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De Saint-Michel au sommet : A.C., le producteur Montréalais derrière « Dai Dai » le no 1 mondial de Shakira et Burna Boy

Né à Montréal et façonné par ses héritages colombien et dominicain, Alexander « A.C. » Castillo Vasquez est passé des séances improvisées dans le salon familial à des collaborations avec les plus grandes stars de la planète. Avec « Dai Dai », hymne officiel de la Coupe du monde 2026, le producteur signe un succès historique qui domine le Billboard Global 200 depuis huit semaines consécutives.

De Saint-Michel au sommet : A.C., le producteur Montréalais derrière « Dai Dai » le no 1 mondial de Shakira et Burna Boy

Alexander « A.C. » Castillo Vasquez

Crédit photo : Gale

Pendant des années, Alexander « A.C. » Castillo Vasquez a façonné dans l’ombre le son de certaines des plus grandes stars de la planète. Aujourd’hui, c’est à son tour de se retrouver sous les projecteurs.

« Dai Dai », l’hymne officiel de la Coupe du monde 2026 interprété par Shakira et Burna Boy, s’impose partout dans le monde. Le titre conserve la première place du Billboard Global 200 daté du 25 juillet, où il règne pour une huitième semaine, domine le palmarès Billboard Global Excl. U.S. pour une troisième semaine et s’est également hissé au sommet du palmarès radio Billboard Latin Airplay.


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Le morceau grimpe aussi au 16e rang du Billboard Canadian Hot 100. Un succès qui résonne particulièrement fort à Montréal : coécrit et coproduit par A.C., enfant de Saint-Michel, « Dai Dai » porte pleinement l’empreinte de son approche résolument multiculturelle et mondiale.

Difficile d’imaginer consécration plus logique. Depuis toujours, sa musique vit entre les villes, les langues et les cultures — exactement comme le tube qui l’amène aujourd’hui au sommet.

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Ce succès ne tombe pas du ciel. Il couronne une série de projets qui ont progressivement installé A.C. parmi les producteurs les plus solides de la pop mondiale.

Il a notamment coécrit et produit « Bésame » de Shakira et Alejandro Sanz, qui s’est hissé dans le top 10 de plusieurs palmarès latins de Billboard, puis produit « Zoo » de Shakira pour Zootopia 2. Des crédits qui s’ajoutent à une discographie déjà bien chargée : Becky G, Camilo, Farruko, Ricky Martin, Justin Bieber, Nicki Minaj — entre autres.

Avant les studios de Los Angeles, les vols vers Miami et les séances avec des mégastars, il y avait Montréal.

Né dans la Petite-Italie d’un père dominicain et d’une mère colombienne, A.C. grandit ensuite à Saint-Michel, où il passe son enfance et son adolescence. Chez lui, la musique ne jouait pas en arrière-plan. Elle prenait toute la place.

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« J’ai grandi avec énormément de musique latine : du merengue, de la salsa, du reggaeton. Mais il y avait aussi toute l’influence du hip-hop et de la pop américaine », raconte-t-il à Billboard Canada. « Ma mère chantait dans un groupe et mon père en était le gérant. Il y avait toujours des répétitions, des instruments et des musiciens qui entraient et sortaient de la maison. »

Dehors, Saint-Michel élargit encore le spectre. Le quartier est un mélange constant de langues, de cultures et de sons. A.C. commence alors à produire pour les jeunes rappeurs autour de lui.

« Je produisais pour mes amis rappeurs de toutes les origines, des gars de ma classe », explique-t-il. « Au début, ce n’était vraiment destiné à personne. Je faisais des beats sur l’ordinateur de ma mère, simplement pour le plaisir et pour apprendre. »

Il a 14 ans. Pas de studio. Pas de stratégie. Pas de plan de carrière. Seulement un ordinateur familial et l’obsession de comprendre comment fabriquer la musique qu’il entend partout autour de lui.

Quelques années plus tard, ces expériences bricolées dans une chambre le propulsent directement dans la grande machine de la pop américaine.

