L’effet Swift : combien Toronto a investi et récolté avec la tournée Eras de Taylor Swift en 2024
Un rapport évaluant les coûts et les retombées pour la Ville de Toronto conclut que la municipalité a enregistré un important retour sur investissement à la suite de la résidence de six concerts de la pop star en novembre 2024, positionnant l’événement comme un modèle de référence en vue de l’accueil de la Coupe du monde de la FIFA en 2026.

Taylor Swift
Taylor Swift a littéralement pris d’assaut Toronto à la fin de 2024 — et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
En novembre, la superstar mondiale a donné six concerts à guichets fermés au Rogers Centre, attirant quelque 240 000 spectateurs lors de la première des deux escales canadiennes de sa tournée Eras, un phénomène planétaire.
Selon un nouveau rapport évaluant les coûts et les retombées économiques pour la Ville de Toronto, les trois paliers de gouvernement canadien ont bénéficié d’environ 39,7 millions de dollars en dépenses directes et indirectes liées à la tournée Eras en 2024, pour un impact économique total estimé à 282 millions de dollars.
Le document révèle également que la Ville a engagé plus de 3,6 millions de dollars en dépenses de préparation et d’exploitation au cours des deux week-ends de concerts, soit les 14, 15 et 16 novembre, puis les 21, 22 et 23 novembre.
Ces données proviennent d’une note d’information du service du développement économique et de la culture de la Ville de Toronto, qui analyse l’impact du passage de Swift et ses implications pour l’organisation de futurs événements d’envergure. Présenté aux membres du conseil municipal au printemps dernier, le rapport a été transmis à Billboard Canada.
À l’échelle locale, la dépense la plus importante concerne le Service de police de Toronto, pour un total de 2,6 millions de dollars. Ce montant couvre notamment la gestion de la circulation, les mesures de sûreté et de sécurité, la surveillance des hôtels, les activités avant et après les concerts, la vente de produits dérivés ainsi que les services rémunérés liés à Metrolinx et au Rogers Centre.
Parmi les autres coûts majeurs figure 1,7 million de dollars consacrés à l’augmentation du service de la TTC sur deux fins de semaine. La Ville précise toutefois que les recettes de la TTC ont progressé de 588 000 dollars par rapport aux semaines précédant le premier concert.
Les dépenses additionnelles — évaluées à près de 600 000 dollars — incluent le déploiement de personnel d’urgence, des initiatives de marketing, des ajustements d’infrastructure, de la signalisation et des animations destinées aux fans, des coûts que la Ville affirme avoir compensés avant même le début des concerts.
« Bien que ces initiatives aient engendré des dépenses, elles ont généré une valeur significative en stimulant l’activité économique, en renforçant la réputation internationale de la ville et en jetant les bases d’une meilleure planification des événements futurs », souligne le rapport.
Au total, le séjour de Taylor Swift à Toronto aurait généré 282 millions de dollars en retombées économiques sur dix jours. Ce phénomène, surnommé « l’effet Swift », a entraîné une hausse hebdomadaire de 45 % des dépenses dans la ville.
Sur ce montant, 152 millions de dollars proviennent de dépenses directes. Selon la firme d’analyse Moneris, cette augmentation a profité à plusieurs secteurs — notamment les commerces de vêtements, les hôtels, les cinémas et les restaurants — durant une période habituellement plus calme de l’année.
Les dépenses dans les magasins de vêtements ont bondi de 52 %, tandis que celles dans les restaurants ont progressé de 57 %. Le taux d’occupation des hôtels du centre-ville a atteint 80,7 %, soit une hausse de 9,2 % par rapport à la même période en 2023. Du côté des locations de courte durée, la demande a explosé : +163 % à l’échelle de la ville et +245 % dans le secteur du Rogers Centre.
L’événement a également attiré un nombre important de visiteurs étrangers. Les dépenses des spectateurs provenant de l’extérieur de Toronto sont estimées à 141 millions de dollars, comparativement à 11 millions de dollars pour les résidents locaux.
La Ville n’a toutefois perçu qu’environ 20 % de ces recettes, soit 8 millions de dollars, les 80 % restants revenant aux gouvernements provincial et fédéral. Le rapport souligne que ce déséquilibre « met en lumière les défis auxquels font face les villes lorsqu’il s’agit de capter pleinement les retombées financières des grands événements », malgré le fait que Toronto ait plus que doublé ses dépenses durant la période des concerts.
Voici l’estimation des revenus gouvernementaux générés par la tournée Eras Tour à Toronto :

Plus d’un an après le passage de Taylor Swift, l’empreinte laissée sur Toronto demeure bien tangible. Les retombées économiques, combinées à l’ampleur de la mobilisation municipale, ont permis d’élaborer un modèle organisationnel appelé à servir de référence pour de futurs événements d’envergure — notamment la Coupe du monde de la FIFA 2026, attendue dans la ville dès juin.
« La réussite de l’Eras Tour a reposé sur un effort coordonné à l’échelle de la ville, mobilisant de nombreux services et organismes afin d’offrir une expérience sécuritaire, fluide et agréable aux participants », souligne le rapport.
Celui-ci met également en lumière l’impact symbolique de l’événement : « La tournée Eras a offert à Toronto une visibilité mondiale considérable. La couverture médiatique massive a rehaussé le profil international de la ville en mettant en valeur ses attractions, sa culture et son hospitalité, tout en contribuant à attirer de futurs visiteurs. Toronto s’affirme ainsi comme une destination de choix pour les concerts et événements de grande envergure. »
Le rapport n’élude toutefois pas les défis rencontrés, notamment la nécessité d’un délai de planification plus long, une meilleure coordination des communications entre les divisions municipales et la mise en place de stratégies de gestion des urgences plus robustes pour ce type d’événements majeurs.
« Les enseignements tirés de l’organisation de l’Eras Tour ont permis à Toronto d’affiner et d’améliorer son approche en matière de planification d’événements de grande envergure et constitueront une base précieuse pour les rendez-vous à venir, dont la Coupe du monde de la FIFA 2026 », peut-on lire.
Après son passage à Toronto, Taylor Swift a pris la direction de la côte Ouest pour conclure sa tournée Eras à Vancouver. Un clin d’œil marquant figure d’ailleurs sur son plus récent album, The Life of a Showgirl : les acclamations du public de Vancouver y résonnent en toile de fond du titre éponyme, interprété en duo avec Sabrina Carpenter. Le concert final a également été immortalisé dans le film Taylor Swift | The Eras Tour | The Final Show.
Figure incontournable de la pop contemporaine, Taylor Swift continue d’enchaîner les records. Elle a récemment signé son quinzième album numéro un au Canada avec Showgirl, enregistrant au passage le meilleur démarrage jamais observé au pays depuis l’ère du streaming. L’artiste a par ailleurs dominé plusieurs classements de fin d’année 2025 de Billboard Canada, confirmant son statut de phénomène culturel et économique.






















