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Sum 41, Tate McRae et Josh Ross remportent des prix aux Juno Awards 2025 : découvrez la liste complète des lauréat(e)s

The Beaches, Nemahsis et AP Dhillon ont aussi mis en avant les lauréats de cette année, qui ont célébré le nationalisme canadien à un moment où le pays fait face à des tarifs douaniers et des menaces d'annexion.

Sum 41 photographed by Lane Dorsey on Jan. 27, 2025 at Canada Life Place in London, Ontario. Left to right: Deryck Whibley, Frank Zummo, Tom Thacker, Jason "Cone" McCaslin, Dave "Brownsound" Baksh
Sum 41 photographié par Lane Dorsey le 27 janvier 2025 au Canada Life Place de London, en Ontario. De gauche à droite : Deryck Whibley, Frank Zummo, Tom Thacker, Jason « Cone » McCaslin, Dave « Brownsound » Baksh

La grande gagnante des Juno Awards 2025 n'était pas présente pour recevoir ses prix.

Tate McRae a remporté quatre trophées – ceux de l'artiste, du single, de l'album et de l'album pop de l'année – mais n'a pas pu assister à la cérémonie de remise des prix à Vancouver, en Colombie-Britannique, le dimanche 30 mars, ni au gala privé de la veille. C'est un problème récurrent aux Juno, où les engagements des plus grandes stars internationales les empêchent souvent de participer à la cérémonie de leur pays d'origine.


Des artistes comme Drake, The Weeknd et Shawn Mendes étaient absents du Rogers Arena, mais l'excellence canadienne a été mise en avant. À une époque où le président américain Donald Trump impose des tarifs douaniers au Canada et menace de l'annexer comme 51e État, plusieurs artistes ont profité des Juno pour défendre la culture canadienne.

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Tate McRae a remporté quatre des cinq nominations dans lesquelles elle était en lice, ne ratant que le prix du choix des fans, attribué au rappeur bbno$, un phénomène sur TikTok et sponsor du prix. Il en a profité pour livrer un discours mémorable où il a qualifié Elon Musk de « poubelle », créant ainsi un moment viral.

Cette intervention était une critique plus directe de l'administration américaine, contrastant avec le ton plus nationaliste du reste de la soirée, où l'on entendait des messages du type « Le Canada n’est pas à vendre ». En recevant le prix de l’album country de l'année, Josh Ross, un chanteur ontarien, a révélé une anecdote personnelle en remerciant sa maison de disques, Universal Music, aussi bien au Canada qu’aux États-Unis, en soulignant que « mieux vaut être ami qu’ennemi ».

L'animateur Michael Bublé a ouvert la soirée avec un medley de ses succès en quatre langues, accompagné d'artistes canadiens comme Elisapie, Jonita Gandhi, Roxane Bruneau et Maestro Fresh Wes. Cette performance a illustré la diversité musicale du Canada, tandis que son monologue d’ouverture rappelait avec fierté la célèbre publicité « Je suis Canadien » et affirmait que le Canada est « la plus grande nation du monde ».

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À l'exception des prix spéciaux, seuls quatre prix ont été remis lors de l'émission diffusée sur CBC, la plupart ayant été décernés lors du gala de l’industrie de la veille. L'un de ces prix était celui du groupe de l'année. Bien que Sum 41 semblait être un choix évident, avec leur intronisation au Panthéon de la musique canadienne et leur performance finale avec un medley de leurs classiques pop-punk, le prix a finalement été attribué à The Beaches. Cela a confirmé les belles années du groupe torontois, qui a connu un grand succès en 2023 avec son tube « Blame Brett ».

Le prix de la révélation de l’année a été décerné à Nemahsis, l’artiste palestino-canadienne qui aurait été renvoyée de sa maison de disques pour avoir refusé de taire son engagement pro-palestinien après le 7 octobre. Elle a dédié son prix à ses compatriotes voilées et exprimé son désir de voir des artistes qui lui ressemblent à la télévision canadienne. « Je ne pensais pas que cela prendrait autant de temps ni que ce serait moi qui le ferais », a-t-elle confié. Elle a remercié le producteur d'OVO Sound, Noah « 40 » Shebib, et l'artiste Jad El Khoury de l’avoir aidée à achever son album Verbathim alors qu'elle était devenue totalement indépendante.

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Anne Murray a reçu un prix pour l'ensemble de sa carrière, une distinction qui n'avait été attribuée qu’une seule fois auparavant, à Pierre Juneau, architecte de la réglementation sur le contenu canadien et homonyme des Junos. Vêtue d’un maillot de hockey canadien scintillant, la chanteuse, qui détient le record du plus grand nombre de Junos de tous les temps, a évoqué l'importance du Canada dans sa carrière et l’a qualifié de « couverture ». Le producteur Boi-1da a, quant à lui, été récompensé pour l'ensemble de sa carrière internationale, saluant ses immenses succès pour des artistes comme Rihanna, Drake et Eminem.

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Parmi les autres moments marquants de la soirée, on note les performances de Snotty Nose Rez Kids avec Tia Wood, les lauréats du dimanche soir bbno$ et Josh Ross, ainsi qu’une prestation punjabi avec Gminxr, Jazzy B, Inderpal Moga et Chani Nattan. Le prix du choix des fans a été attribué à Karan Aujla en 2024, soulignant la reconnaissance de l'institution envers la scène punjabi, et les Junos ont instauré cette année le nouveau prix de l'enregistrement sud-asiatique de l'année. AP Dhillon a remporté ce prix pour The Brownprint, bien que celui-ci n’ait pas été télévisé.

Pour la liste complète des lauréats des Juno Awards 2025, c'est ici.

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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante
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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante

L’homme derrière certains des labels indépendants les plus prospères du Canada revient sur le succès tardif de Patrick Watson, aujourd’hui détenteur de records de streaming francophone. Il explique également pourquoi il privilégie des relations à long terme avec les artistes et souligne l’importance de la collaboration au sein du secteur indépendant.

Justin West est aujourd’hui l’un des visages les plus influents de la musique indépendante canadienne, même si rien ne le prédestinait à ce rôle. Lorsqu’il fonde Secret City Records à Montréal, au milieu des années 2000, ce n’est pas par ambition entrepreneuriale, mais par nécessité. Il venait de rencontrer un artiste qu’il admirait profondément et avec qui il souhaitait bâtir quelque chose de durable. Pour que cette collaboration voie le jour, il fallait un label. Cet artiste, c’était Patrick Watson. Vingt ans plus tard, les deux noms sont indissociables, et leur succès dépasse largement les frontières du pays.

Lauréat à plusieurs reprises du prix Billboard Canada Power Player, West dirige aujourd’hui l’un des labels indépendants les plus respectés au pays. Il défend aussi les intérêts du secteur au sein de nombreux conseils d’administration, tant au Canada qu’à l’international. Lorsqu’on le rencontre pour ce portrait, il revient tout juste du Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture à Banff, où il a joué un rôle clé dans les discussions entourant la Loi sur la diffusion en ligne et les négociations collectives avec les plateformes numériques.

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