ans, Vinny Cinquemani consacre sa carrière à faire rayonner les artistes canadiens — de Bryan Adams à The Guess Who en passant par Sarah McLachlan — en les accompagnant vers des trajectoires devenues de véritables success stories. Aujourd’hui, il occupe le poste de coprésident de Paquin Artists Agency, la plus importante agence de booking au pays, où il continue de façonner l’essor de talents canadiens sur la scène mondiale.

Vinny Cinquemani

Vinny Cinquemani

La journée de Vinny Cinquemani commence tôt. « Les appels commencent probablement à arriver vers 9 h et n’arrêtent pas jusqu’à minuit », confie-t-il à Billboard Canada, précisant qu’il s’accorde une pause pour dîner en famille à 19 h 30. « Ça ne s’arrête jamais, mais c’est la responsabilité de gérer des artistes et des maisons de disques aussi prestigieuses. »

Un rythme qui lui convient parfaitement. Depuis 2021, Cinquemani est coprésident de Paquin Artists Agency, la plus importante agence de booking au pays. Avant d’y occuper ce rôle stratégique, il a façonné l’industrie à travers des postes clés — de Concept 376 et Music Shoppe International à la présidence influente de SL Feldman & Associates. En plus de quarante ans de carrière, il est devenu une figure incontournable du secteur, souvent décrit comme l’agent le plus influent du Canada. Le repos, il le mériterait. Mais il est trop dévoué à ses artistes. Et il ressent encore aujourd’hui la même émotion qu’à l’époque où il voyait un jeune Jimi Hendrix — alors Jimmy James — enflammer le Café Wha? de Greenwich Village.


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Né et élevé à Harlem, Cinquemani a grandi au son du latin, du conga, du R&B et de la Motown. Cette éducation musicale éclectique l’a suivi lorsqu’il quitte New York pour Toronto dans les années 1970. Rapidement, il s’impose dans le milieu et bâtit un catalogue impressionnant d’artistes canadiens qui deviendront des icônes, citant notamment Burton Cummings et The Guess Who parmi ses premiers clients.

Plus récemment, il a orchestré des tournées majeures pour des vedettes locales comme Michael Bublé, Bryan Adams, Jann Arden et Simple Plan, avec lesquels il collabore depuis des décennies. Son expertise dépasse toutefois les frontières canadiennes : la tournée 2025 de The Offspring et Bad Religion, qu’il a pilotée, a affiché complet partout au pays. Il la décrit fièrement comme l’une des plus importantes tournées alternatives de l’année, un véritable renouveau pour deux piliers du punk.

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Toujours animé par l’idée d’améliorer la façon dont les artistes rejoignent leur public à travers le monde, Cinquemani sera intronisé au tout premier Temple de la renommée de Billboard Canada, aux côtés de son collègue de longue date, Riley O’Connor, président de Live Nation Canada. Ensemble, ils ont contribué à bâtir l’infrastructure moderne des tournées internationales. Mais pour Cinquemani, l’essentiel demeure inchangé : veiller à ce que les artistes canadiens soient traités comme les superstars qu’ils sont.

Vinny Cinquemani et Riley O'Connor recevront cette prestigieuse distinction lors de la cérémonie Billboard Canada Power Players le 10 juin 2026, au NXNE. Billets disponibles ici.

Retrouvez ici la liste complète des personnalités influentes de Billboard Canada pour 2026.

Vous faites partie des tout premiers intronisés au Temple de la renommée de Billboard Canada. Que représente pour vous une telle reconnaissance ?

Je suis extrêmement honoré et profondément touché. J’ai toujours été un grand admirateur de Billboard — je le lisais déjà à mes débuts dans l’industrie musicale. Être parmi les premiers intronisés au Temple de la renommée [au Canada] me laisse encore sans voix. C’est l’un des plus grands honneurs de ma carrière.

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L’industrie de la musique en direct au Canada est plus florissante que jamais. Selon vous, qu’est‑ce qui explique un tel succès ?

Je crois que tout l’engouement se concentre aujourd’hui sur le spectacle vivant. Avant la COVID, la tendance était déjà forte, mais depuis, elle s’est amplifiée. Les chiffres de vente et les séries de concerts à guichets fermés sont impressionnants. Prenez Bruno Mars : cinq concerts, chacun dans un stade de 50 000 personnes. C’est incroyable — des centaines de milliers de spectateurs. J’ai toujours pensé que la musique canadienne avait un impact disproportionné par rapport à la taille du pays, parce que nous sommes des conteurs, qu’on vienne d’une petite ville ou d’une grande métropole, d’un océan à l’autre. Nous venons de cultures et d’expériences différentes, mais grâce à la musique, nous parlons au monde entier.

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Vous avez quitté New York pour le Canada et perçu très tôt le potentiel d’un véritable système de stars ici. D’où vous est venue cette intuition ?

