Savan Kotecha revient sur l’écriture de « Beauty and a Beat » de Justin Bieber après Coachella : « Mes enfants pensent que c’est une nouvelle chanson »
« Je me souviens l’avoir envoyée à Max Martin en disant : “Écoute ça !” », raconte le célèbre auteur-compositeur à propos du hit de 2012, aujourd’hui de retour en tête des classements Billboard.
Savan Kotecha à la première de « The Idea of You » qui s'est tenue au Jazz at Lincoln Center le 29 avril 2024 à New York.
«« Je ne l’ai même pas rencontré pendant l’enregistrement de “Beauty and a Beat” », raconte Savan Kotecha, auteur-compositeur et producteur derrière le hit de Justin Bieber, coécrit avec Max Martin, Zedd et Nicki Minaj. À l’époque, Kotecha travaillait depuis la Suède pendant que Bieber enregistrait à Los Angeles. « Mais Justin est vraiment adorable. C’est un talent exceptionnel, un véritable phénomène générationnel. »
En plus de vingt ans de carrière, Kotecha a signé des chansons pour certaines des plus grandes stars de la pop, dont Britney Spears, One Direction, Lizzo et Katy Perry. Après avoir mis sa carrière en pause pour passer plus de temps avec sa famille — « J’avais l’impression de manquer l’enfance de mes enfants » — il est récemment revenu avec de nouveaux succès, notamment pour Ed Sheeran (« Azizam ») et Tate McRae (« It’s OK I’m OK »).
Mais aujourd’hui, c’est surtout le retour inattendu de « Beauty and a Beat » qui attire l’attention. Après que Justin Bieber a interprété plusieurs de ses anciens titres à Coachella, dont le morceau lors du premier week-end, la chanson a explosé de nouveau dans les classements mondiaux. Quatorze ans après sa sortie, elle atteint désormais le sommet du Billboard Global 200 et du Billboard Global Excl. US.
Face à ce regain de popularité, Billboard a rencontré Kotecha pour revenir sur la création du morceau et sur ce que représente le retour d’un ancien hit auprès d’une nouvelle génération d’auditeurs.
Revenons sur l’écriture de « Beauty and a Beat ». Y a-t-il des souvenirs précis de cette période qui vous reviennent encore aujourd’hui ?
Je me souviens que Max Martin m’avait appelé parce qu’il avait besoin d’aide sur une idée. Il me l’a envoyée, et je me revois assis sur mon lit, dans mon appartement à Stockholm, en train de travailler dessus. À ce moment-là, j’étais encore en Suède pendant que l’enregistrement se faisait à Los Angeles. Après la session, Max m’a appelé pour me dire que tout s’était incroyablement bien passé.
Je me rappelle aussi du moment où Scooter Braun m’a montré le clip pour la première fois, dans ses anciens bureaux à West Hollywood, avant même que je m’installe à Los Angeles. Je me suis dit : « Oh mon Dieu. »
Et puis il y a eu l’arrivée du couplet de Nicki Minaj, avec la fameuse référence à « Selener », alors que toute cette histoire faisait les manchettes. C’était fou. À l’époque, avoir Nicki sur le morceau, c’était énorme pour nous. Elle a vraiment amené la chanson à un autre niveau.
Qu’est-ce que ça fait d’entendre, pour la première fois, une chanson qu’on a écrite interprétée par l’artiste ?
Quand c’est réussi, c’est magique. À l’époque, quand je travaillais depuis la Suède pendant que les artistes enregistraient à Los Angeles avec Max, je devais attendre qu’on m’envoie les prises le lendemain matin. C’était toujours hyper excitant.
Je me souviens avoir entendu Usher sur « DJ Got Us Fallin’ in Love » et m’être dit : « Waouh. » Puis Pitbull a rejoint le morceau et ça a été encore plus irréel. Ce genre de moments reste incroyable.
Le retour de « Beauty and a Beat » me replonge aussi dans cette époque où tout était nouveau pour moi, quand chaque hit donnait l’impression que quelque chose d’incroyable était en train d’arriver. Voir la chanson revenir aujourd’hui, c’est vraiment spécial.
Étiez-vous à Coachella cette année ?
