Osheaga 2026 : les moments marquants de Tate McRae, Angine de Poitrine, Zara Larsson, Gunna et plus encore
Ce fut une année exceptionnelle pour le festival montréalais, qui a établi de nombreux records d'affluence grâce à sa programmation d'artistes de renom issus de la pop, du hip-hop, du rock indépendant et bien plus encore.

Tate McRae à Osheaga 2026 à Montréal.
CONTENU PARTENAIRE
Osheaga a vécu une édition marquante.
Le festival montréalais a enregistré la deuxième plus forte affluence de ses vingt années d’existence, porté notamment par la présence de Tate McRae, tête d’affiche du samedi soir. La journée s’est d’ailleurs retrouvée à guichets fermés en un temps record.
Au-delà de ses têtes d’affiche, la programmation réunissait une impressionnante diversité d’artistes : des groupes en pleine ascension comme Turnstile et Geese, des vedettes pop telles que Zara Larsson et Stella Lefty, des figures incontournables comme Clipse, ainsi qu’une apparition surprise de l’un des groupes canadiens les plus en vue du moment.
Billboard Canada était sur place pendant les trois jours du festival. Voici les moments qui ont marqué cette édition.
Tate McRae prouve qu’elle est vraiment « Canada Down »
Tate McRae a désormais tout d’une artiste de premier plan.
L’auteure-compositrice-interprète originaire de Calgary a pris d’assaut la scène principale d’Osheaga le samedi 1er août, en tête d’affiche de la deuxième soirée du festival. Cette prestation marquait une étape importante dans sa carrière : il s’agissait de sa toute première apparition en tête d’affiche d’un grand festival de musique.
Elle a ainsi atteint un nouveau sommet pour une jeune artiste canadienne, devenant la première Canadienne à occuper cette place à Osheaga depuis Arcade Fire, qui avait remplacé les Foo Fighters en 2022, et la deuxième depuis The Weeknd en 2017. L’édition réduite de 2021, composée uniquement d’artistes canadiens en raison de la pandémie, avait également accueilli des têtes d’affiche comme Charlotte Cardin.
Devant une foule compacte, McRae a confirmé à la fois son statut de vedette internationale et sa place particulière dans le paysage pop canadien. Pendant 70 minutes, elle a enchaîné ses plus grands succès, des chorégraphies exigeantes et une mise en scène spectaculaire, sans jamais cacher sa fierté de retrouver son pays.
« Je suis tellement contente d’être de retour à la maison ! », a-t-elle lancé au public lors de sa première prise de parole. « Montréal a toujours été, selon moi, l’un des publics les plus enthousiastes de toute la tournée. Et vous savez que je suis à fond pour le Canada ! »
La chanteuse a éclaté de rire en reprenant sa désormais célèbre formule, devenue virale plus tôt cette année et transformée en véritable mème. À Osheaga, cette référence complice a donné le ton à une soirée qui consacrait pleinement sa nouvelle stature. Lire la critique complète ici . — Stefano Rebuli

Angine de Poitrine débarque pour une prestation surprise
Angine de Poitrine ne semble pas près de ralentir. Toujours porté par un élan fulgurant, le groupe continue d’enchaîner les prestations marquantes dans les festivals et de confirmer son statut de phénomène musical du moment. Sa présence à Osheaga a été annoncée samedi matin, quelques heures seulement avant son passage prévu à 17 h. Plusieurs festivaliers avaient toutefois déjà percé le secret après avoir aperçu le nom du groupe sur les produits dérivés officiels du festival.
La foule s’est massée devant la scène pour accueillir les deux héros locaux, de nombreux fans arborant des t-shirts d’Angine de Poitrine ou des tenues à pois noirs et blancs. Certains spectateurs découvraient sans doute encore le groupe, puisque la journée affichait déjà complet avant l’annonce de sa venue. Mais les vedettes de la couverture de Billboard Canada ont rapidement plongé l’ensemble du public dans leur univers hypnotique.Tandis que défilaient derrière eux des images de hot-dogs et de motifs à pois, les membres du groupe ont invité la foule entière à former un triangle avec les mains et à se balancer de haut en bas à l’unisson. Leur charisme indéniable les propulse sur des scènes toujours plus imposantes, mais une chose demeure évidente : le public québécois les comprend comme nul autre. — Richard Trapunski

