Le gouvernement canadien renouvelle sa stratégie d’exportation créative afin de propulser la culture d’ici sur les scènes internationales
Mise en place en 2018, cette initiative a pour objectif d’élargir les possibilités d’exportation de la culture canadienne, avec un accent marqué sur la musique et le financement du Fonds canadien de la musique. Le gouvernement fédéral y injectera 95 millions de dollars sur cinq ans.

Le gouvernement fédéral réaffirme son engagement envers le paysage culturel canadien.
Le 12 mai, Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a confirmé le renouvellement permanent de la Stratégie d’exportation créative (SEC), un programme destiné à soutenir la présence internationale des secteurs créatifs du pays.
Lancée en 2018 sous le gouvernement Trudeau, la SEC a déjà bénéficié à plusieurs des principaux fonds culturels canadiens, dont le Fonds canadien de la musique, le Fonds canadien du livre, le Fonds canadien de présentation des arts et Téléfilm Canada.
Miller a annoncé que le gouvernement fédéral investira 95 millions de dollars dans la stratégie au cours des cinq prochaines années — soit environ 19 millions par an — un financement qui sera ensuite maintenu à ce niveau de façon permanente.
« On a évoqué la possibilité de ne pas renouveler cet accord, et franchement, nous étions assez inquiets. Mais le Premier ministre a été très clair : non seulement cet accord doit être renouvelé, mais il doit être pérennisé », a déclaré Miller au Globe and Mail. « C’est formidable d’avoir un premier ministre qui place la culture au cœur de sa stratégie d’exportation », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de cette initiative « pour l’économie, mais aussi pour faire rayonner la culture canadienne au pays comme à l’étranger ».
À son lancement, la SEC avait été conçue comme une initiative quinquennale de 125 millions de dollars visant à accroître le potentiel d’exportation des industries culturelles canadiennes.
Depuis 2018, elle a soutenu plus de 3 200 entreprises et organisations, touché 120 marchés internationaux et généré 167,7 millions de dollars en transactions commerciales, selon Patrimoine canadien, qui supervise l’attribution des fonds.
Lors de son allocution, Miller a mis en avant le succès de Heated Rivalry, la série de Crave, qui a permis à une équipe majoritairement canadienne de se démarquer à l’international. Il a également souligné la contribution des artistes locaux à la bande sonore des six épisodes, notamment Wolf Parade et Feist. « S’il rencontre un tel succès, c’est grâce à notre soutien », a-t-il affirmé. « De nombreux studios américains l’ont ignoré. Nous, nous prenons ce risque et nous avons confiance en leur intuition. »
Cette annonce survient peu après le renouvellement du Fonds canadien de la musique, qui a reçu 48 millions de dollars supplémentaires dans le budget fédéral de 2025. Cette enveloppe, répartie sur trois ans, prolonge la bonification annuelle de 16 millions de dollars annoncée en 2024.
Depuis plus de quarante ans, le Fonds canadien de la musique joue un rôle central dans l’écosystème musical du pays, notamment en soutenant FACTOR et Musicaction, deux des programmes de financement les plus influents au Canada.
Ce soutien accru porte déjà ses fruits : le mois dernier, FACTOR a annoncé un investissement de 2 millions de dollars dans la musique, répartis entre son Programme de promotion et son Programme de festivals. Ces initiatives visent à « renforcer la souveraineté culturelle en investissant dans les artistes canadiens, la musique en direct et les festivals ».
« À une époque marquée par la hausse des coûts et la concurrence accrue des entreprises étrangères, ce soutien permettra à nos promoteurs et à nos festivals de continuer à présenter des artistes canadiens sur les scènes de tout le pays et à commercialiser efficacement ces spectacles », souligne Meg Symsyk, présidente et directrice générale de FACTOR.
On ne sait pas encore quelles organisations bénéficieront du financement dans le cadre du renouvellement de la SEC.





