Je suis arrivé ici avec ma femme Florence il y a près de 50 ans. Nous avons été frappés par la richesse et le talent des gens : leurs histoires, leurs chansons. Regardez les Maritimes, regardez l’Ouest canadien — chaque région possède une culture unique. J’ai adoré cela, et j’ai senti qu’il était de mon devoir d’aider ces artistes, de leur offrir une visibilité. Je savais que je devais m’impliquer et les soutenir comme je n’avais jamais pu le faire lorsque j’étais musicien et artiste d’enregistrement à New York. L’industrie musicale repose entièrement sur l’artiste : sans artiste, il n’y a pas d’industrie. Mais au début, c’était très difficile, comme dans toute entreprise. On travaille dur, on ne gagne pas d’argent, on meurt de faim, on fait ce qu’il faut.

Quel talent canadien vous a particulièrement marqué par son potentiel à devenir une star mondiale émergente ?

L’un de mes premiers clients a été Burton Cummings, avec qui j’ai travaillé pendant 40 ans, tout comme avec The Guess Who. J’ai également collaboré avec Rush pendant 40 ans, de leurs débuts jusqu’au décès de Neil Peart. Chaque groupe et chaque artiste avec lequel j’ai travaillé était différent. Certains ont percé, d’autres non, mais je m’y suis toujours investi pleinement. C’était un véritable travail d’équipe : on n’a qu’une seule chance, et il faut faire les choses correctement.

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Quand un artiste vous fait confiance et vous confie sa carrière, c’est une immense responsabilité — et je vois beaucoup de gens, agents ou managers, la prendre à la légère. Je me suis toujours dit que si vous me confiez cette mission, je m’y consacrerai entièrement. Même si cela me demande 14 ou 15 heures par jour, je le ferai.

Avec la plupart des artistes que vous représentez, les relations s’étendent sur des décennies. Qu’est‑ce qui nourrit cette vision à long terme ?

C’est un privilège et un honneur. Travailler dès le début avec des artistes comme Loverboy, avec [le manager] Bruce Allen, ou encore Jann Arden, Amanda Marshall et Anne Murray — l’une des plus grandes de tous les temps — est un véritable honneur. Je prends très au sérieux la responsabilité qu’ils m’ont confiée, et c’est pourquoi, aujourd’hui encore, toutes ces années plus tard, je crois travailler plus dur et plus longtemps que jamais.

Ce que j’apprécie chez beaucoup de mes artistes, c’est la confiance qu’ils m’accordent au fil du temps. Le succès peut être fulgurant, mais le respect se construit sur des décennies. Quand vous me parlez de certaines personnes, j’ai parfois du mal à croire que vous m’associez à elles, car ce sont de véritables légendes à mes yeux.

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Pensez‑vous qu’aujourd’hui, comparativement à vos débuts, les artistes canadiens ont davantage de chances d’atteindre les sommets ?

Oui, et c’est essentiel. Nous ne l’avons pas fait au début, mais la plupart des pays non plus — l’Australie, même les États‑Unis.

La dernière tournée de Bryan Adams, une grande tournée en salles que nous avons organisée au Canada pour la sortie de son nouvel album, a probablement été l’une des plus fructueuses et des plus rentables de sa carrière. Il revient en août et septembre, avec des concerts à guichets fermés dans des villes secondaires. Ses chiffres de vente à l’international sont excellents.

Je vois aussi le succès de Michael Bublé, que j’ai le privilège de représenter : c’est l’un des plus grands artistes de tous les temps, et sa popularité est plus forte que jamais. C’est toujours aussi grisant d’organiser un concert au RBC Amphitheatre, ou un spectacle réunissant Simple Plan, Marianas Trench et Bowling for Soup, et de voir tout s’afficher complet en trois jours de prévente. On doit même réserver des billets pour la mise en vente officielle, malgré la centaine d’autres concerts programmés. C’est incroyable, et c’est toujours aussi excitant aujourd’hui qu’il y a 40 ans.

À quoi ressemblait l’industrie musicale à vos débuts ? Sans grands groupes comme Live Nation, était‑elle moins professionnalisée ?

Quand une entreprise se lance, chacun est seul face à ses responsabilités, et rien n’est encore établi. On se retrouve dans une nouvelle structure, et il faut se retrousser les manches. C’était vraiment la jungle. C’était la folie. À l’époque, le professionnalisme n’était pas toujours au rendez‑vous, et les gens se souciaient moins des autres qu’aujourd’hui. Ce qui me dérangeait le plus, c’était la cupidité. La cupidité me dérange encore beaucoup, mais je suis heureux que les choses aient évolué.

Nous représentons ces artistes et leurs maisons de disques : c’est leur vie et leurs revenus. Vous avez une responsabilité. Dans n’importe quel secteur, pas seulement dans la musique, il y a des gens qui cherchent à s’enrichir personnellement sans assumer leurs responsabilités ni leurs engagements. C’est très grave.

Vous êtes aujourd’hui reconnu comme l’un des architectes de l’industrie de la musique live au Canada. Comment avez‑vous contribué à ces transformations ?