Lorde retrace sa longue histoire avec le Canada et Osheaga
De retour à Osheaga près de dix ans après y avoir tenu le haut de l’affiche en 2017, Lorde a transposé sur scène l’univers expérimental et psychédélique de son album Virgin et de sa tournée Ultrasound. Elle a livré un spectacle saisissant, à la croisée du concert, de la création vidéo et de la performance artistique. Au cours d’une longue prise de parole, la chanteuse a décrit Osheaga comme « l’un des festivals les plus géniaux au monde » et s’est remémoré sa première participation, en 2014. Elle a notamment évoqué la nature luxuriante du Canada, qui lui avait procuré un sentiment de sécurité en lui rappelant sa Nouvelle-Zélande natale. Lorde s’est pleinement investie dans la dimension physique et immersive de sa performance. Ses mouvements semblaient contrôler les images numérisées et projetées derrière elle, tandis que des faisceaux laser se reflétaient sur son imposante veste pendant « Man of the Year ». Elle évoluait sur des blocs lumineux suspendus dans les airs, alors que ses danseurs déployaient une chorégraphie expressive au sol. « Green Light » s’est transformé en véritable défouloir collectif, emportant le public dans une euphorie immédiate. Pendant le plus délicat « David », Lorde a fait circuler un immense drapeau sur lequel on pouvait lire : « Je n’appartiens à personne. » Pour conclure avec « Ribs », la chanteuse a rejoint la foule sous une pluie battante. Les festivaliers se sont enlacés en reprenant les paroles, dans l’un des moments les plus exaltants du week-end. « J’ai été tellement de versions différentes de moi-même, j’ai traversé tellement de phases », a-t-elle confié. Son concert en tête d’affiche célébrait chacune de ces incarnations, avec une attention particulière pour les fans qui la suivent depuis ses débuts, en 2013. — SR
Twenty One Pilots confie le micro à un agent de sécurité
Seule tête d’affiche rock du week-end, Twenty One Pilots a donné le coup d’envoi du festival avec une prestation chaotique et spectaculaire, ponctuée de cascades, d’apparitions surprises et de numéros acrobatiques. Le chanteur Tyler Joseph a brièvement disparu dans la foule avant de réapparaître sur le toit d’un kiosque à boissons, d’où il a lancé « Ride ». Après avoir parcouru le site en escaladant toutes les barrières à sa portée, il a rejoint le batteur Josh Dun pour inviter un agent de sécurité sur scène. Le duo lui a alors confié le micro afin qu’il interprète le refrain devant une foule déchaînée. Joseph a également recueilli des cadeaux tendus par les fans, tandis que Dun a grimpé sur une structure pour jouer de la batterie à près de 15 mètres dans les airs. En plus de ses propres classiques, dont « Stressed Out », devenu dix ans après sa sortie l’un des grands hymnes nostalgiques du groupe, Twenty One Pilots a glissé plusieurs chansons célèbres dans les ponts et les intermèdes de son répertoire. Le public a ainsi pu entendre des extraits de « Stolen Dance » de Milky Chance et de « Believe » de Cher, ainsi qu’une reprise complète de « Seven Nation Army » des White Stripes. De l’avant de la scène jusqu’au célèbre panneau Osheaga situé à l’arrière du site, les fans n’ont jamais manqué de refrains à reprendre en chœur. — SR

Geese rend hommage à Angine de Poitrine et à Leonard Cohen
Geese a clôturé la première soirée sur la deuxième scène principale. L’importance accordée à son arrivée et son créneau tardif laissaient présager une prestation presque digne d’une tête d’affiche, à l’image du concert qui avait consacré Doechii l’année précédente. La foule s’est toutefois révélée moins imposante que prévu en ce vendredi, seule journée du festival à ne pas avoir affiché complet. Le groupe lui-même semblait avoir mal évalué l’ampleur de son temps de scène. En plein concert, le chanteur Cameron Winter a reconnu que les musiciens pensaient n’avoir plus que cinq minutes devant eux, alors qu’il leur en restait en réalité une vingtaine. Le groupe de Brooklyn mêle rock classique, punk, indie et grunge dans un style singulier qui lui vaut un public de plus en plus fidèle, et sa prestation montréalaise en a offert une démonstration convaincante. Geese a également pour habitude de faire référence à d’autres artistes programmés dans les festivals où il se produit — comme lorsqu’il avait évoqué Justin Bieber à Coachella — et avait réservé quelques clins d’œil au public montréalais. Le groupe a d’abord transformé « Hallelujah » de Leonard Cohen en karaoké collectif avant d’enchaîner avec son propre titre « 2122 ». Un peu plus tard, alors qu’il accordait sa guitare et improvisait quelques notes, Winter a lancé : « Voici une chanson qui s’appelle Angine de Poitrine », avant de se lancer dans un riff évoquant le math rock microtonal du groupe québécois, qui devait se produire le lendemain. — RT

