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Retour de Josman à Montréal : la ferveur pour le rap outre-Atlantique résonne à plein volume

Samedi soir (14 mars), poids lourd du rap français, Josman a débarqué à la Place Bell, à Laval, avec une intensité brute, presque souterraine, transformant l’aréna en un espace étonnamment intime.

Retour de Josman à Montréal : la ferveur pour le rap outre-Atlantique résonne à plein volume

Josman

Evenko.ca

La Place Bell affichait complet samedi soir (14 mars). Josman né à Vierzon, en France, sous le nom de José Nzengo — faisait son retour dans la région de Montréal, quelques jours à peine après un passage à New York.

Mais pour lui, Montréal n’est pas une simple escale.


Dès 2017, bien avant les grandes salles et les certifications, il se produisait au Belmont. Depuis, la ville est devenue l’un de ses points d’ancrage les plus solides en Amérique du Nord.

Montréal, c’est un carrefour. Un point de rencontre entre Paris, Bruxelles, les scènes d’Afrique francophone et l’écosystème hip-hop nord-américain. Une ville où les influences circulent librement, où le public navigue sans effort d’un son à l’autre. Un terrain d’essai, aussi — et un public qui écoute vraiment.

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Et depuis des années, Josman en fait partie.

À la Place Bell, ce lien sautait aux yeux.

Dans la foule : des Français installés ici depuis longtemps, qui le suivent depuis les mixtapes, et une nouvelle génération de fans québécois qui l’ont découvert en ligne. Des parcours différents, mais une même maîtrise des textes.

Josman a joué avec cette mémoire collective. Une setlist fluide, sans rupture, qui traversait les époques,des morceaux bruts des débuts comme « Dans le vide » aux titres récents repris à plein poumon, comme « Œil de la Joconde », « Ah gars » ou « Ailleurs ». Peu importe l’époque, le public suivait.

Mais plus que les titres, c’est l’ambiance qui a marqué.

Mise en scène dépouillée. Visuels sombres, presque documentaires. Images politiques, fragments d’archives, réflexions sur le racisme, la colonisation, les tensions mondiales. Sur scène : un DJ, quelques lumières, et lui. Rien de plus.

Et ça suffisait largement.

Pendant plus de 90 minutes, Josman a tenu la scène seul. Pas d’artifices, pas de béquilles. Très peu d’autotune. Juste la voix, les textes, et une précision constante. À contre-courant des concerts surchargés, sa performance frappait par sa sobriété et son intensité.

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Dans cette approche, on pense à Kendrick Lamar — cette capacité à faire coexister exigence artistique et portée populaire. Josman occupe un espace similaire : respecté par les puristes, mais jamais coupé du grand public.

Son parcours, lui, s’est construit sans précipitation. Depuis sa percée en 2013, après sa victoire au concours End of the Weak, il a bâti un catalogue solide, cohérent. Des projets comme Échecs positifs (2015) et Matrix (2016), porté par « Dans le vide », ont posé les bases : une écriture introspective sur des productions épurées.

La suite a confirmé la trajectoire : J.O.$ (2018), certifié disque de platine, Split (2020), puis MAN (Black Roses & Lost Feelings) (2022), récompensé aux Flammes.

Aujourd’hui, son répertoire cumule plus de deux milliards d’écoutes. Des titres comme « J’aime bien ! », « Intro » ou « Loto » continuent de circuler massivement.

Sur scène, cette double identité était évidente : figure culte pour certains, artiste incontournable pour d’autres. Et le public répondait, du début à la fin, sans relâche.

Entre les morceaux, il prenait le temps de capter l’énergie de la salle. À un moment, il a même stoppé la musique en repérant un cercle de danse dans la foule, laissant la place à l’instant.

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Ce qui se jouait ce soir-là dépassait le simple concert.

On y voyait à l’œuvre un lien qui ne cesse de se consolider : celui d’un public québécois à l’écoute de la scène outre-Atlantique, et suffisamment fidèle pour suivre les artistes de leurs premiers pas à leurs plus grandes scènes. Un lien vivant, que Josman porte à sa manière.

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Colter Wall

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