Non, je suis trop vieux et trop moche pour Coachella.
Comment avez-vous découvert que la chanson faisait partie de la setlist ? Quelle a été votre réaction ?
Comme tout le monde, je me suis réveillé et j’ai commencé à scroller sur mon téléphone. Je suis tombé sur des vidéos de la performance et je me suis dit : « Ah, sympa. »
Deux jours plus tard, la chanson était numéro 3 mondial. Je me souviens l’avoir envoyée à Max Martin avec un message du genre : « Regarde ça ! » Et le lendemain, elle était numéro 1. C’est complètement fou.
Ces dernières années, j’ai beaucoup ralenti le rythme pour me concentrer sur d’autres aspects de ma vie. Alors voir ces anciens morceaux refaire surface comme ça, ça me rappelle pourquoi tout ça comptait autant.
Quelle a été votre première réaction en voyant « Beauty and a Beat » revenir aussi fort ?
Quand Justin l’a jouée à Coachella, je me suis surtout dit : « Wow, quel choix inattendu. » J’étais heureux qu’un nouveau public découvre enfin cette chanson, parce qu’à l’époque, on passait des semaines à peaufiner chaque détail. Même les sonorités des paroles étaient travaillées minutieusement.
On pouvait passer une semaine entière simplement à chercher le mot ou le son parfait.
Pourquoi pensez-vous que cette chanson-là, parmi tous les hits de Justin Bieber, connaît un tel retour ?
Si je me souviens bien, Max avait déjà la mélodie quand il me l’a présentée. Ensuite, on a passé énormément de temps à perfectionner chaque détail pour que tout sonne exactement comme on le voulait.
À l’époque, on travaillait vraiment dans l’obsession de la perfection pop. Aujourd’hui, la musique repose peut-être davantage sur l’émotion brute, mais ce qui est beau avec « Beauty and a Beat », c’est qu’elle continue de marquer les gens.
Mes enfants n’étaient même pas nés quand la chanson est sortie. Pour eux, c’est littéralement une nouvelle chanson. Leurs amis la chantent à l’école en Suède comme si elle venait de sortir.
C’est ça qui est incroyable avec le streaming aujourd’hui : les jeunes ne voient pas ces morceaux comme « vieux ». Si une chanson est bonne, elle traverse le temps.
« Beauty and a Beat » est aujourd’hui numéro 1 des classements Billboard Global 200 et Billboard Global Excl. US. Qu’est-ce que ça fait de voir une chanson vieille de près de 15 ans redevenir un phénomène mondial ?
Il y a eu beaucoup d’aspects négatifs avec l’arrivée du streaming, mais l’un des points positifs, c’est que tout est désormais accessible au même endroit. Les gens veulent simplement écouter de la bonne musique.
Je le vois avec mes enfants : tous les garçons semblent passer par une phase Eminem, simplement parce que sa musique est excellente. Je me souviens que mon plus jeune est rentré de l’école il y a quelques années en me demandant : « Papa, tu connais cette nouvelle chanson, “Mama Said Knock You Out” de LL Cool J ? Elle est incroyable ! »
Pour eux, ces morceaux ne sont pas “vieux”. Si une chanson apparaît dans une série ou sur TikTok et qu’elle sonne bien, ils vont l’écouter en boucle comme si elle venait de sortir. Et quand un titre traverse le temps comme ça, c’est vraiment génial à voir.
Y a-t-il une autre chanson que vous avez écrite que vous aimeriez voir revenir sur le devant de la scène cette année ?
Souvent, mes chansons préférées sont justement celles qui n’ont pas forcément été les plus gros succès. Mais « One Last Time » d’Ariana Grande compte énormément pour moi.
Et bien sûr, « What Makes You Beautiful » de One Direction reste très spéciale, notamment parce qu’elle parle de ma femme.
Donc honnêtement, je ne serais pas contre un retour de ces chansons-là non plus.
À chaque fois que des gens redécouvrent des morceaux sur lesquels j’ai travaillé avec des artistes et auteurs incroyablement talentueux, je me sens très chanceux. C’est une sensation particulière de voir que ce à quoi on a consacré sa vie continue encore de toucher les gens.




