Sombr débarque à bord d’un cabriolet vintage
L’ambiance hollywoodienne était au rendez-vous lorsque Sombr est arrivé en coulisses à bord d’un cabriolet vintage, tout sourire devant les caméras, allant jusqu’à faire quelques pompes entre deux gorgées de sa boisson. Sur scène, les guitares et la batterie de ses musiciens ont donné une nouvelle ampleur à ses succès rock alternatif. Sombr a multiplié les poses de rock star, faisant tournoyer son micro, dansant et buvant directement à la bouteille, tandis que sa cravate se défaisait peu à peu au fil de sa prestation. Derrière cette énergie débridée, l’artiste a aussi laissé entrevoir une facette plus vulnérable. Il a livré au public un message sur l’acceptation de soi et ponctué son concert de plusieurs « Je vous aime » sincères. Le jeune phénomène a conclu sa prestation en inscrivant « Sombr <3 Montréal » sur un drapeau, avant de traverser la foule au son de son succès viral « Back to Friends ». Il a ensuite enchaîné avec « 12 to 12 », qu’il a interprété deux fois de suite, sans la moindre interruption. — SR
Zara Larsson invite une fillette de 10 ans à danser sur « Lush Life »
Dimanche, Zara Larsson a offert une véritable parenthèse enchantée sur la scène principale. Malgré la pluie battante, la chanteuse suédoise a transporté le public dans un univers tropical et haut en couleur, porté par une mise en scène lumineuse et une énergie contagieuse. Pendant son concert, elle a revisité plus d’une décennie de succès, enchaînant des titres comme « Midnight Sun » et « Stateside » avec une présence scénique remarquable, une voix puissante et des chorégraphies millimétrées. Le moment fort est survenu pendant le très attendu « Lush Life », lorsque Larsson a invité Olivia, une fan de 10 ans vêtue d’un t-shirt tie-dye à son effigie, à la rejoindre sur scène pour reproduire la chorégraphie emblématique du morceau. D’abord émerveillée et visiblement submergée par l’émotion, la jeune fille s’est rapidement prise au jeu, exécutant les mouvements avec enthousiasme sous les acclamations de la foule. Cette séquence touchante a illustré la longévité de Zara Larsson, dont les succès révélés il y a plus de dix ans continuent de séduire une toute nouvelle génération de fans, alors même qu’elle connaît aujourd’hui l’un des plus grands succès de sa carrière dans les palmarès Billboard. « “Lush Life” est plus vieille que toi ! », lui a lancé la chanteuse avant de lui offrir un t-shirt et un souvenir de ce moment inoubliable. — SR

Stella Lefty confirme son statut d’étoile montante
Stella Lefty poursuit son ascension dans les palmarès, et le public était au rendez-vous pour assister à son tout premier concert à Montréal, présenté en début d’après-midi samedi. Deux jours seulement après son passage à la première édition de Chartbreaker de Billboard Canada LIVE, à Toronto, où elle avait reçu une plaque soulignant l’entrée de « Boston » dans le top 5, la jeune artiste a séduit la foule avec ses chansons lumineuses aux accents country et son approche sensible d’auteure-compositrice-interprète. Malgré son succès rapide, Stella Lefty occupait encore un créneau hâtif dans la programmation — une habitude bien connue d’Osheaga, qui mise souvent sur des artistes à l’aube d’une percée majeure. Son répertoire demeure pour l’instant relativement limité, mais la chanteuse a laissé entendre qu’un album était en préparation. Elle a notamment présenté deux nouvelles chansons, « The Summer You Were Mine » et « Lean and Kiss Me », des morceaux romantiques et entraînants qui ont confirmé son talent pour les refrains accrocheurs. « L’amour revient souvent dans mes chansons, parce que qui n’aime pas être amoureux ? », a-t-elle lancé au public. Lefty a aussi transformé le site du festival en vaste karaoké en reprenant « Unwritten », le classique de Natasha Bedingfield. Elle a finalement conclu sa prestation avec la chanson qui a bouleversé sa carrière, « Boston », reprise en chœur par une foule déjà imposante malgré l’heure précoce. — SR

