Le marché du streaming musical perd de la vitesse au Québec
Selon l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut québécois de la statistique, le Québec a enregistré 31,9 milliards de flux l’an dernier — une hausse de seulement 3 %, bien loin des 12 % en 2024 et des 16 % en 2023. Une progression nettement plus lente qui confirme le ralentissement du streaming musical dans la province.

Au Québec, la croissance du streaming musical ralentit nettement. Selon un nouveau rapport de l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut québécois de la statistique, la province a enregistré 31,9 milliards de flux en 2025 — une hausse de seulement 3 %, loin des 12 % en 2024 et des 16 % en 2023. La même tendance se reflète au Canada, où le streaming ne progresse que de 6 % en 2025, contre 10 % l’année précédente et 15 % en 2023.
La majorité des auditeurs québécois se trouvent dans la RMR de Montréal : 71 %, dont 55 % dans la ville même et 16 % dans les couronnes avoisinantes comme Laval et Longueuil. Les 29 % restants se répartissent entre la RMR de Québec, la RMR d’Ottawa-Gatineau et le reste de la province.
Mais qu’en est-il de l’écoute locale ? Malgré la popularité de la musique francophone sur Spotify, seuls 7,1 % des auditeurs québécois ont écouté des artistes de la province en 2025. Parmi les 50 titres québécois les plus écoutés, 83 % sont en français et 13 % en anglais — tous interprétés par Charlotte Cardin.
Du côté des artistes les plus écoutés au Québec, Taylor Swift arrive en tête, suivie de Drake. Les Canadiens The Weeknd (4e) et Tate McRae (7e) complètent le tableau. Le groupe québécois le mieux classé est Les Cowboys Fringants, à la 12e place.
Le manque d’artistes locaux est encore plus visible dans le palmarès des chansons les plus écoutées : « Ordinary » d’Alex Warren domine, suivi de « Beautiful Things » de Benson Boone. La pop reste le genre le plus consommé en streaming (29 %), devant le R&B/hip-hop (14 %).
Le rapport note aussi une préférence croissante pour les anciens titres plutôt que les nouveautés. Portée par les recommandations algorithmiques et les playlists de classiques, l’écoute de morceaux sortis en 2022 ou avant atteint 50 %, contre 39 % en 2024. Les nouveautés ne représentent plus que 28 % des écoutes.
Cette tendance profite à certains titres : « Je te laisserai des mots » de Patrick Watson, sorti en 2009, est devenu la première chanson francophone à franchir le milliard d’écoutes sur Spotify, 15 ans après sa sortie. Watson figurait au 166e rang des artistes les plus écoutés au Québec l’an dernier.
Elle se reflète aussi dans les meilleures ventes de vinyles de 2025, où quatre albums sortis avant 1990 figurent dans le top 10 :
- The Dark Side of the Moon (n° 6)
- Wish You Were Here (n° 8)
- Legend (n° 9)
- Rumors (n° 10)
Les artistes québécois continuent toutefois de dominer les ventes d’albums physiques et numériques, malgré une baisse générale des ventes pour une quatrième année consécutive (de 24 % à 18 %). Parmi les 10 albums les plus vendus, cinq sont québécois et trois sont en français.
En tête, The Life of a Showgirl de Taylor Swift. Suivent :
- A Nightfall Ritual d’Alex Henry Foster (n° 2)
- Le Piano et le Torrent de Viviane Audet (n° 3)
- Les amours de seconde main de JF Pauzé (n° 4)
- Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé de Pierre Lapointe (n° 5)
- Uh Oh de Patrick Watson, qui avait atteint le top 20 du Billboard Canadian Albums l’an dernier.
Les meilleures ventes de CD montrent une tendance similaire : six albums québécois, dont quatre en français. Les projets d’Audet et de Lapointe se classent aux 2e et 3e rangs, tandis que À boire debout et Gin à l’eau salée de Salebarbes atteignent les 4e et 8e places. L’album éponyme de The Damn Truth se classe 5e, suivi de Uh Oh de Watson.





















