Chad Smith, Danny Carey et d’autres grands noms de la batterie rendent hommage à Neil Peart de Rush dans un nouveau documentaire de CBC
Billboard Canada s'entretient avec le batteur des Red Hot Chili Peppers, Smith, ainsi qu'avec les membres fondateurs de Rush, Geddy Lee et Alex Lifeson, au sujet de Neil Peart : No One's Disciple , diffusé publiquement aujourd'hui (23 septembre) après avoir été présenté en avant-première la semaine dernière au TIFF.

Chad Smith avec Geddy Lee et Alex Lifeson de Rush dans « Neil Peart : Le disciple de personne »
Avant que la tournée de reformation de Rush ne devienne un phénomène majeur, les membres fondateurs Geddy Lee et Alex Lifeson avaient déjà trouvé une façon de rendre hommage au batteur Neil Peart comme ils savaient le mieux le faire : à travers la musique et l’héritage qu’ils ont créés ensemble.
Après sa première mondiale au Festival international du film de Toronto (TIFF) la semaine dernière, Neil Peart : Le disciple de personne sera diffusé en première ce soir (23 septembre) sur CBC et CBC Gem. Coréalisé par Scot McFadyen et Sam Dunn et produit par Banger Films et Elevation Pictures, le documentaire revient notamment sur les prémices de la reformation de Rush.
« Pendant des années, nous voulions rendre hommage à Neil Peart, mais nous ne savions pas comment », confie Geddy Lee à Billboard Canada sur le tapis rouge du TIFF. « Avec l’arrivée de la COVID, tous nos projets sont tombés à l’eau. Il était impossible d’organiser un concert hommage comme l’avaient fait les Foo Fighters pour Taylor Hawkins. Quand l’occasion de lui rendre hommage à travers un film s’est présentée, nous avons trouvé ça formidable. C’était une excellente façon de parler de son héritage musical, de son importance pour la communauté des batteurs et de la nature de sa relation avec ses pairs. Ce sont eux qui pouvaient vraiment expliquer son génie. »
Plutôt que d’adopter le format classique des documentaires musicaux, ponctué d’entrevues face caméra, les réalisateurs ont choisi une approche différente. Ils ont réuni Lee et Lifeson en studio avec quatre batteurs de renommée internationale pour interpréter certaines de leurs pièces les plus emblématiques. Ces performances — avec Danny Carey (Tool), Stewart Copeland (The Police), Gavin Harrison (King Crimson et Porcupine Tree) et Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) — servent de fil conducteur au récit de la vie de Peart.
« De nos jours, beaucoup de documentaires musicaux accordent très peu de place à la musique », déplore le coréalisateur Dunn. « On y voit surtout des gens parler de musique. Cinq secondes d’un extrait, puis on revient aux entrevues. Nous, on voulait créer un univers où la musique contribuerait elle-même à raconter l’histoire. »
À l’écran, les batteurs ne se contentent donc pas de parler de l’influence de Peart : ils la démontrent par leur jeu et leurs interactions avec Lee et Lifeson.
Au début du film, Carey, qui interprète certains des rythmes les plus complexes du rock avec Tool et d’autres projets, peine à maîtriser l’introduction de « 2112 » de Rush. La scène témoigne de la sophistication du morceau et de la précision presque parfaite nécessaire pour reproduire le jeu de Peart.
Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, pousse quant à lui un cri primal après avoir terminé son interprétation de « Working Man ». En sueur et tout sourire, il est évident qu’il s’est donné à fond.
S’adressant à Billboard Canada le jour de la première, il affirme s’être investi pleinement dans l’exercice. Rush et Peart occupent une place particulière dans son parcours, et il tenait à rendre hommage à leur musique.
« J’étais nerveux, mec », raconte-t-il. « Chad, 14 ans, paniquait. »
Smith était encore un jeune batteur du Michigan lorsqu’il a découvert Rush. À l’époque, ses principales influences étaient plutôt les groupes de hard rock britanniques des années 1960 et 1970 : John Bonham de Led Zeppelin, Bill Ward de Black Sabbath et Keith Moon de The Who.
Puis il a entendu 2112 de Rush ainsi que l’album live All the World’s a Stage, et a été complètement ébloui.
« Ça a tout changé », dit-il. Il s’est alors attaqué à une version simplifiée du matériel de Peart — notamment sa batterie légendairement imposante et sophistiquée — et a étudié les subtilités de sa technique.
Bien qu’il adopte une approche plus instinctive avec les Red Hot Chili Peppers, Smith s’inspire de la précision que Peart apportait à ses parties de batterie. Une technicité qui a marqué toute une génération d’auditeurs malgré sa complexité — y compris des gens qui ne connaissent absolument rien à la batterie.
« Il est impossible d’improviser le break de quatre mesures de "Tom Sawyer" de Neil », dit Smith en riant. « Tout le monde connaît ces riffs et ces passages. [Si vous allez à leur concert], vous voyez 20 000 personnes faire semblant de jouer de la batterie. Ce ne sont pas tous des batteurs, mais ils connaissent le morceau. »
Ces séquences musicales viennent enrichir le portrait biographique plus classique de Peart : son amour de la lecture, les réflexions philosophiques derrière les paroles qu’il écrivait pour Rush, son combat contre le perfectionnisme au fil des ans et son humour pince-sans-rire. Le documentaire aborde également les épreuves personnelles qui ont marqué sa vie, notamment la perte de sa fille et de sa femme, ainsi que son périple de cinq ans à moto à travers le continent.
Pour Lee, le documentaire et la tournée représentent une forme de « travail de deuil », une façon pour Lifeson et lui de renouer avec leur ami et compagnon de groupe disparu, tout en faisant vivre l’héritage qu’il a laissé derrière lui. Désormais accompagnés de la batteuse Anika Nilles sur scène, ils trouvent chaque soir dans la musique une façon d’exprimer leur chagrin.
« Il est là avec nous sur scène chaque soir », affirme Lee. Il ne parle pas seulement des hommages, des vidéos et des dédicaces qui ponctuent les concerts, mais aussi de la musique qu’ils jouent ensemble, profondément marquée par son empreinte. « Son esprit est palpable. Ses paroles résonnent dans chacune de nos chansons. »
Lifeson estime qu’il existe une dimension de Peart que seuls d’autres musiciens — et particulièrement les batteurs — peuvent pleinement comprendre. Il ne s’agit pas uniquement de musique, mais aussi d’une question profondément humaine.
« Ces œuvres témoignent non seulement du talent musical de Neil Peart, mais aussi de l’homme qu’il était », dit-il. « C’était un homme drôle, attachant et loyal. Beaucoup de gens ne le perçoivent pas. C’est l’occasion pour eux de découvrir cette facette de sa personnalité. »
Neil Peart : Le disciple de personne sera diffusé ce soir (23 septembre) sur CBC et CBC Gem.





