Tout repose sur la communication. Il faut se documenter, faire des recherches et y consacrer sa vie. Il faut aussi dire la vérité. Il s’agit de placer un artiste dans la bonne ville, dans la bonne salle, au bon prix, au bon moment. On analyse la concurrence, on observe ce que font les artistes similaires, on fixe un prix réaliste et on accompagne l’artiste dans son ascension : des clubs aux tournées universitaires, puis aux grandes salles comme le Massey Hall — parfois à plusieurs reprises — et ainsi de suite.

Quand on fait carrière dans la musique, il ne suffit pas d’être bon à Toronto : il faut exceller à Halifax, Québec, Kelowna et Winnipeg. Nous avons commencé à nous développer dans chaque ville, à nouer des relations, à trouver des salles et des promoteurs partout au pays, et à travailler constamment avec des sociétés de gestion pour être alignés.

À ce stade de ma carrière, je pense moins au succès qu’à la contribution. Je m’intéresse à ce qui perdure, à ce qui résonne et à ce qui inspirera la prochaine génération.

Vous travaillez avec des artistes depuis des décennies. Quel regard portez‑vous sur les stratégies à court terme à l’ère de TikTok ? Les artistes en font‑ils trop, trop vite ?

Je dois parfois refuser des artistes que le public perçoit comme des stars, mais je ne partage pas cette perception. La musique est censée susciter des émotions. Les concerts doivent vous émouvoir. Quand on a la responsabilité de travailler avec ces artistes, je veux que cela dure. Je ne veux pas d’un succès fulgurant qui s’éteint en un ou deux ans. Pour les artistes qui percent rapidement, si vous avez du talent et de bonnes chansons, vous réussirez. Si vous percez sans talent ni chansons, cela ne dure pas, car le public reconnaît ce qui est bon. S’il n’aime pas, il n’aime pas.

Travailler avec un artiste ou une entreprise, c’est comme un mariage. Il faut collaborer, traverser les bons et les mauvais moments, s’entraider. Certains signent des artistes uniquement pour les signer. Ils n’y croient pas ; ils le font pour l’argent. C’est pour cela que j’ai quitté les États‑Unis avec ma femme, que je suis venu ici et que j’ai galéré pendant des années dans un pays qui m’offrait une chance incroyable.

Ressentez‑vous la même chose qu’au début de votre carrière ? La nouvelle génération vous touche‑t‑elle autant ?

Il y a aujourd’hui beaucoup plus de groupes, d’artistes et de monde, mais l’émotion, elle, reste intacte. Quand j’assiste à un concert et que je suis touché par ce qui se passe sur scène, c’est exactement la même sensation qu’il y a 40, 45 ou 48 ans. C’est vraiment formidable de pouvoir voir l’un de ses artistes préférés, d’être dans une salle ou un amphithéâtre et de ressentir la même chose que 10 000, 15 000 ou 20 000 autres personnes.

C’est exactement comme lorsque je n’avais rien et que je m’asseyais sur la colline de Central Park, faute d’argent pour assister au Rheingold Music Festival organisé par Ron Delsener, le légendaire promoteur new‑yorkais. Je n’avais pas les 5 dollars pour entrer, mais j’écoutais la musique — et j’adorais ça.

Vous travaillez chez Paquin Artists Agency depuis cinq ans. Considérez‑vous cette période comme une nouvelle étape de votre carrière ?

Je vois plutôt cela comme une phase de développement continu. Paquin Artists Agency a connu une forte croissance et l’équipe est fantastique. Je pense sincèrement que c’est la meilleure agence avec laquelle j’ai travaillé au Canada. Nous avons des bureaux à Toronto, Montréal, Winnipeg et Vancouver. Il y a quelques années, nous avons conclu un accord avec APA (Artists Management) et intégré certains de leurs membres au sein de PAA. La transition s’est faite sans le moindre accroc.

J’ai eu le privilège de travailler dans de nombreuses agences : j’ai commencé de rien, puis collaboré avec quelques artistes jusqu’à obtenir des disques de platine. J’ai ensuite rejoint The Agency, mon concurrent, dont je suis devenu président, avant de quitter, de fusionner avec eux et de travailler pendant des décennies avec Sam Feldman, un ami formidable et un homme exceptionnel. Lorsqu’il a décidé de se concentrer sur le management et de vendre l’entreprise, j’ai su que c’était le moment pour moi de partir. Je suis vraiment heureux de mon parcours. Je partage ce prix du Hall of Fame avec mon équipe et ma famille. Je me sens très privilégié et très chanceux d’être dans cette situation.

En repensant à votre carrière, quelle est votre plus grande fierté ?

Ce qui me touche le plus, c’est le privilège d’avoir travaillé avec ces groupes et ces artistes exceptionnels, de les avoir accompagnés depuis leurs débuts jusqu’à leur consécration internationale. C’est aller à un concert, voir le public chanter en chœur et ressentir une émotion si forte que j’en ai les larmes aux yeux. Chaque groupe est unique. Certains n’existent plus, mais cela n’enlève rien à leurs réussites. C’est le rêve de tout jeune musicien — celui que je nourrissais déjà dans mon enfance à New York.

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