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Sa première véritable percée arrive avec « Pretty Brown Eyes » de Cody Simpson, paru en 2013 sur l’album Surfers Paradise. A.C. fait partie des auteurs-compositeurs et producteurs du morceau. Il n’a que 17 ou 18 ans.

« C’était énorme pour moi », se souvient-il. « C’était son single et ça sortait aux États-Unis. »

Quant à savoir comment un adolescent de Saint-Michel s’est retrouvé sur un projet pareil, même lui n’en garde qu’un souvenir flou.

« Je ne me souviens même plus exactement de la façon dont ils sont entrés en contact avec moi », raconte-t-il en riant. « Je crois que c’était grâce à un réseau de producteurs de l’époque, ou peut-être à SoundCloud. »

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Ce premier placement agit comme un passeport. Les portes s’ouvrent vite : « Wild Wild Love » de Pitbull avec G.R.L., « Trini Dem Girls » de Nicki Minaj, puis « Been You » et « Get Used to It », deux titres de Purpose de Justin Bieber.

« Le début de ma carrière s’est vraiment construit dans la musique américaine », explique-t-il. « J’avais 19 ou 20 ans et je travaillais déjà avec des artistes pop et des rappeurs. »

À 19 ans, A.C. quitte Montréal pour Los Angeles, où il restera quatre ou cinq ans. Il entre de plein fouet dans une industrie qui ne ralentit jamais : les séances s’enchaînent, les décisions tombent en quelques minutes et un morceau fabriqué dans une petite pièce peut, presque sans prévenir, se retrouver sur l’album d’une mégastar.

Mais après quelques années à suivre le rythme de cette machine, il ressent le besoin d’en sortir.

« Vers 2016, je suis parti vivre en République dominicaine », raconte-t-il. « J’avais besoin de décrocher de Los Angeles et de toute la folie de l’industrie. Je voulais revenir à mes racines. »

Ce déplacement marque aussi un virage musical. Après plusieurs années plongé dans la pop et le hip-hop américains, A.C. se rapproche plus consciemment des sonorités latines qui ont bercé son enfance.

Pour lui, l’expression « musique latine » est à la fois une source de fierté et une catégorie beaucoup trop pratique pour décrire des mondes qui n’ont parfois presque rien en commun.

« C’est un terme très large qui rassemble une multitude de sous-genres n’ayant parfois presque rien en commun, à part la langue », explique-t-il. « La cumbia, la musique latine alternative et le reggaeton, par exemple, sont des mondes complètement différents. »

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Il voit toutefois les anciennes frontières commencer à céder. Le public mondial semble aujourd’hui beaucoup moins obsédé par la langue dans laquelle une chanson est interprétée.

« La barrière de la langue a été brisée », affirme-t-il. « Les gens se concentrent sur les rythmes et les mélodies. Si une chanson fonctionne, elle fonctionne. »

A.C. est lui-même le produit de ce décloisonnement. Son vocabulaire musical s’est formé entre les disques latins de ses parents, la pop américaine, le hip-hop et la French touch de Daft Punk, Justice et Ed Banger.

« Je passais presque autant de temps à chercher de la nouvelle musique qu’à en créer », raconte-t-il. « Étudier ce que les autres faisaient était aussi important pour moi que de travailler sur mes propres morceaux. »

Encore aujourd’hui, cette curiosité reste au cœur de sa méthode.

« Il faut être ouvert à tous les genres, parce qu’on peut appliquer dans un style ce qu’on a appris dans un autre. Souvent, ce sont seulement les sons qui changent. Il faut continuer à étudier sans arrêt. »

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Puis, en 2016 ou 2017, son téléphone sonne.

Shakira vient d’entendre à la radio « Vente Pa’ Ca », le succès de Ricky Martin auquel il a collaboré. Elle demande son numéro au président de Sony et l’appelle directement sur son cellulaire.

« Elle avait entendu une de mes chansons à la radio et obtenu mon numéro grâce au président de Sony, qui me connaissait », raconte-t-il. « Elle m’a appelé directement. Le lendemain, j’étais dans le premier avion pour Barcelone. »

Moins de 24 heures plus tard, le producteur montréalais se retrouve chez Shakira à travailler sur El Dorado, paru en 2017.

