La SOCAN franchit un nouveau sommet avec 587 millions de dollars de revenus en 2025
L’organisme chargé de la gestion des licences et des redevances a dévoilé ses résultats financiers annuels, précisant avoir versé 511,9 millions de dollars aux titulaires de droits canadiens l’an dernier. À l’occasion de cette publication, la SOCAN souligne l’importance de soutenir les créateurs canadiens face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle générative.

La SOCAN annonce un nouveau record en matière de distribution de revenus.
Dans son rapport financier annuel, l’organisme canadien de gestion des droits, chargé de percevoir et de redistribuer les redevances d’édition aux musiciens et titulaires de droits, indique que ses revenus ont atteint 587 millions de dollars l’an dernier, dont 511,9 millions ont été versés aux auteurs et éditeurs — une hausse de 5 % par rapport à 2024.
Sur près de 600 millions de dollars de revenus, 445,5 millions proviennent de l’utilisation de musique au Canada. Cela représente une progression marquée par rapport à l’année précédente, où les revenus étaient inférieurs d’environ 23,9 millions. Les chiffres de cette année sont dominés par les revenus numériques, qui totalisent 232,8 millions de dollars, soit une augmentation de 11,5 % sur un an.
Parallèlement, les recettes issues des licences générales et des concerts ont augmenté de 16,1 %, tandis que les revenus provenant des territoires internationaux ont progressé de 3,9 millions pour atteindre 141,7 millions de dollars, reflétant une demande mondiale croissante pour la musique canadienne, en hausse de 1,4 % par rapport à l’an dernier.
Bien que les résultats soient solides, l’organisation souligne qu’ils surviennent à un moment délicat, alors que les discussions sectorielles sur la découvrabilité, les défis économiques du streaming et l’essor de l’IA générative exercent une pression accrue sur les artistes et les détenteurs de droits canadiens.
Ces derniers mois, des artistes comme l’icône Anne Murray ou la chanteuse pop Alessia Cara ont été confrontées à des accusations d’utilisation non autorisée de leur voix par des systèmes d’IA, après la mise en ligne de chansons imitant de façon troublante leur timbre sur des plateformes de streaming et les réseaux sociaux.
« Alors que l’IA accélère les transformations dans les industries créatives, la SOCAN est restée fidèle à un principe fondamental : la créativité humaine doit être protégée, respectée et justement rémunérée », peut-on lire dans le rapport.
La SOCAN est également devenue la première société de gestion des droits d’auteur à rejoindre la Music Fraud Fighting Alliance (MFFA), une organisation dédiée à la lutte contre la diffusion de contenus frauduleux. En février, elle a lancé une campagne nationale de cinq semaines auprès de ses membres pour contrer l’utilisation non autorisée de musique par l’IA. Cette initiative a permis de recueillir 8 700 lettres adressées au gouvernement du Canada, exhortant les décideurs à refuser tout permis permettant l’utilisation de musique sans licence pour l’entraînement des systèmes d’IA.
La campagne a reçu le soutien de nombreux artistes et labels canadiens, dont Sarah McLachlan, Mac DeMarco, Leith Ross, BMG Music Publishing et plusieurs autres.
Depuis, la question a été portée devant le gouvernement fédéral. Jennifer Brown, directrice générale de la SOCAN, et Björn Ulvaeus (du groupe ABBA), président de l’organisation culturelle internationale CISAC, ont rencontré le premier ministre canadien Mark Carney pour discuter de la protection de la créativité humaine à l’ère de l’IA. M. Ulvaeus est également intervenu virtuellement lors du Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture en Alberta, où il a rejoint 300 acteurs de l’industrie créative pour débattre des politiques liées à l’IA.
« Les résultats financiers de la SOCAN montrent une augmentation des revenus, mais nous devons reconnaître que les auteurs-compositeurs canadiens vivent une réalité différente », déclare Brown.
« Il est urgent de mettre en place des protections modernes fondées sur le consentement, la reconnaissance et la rémunération, afin d’offrir aux auteurs-compositeurs une base stable pour subvenir aux besoins de leurs familles et continuer à créer de la musique. »
L’année dernière a marqué un tournant pour la SOCAN, qui a célébré son centenaire. L’organisation affirme qu’en 2025, elle aura soutenu près de 200 000 auteurs-compositeurs, compositeurs et éditeurs membres.





