« C’était complètement surréaliste », dit-il. « Un jour, elle m’appelle. Le lendemain, je suis chez elle. »

A.C. contribue à plusieurs morceaux de l’album, dont « Me Enamoré », « Toneladas », « Amarillo » et « Perro Fiel ». Très vite, la collaboration déborde du studio : il participe à la production et à la direction musicale de plusieurs spectacles de la chanteuse, notamment ses tournées et sa performance lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl en 2020.

Près de dix ans plus tard, ce qui avait commencé par un appel inattendu est devenu une véritable relation créative — et une amitié, avec encore beaucoup de musique en réserve.

« On a des dizaines de chansons ensemble », confie-t-il. « C’est une relation qui s’est construite avec le temps. »

Shakira et A.C. pendant une session d'écriture studio Crédit photo : Gale

L’histoire de « Dai Dai » commence à un endroit clé : le quartier Saint-Michel à Montréal. Ce matin-là, A.C. travaille avec sa sœur, Vanesa Castillo Vasquez, elle aussi autrice-compositrice et productrice. Les deux doivent participer à une séance plus tard dans la journée et décident de préparer quelques idées d’avance.

« La production a commencé ici, chez moi, sur ce sofa, avec ma sœur », raconte-t-il. « On fait souvent de la musique ensemble pour notre groupe, KAARIBE. Ce matin-là, on a décidé de créer deux beats pour une séance qu’on avait plus tard. »

L’un de ces deux beats contient la première ébauche de « Dai Dai ». Mais le premier artiste à qui ils le présentent n’en veut pas. A.C. le garde donc pour lui.

Quelques mois plus tard, il fait écouter l’idée à Shakira. Le morceau commence alors à voyager entre Montréal, Miami et New York, se construisant fragment par fragment au fil des collaborations.

Ed Sheeran participe à l’écriture. A.C. le rejoint dans une chambre d’hôtel à New York, transformée pour l’occasion en studio improvisé.

A.C. et Vanessa Castillo eb studioCrédit photo : Gale

« Je suis allé à New York pour environ 24 heures », raconte-t-il. « On a installé un petit studio dans une chambre d’hôtel avec Ed Sheeran et on a terminé cette partie-là. »

Le producteur montréalais Benny Adam apporte ensuite une nouvelle mélodie. Shakira écrit et enregistre plusieurs passages, tandis qu’A.C. et Vanesa continuent de développer la production.

« À la fin, on avait plusieurs morceaux : le beat que j’avais fait avec ma sœur, des éléments d’Ed Sheeran, une mélodie de Benny Adam et plusieurs parties écrites par Shakira », explique-t-il. « On a fait une sorte de Frankenstein avec tout ça, et c’est devenu “Dai Dai”. »

Les crédits officiels du titre comptent d’ailleurs trois Montréalais : A.C., Vanesa Castillo Vasquez et Ahmed Saghir, mieux connu sous le nom de Benny Adam.

Une fois la structure suffisamment avancée, l’équipe envoie une version à Burna Boy. Le chanteur nigérian accepte même de s’essayer à l’espagnol pour la première fois.

« C’était vraiment cool de le voir faire confiance à notre vision », souligne A.C.

Dès le départ, Shakira souhaite proposer la chanson à la FIFA. Mais malgré son impressionnante collection de succès associés à la Coupe du monde, rien n’est gagné d’avance.

« On l’a proposée comme chanson officielle, mais, au bout du compte, c’est la FIFA qui décide », rappelle-t-il.

Le caractère résolument international du morceau joue en sa faveur. « Dai Dai » mélange pop latine, afrobeats, influences venues de plusieurs continents et paroles en différentes langues.

« La production, les paroles et l’énergie de la chanson sont véritablement mondiales », estime-t-il. « Il y a un petit morceau de chaque région du monde là-dedans. »

Lorsque Shakira et Burna Boy interprètent « Dai Dai » pendant le tout premier spectacle de la mi-temps de la Coupe du monde, le dimanche 19 juillet, A.C. n’est ni dans une loge à Los Angeles ni enfermé dans un studio à Miami. Il regarde le résultat depuis Montréal, entouré de sa famille.

Quelques jours plus tôt, il se trouvait encore à New York pour préparer une version raccourcie du morceau destinée à la performance.

« On avait travaillé sur le spectacle et répété la version condensée », raconte-t-il. « C’était vraiment cool de voir que tout était aussi bien sorti. »

La scène résume parfaitement sa carrière. A.C. peut travailler un lundi dans une chambre d’hôtel avec Ed Sheeran, prendre un vol pour retrouver Shakira à Miami, puis rentrer à Saint-Michel pour regarder le résultat final avec les personnes qui l’ont vu commencer sur l’ordinateur de sa mère.

Et pour lui, ce retour compte. Après Los Angeles, la République dominicaine et des années passées sur la route, il a choisi de revenir vivre à Montréal.

« C’est ici que je me sens chez moi », affirme-t-il. « Je suis proche de ma famille. C’est ma vie. Et je peux toujours prendre un vol et me retrouver à Miami trois jours plus tard. »

Il sait pourtant que son parcours reste largement méconnu dans sa propre ville. Plusieurs de ses plus grands succès ont d’abord été célébrés aux États-Unis et dans les marchés latins, bien avant que son nom commence à circuler au Québec.

En racontant son histoire, il espère montrer aux jeunes de Saint-Michel — et de tous les quartiers éloignés des circuits traditionnels de l’industrie — qu’une telle carrière n’est pas réservée aux autres.

« Quand j’avais 13 ou 14 ans, j’aurais aimé voir l’histoire de quelqu’un qui venait du même environnement que moi », confie-t-il. « À l’époque, ça semblait impossible. Il n’y avait pas de chemin à suivre ni de personne que je pouvais regarder en me disant : “Il l’a fait, alors peut-être que moi aussi, je peux le faire.” »

Après avoir travaillé avec certaines des plus grandes stars de la pop mondiale, A.C. revient aujourd’hui à ce qui a toujours été au cœur de son parcours : la famille. Au moment de cette entrevue avec Billboard Canada, il se préparait à repartir pour New York afin de terminer une nouvelle chanson avec sa sœur Vanesa.

« Ce qui s’en vient pour moi, c’est vraiment le projet KAARIBE avec ma sœur », explique-t-il. « Et il y a encore beaucoup de musique à venir avec Shakira. »

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Aux jeunes producteur(trices)s qui rêvent de suivre une trajectoire semblable, A.C. rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un studio hors de prix ni l’équipement parfait pour commencer.

« Ça peut être n’importe quel ordinateur, même celui de ta mère. C’est comme ça que j’ai commencé. Aujourd’hui, tu peux même faire de la musique avec des applications gratuites sur ton téléphone. »

Le vrai défi, selon lui, n’est pas de démarrer, mais de tenir assez longtemps pour devenir bon. Il conseille aussi de lire chaque contrat attentivement et de ne jamais confondre buzz rapide et carrière durable.

« Ça prend du temps. Il y a énormément de concurrence et il faut des années pour maîtriser son art et obtenir les résultats qu’on cherche. Il ne faut pas paniquer simplement parce qu’on n’a pas explosé tout de suite. »

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Shawnee Kish
Photo de courtoisie

Shawnee Kish

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La chanteuse country autochtone montante Shawnee Kish franchit une nouvelle étape majeure en signant avec ADA et Warner Music Canada

En collaboration avec la branche de distribution indépendante du label canadien, l’artiste primée a dévoilé vendredi dernier (17 juillet) son nouveau single, « Hold Me », désormais disponible sur toutes les plateformes.

ADA et Warner Music Canada ont annoncé la signature d’un contrat de distribution mondiale avec l’auteure-compositrice-interprète autochtone Shawnee Kish, faisant d’elle la nouvelle artiste à intégrer la branche de distribution indépendante du label.

« Ce partenariat avec ADA/Warner Music Canada est un moment incroyablement excitant pour moi. Leur équipe apporte une énergie incroyable ! », déclare Kish.

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