Gunna condense un concert entier en une heure
Sept ans après sa première apparition à Osheaga, Gunna était de retour dimanche soir pour une prestation intense sur la scène principale, juste avant que Lorde ne vienne clore le festival. En l’espace d’une heure, le rappeur d’Atlanta a enchaîné pas moins de 27 morceaux, puisant autant dans son plus récent répertoire — « Just Say Dat », « Him All Along », « One of Wun », « On One Tonight » et « wgft » — que dans ses classiques, dont « Drip or Drown », « Hot », « Drip Too Hard », « Pushin P » et « Fukumean ». Plutôt que de miser sur des transitions élaborées, Gunna a privilégié l’efficacité, déroulant ses titres à un rythme soutenu. Sa voix mélodieuse et nonchalante offrait un contraste fluide avec la puissance de la production. Malgré la pluie qui s’est invitée pendant une partie du concert, le public est resté pleinement engagé, réservant notamment un accueil particulièrement explosif à « One of Wun » et « Fukumean ». Sans chercher à réinventer son catalogue pour la scène d’un festival, Gunna en a livré une version condensée, précise et parfaitement maîtrisée. Un défilé de refrains familiers et de mélodies immédiatement reconnaissables, qui a confirmé à quel point sa musique peut facilement conquérir une foule de plusieurs milliers de personnes.
— Yasmine Seck
Turnstile déclenche un « mosh pit » intergénérationnel
Turnstile s’est imposé comme l’un des groupes hardcore les plus importants de sa génération, dépassant largement les frontières habituelles du genre pour atteindre les sommets des palmarès. Sans surprise, son passage sur la deuxième scène a donné lieu à l’un des pogos les plus imposants du week-end, faisant vibrer le site avec une intensité digne des plus grandes têtes d’affiche. Le groupe de Baltimore ne séduit toutefois pas uniquement grâce à ses mélodies pop irrésistibles et à ses guitares abrasives. Son succès repose aussi sur un véritable esprit de communauté, chaleureux et profondément inclusif. À Osheaga, les caméras se sont régulièrement tournées vers le public, mettant autant en lumière les festivaliers que les musiciens sur scène. Au cœur de la foule, les habitués du pogo côtoyaient de jeunes enfants chantant à tue-tête, des admirateurs plus âgés hochant la tête derrière leurs lunettes de soleil et des fans de tous horizons emportés par la même énergie collective. Chez Turnstile, le public ne se contente jamais d’assister au spectacle : il en devient une partie intégrante. Cette connexion, palpable du début à la fin, a transformé leur concert en l’un des moments les plus rassembleurs du festival. — RT
Clipse ne recule pas devant la pluie
Clipse a rappelé dimanche pourquoi le duo occupe une place à part dans l’histoire du rap. Réunis l’an dernier sur l’excellent Let God Sort Em Out, leur premier album commun depuis les années 2000, Pusha T et Malice — autrefois connu sous le nom de No Malice — ont retrouvé une intensité que bien des artistes plus jeunes peinent encore à égaler. Cette énergie était pleinement au rendez-vous à Osheaga. Les deux frères ont livré leurs couplets denses et incisifs avec une précision impressionnante, sans ralentir le rythme ni s’appuyer sur des pistes vocales préenregistrées. Lorsque la pluie s’est mise à tomber à verse, Clipse n’a rien changé à sa trajectoire. « Un peu de pluie, ça n’arrête rien », ont-ils lancé avant de poursuivre leur prestation avec la même détermination. Le duo a fait dialoguer les morceaux de son nouvel album et les classiques de son répertoire, dont l’incontournable « Grindin’ », produit par les Neptunes. Le seul véritable changement de ton est survenu avec « The Birds Don’t Sing », un morceau bouleversant dédié à leurs parents disparus. — RT
JID insuffle une énergie punk au hip-hop
Pour son tout premier concert à Osheaga, JID a ébloui le public grâce à son écriture incisive, son débit vertigineux et sa maîtrise technique presque déconcertante. Dès « YouUgly », morceau d’ouverture tiré de God Does Like Ugly, les basses ont fait trembler les enceintes. Le rappeur d’Atlanta s’est faufilé avec aisance dans les rythmes, accélérant et ralentissant son débit sans jamais perdre la moindre syllabe. La tension est montée d’un cran pendant « Community », dont le premier couplet a été repris avec ferveur par le public. Il a ensuite reçu une ovation après avoir livré, a cappella, son impressionnant couplet de « Off Da Zoinkys ». JID a finalement fait exploser l’énergie avec une série de titres plus nerveux, dont « 151 Rum », déclenchant plusieurs pogos dans la foule. Une prestation qui a confirmé sa capacité à faire cohabiter virtuosité lyrique, puissance physique et esprit punk au cœur même du hip-hop. — SR
Oklou séduit le public montréalais en français
Oklou a livré l’une des prestations les plus envoûtantes d’Osheaga 2026, créant une atmosphère aussi intime qu’onirique grâce à ses synthétiseurs cristallins, sa voix aérienne et sa pop électronique chargée d’émotion. L’artiste française a parcouru son répertoire en interprétant notamment « God’s Chariots », « Fall » et « Choke Enough », ainsi que « Girl Like Me », sa collaboration avec PinkPantheress, et « Viscus », enregistrée avec FKA twigs. La mise en scène prolongeait parfaitement son univers. Inspirée de l’esthétique pop du début des années 2000, elle combinait éclairages bleutés, images lo-fi et plans larges captés sous des angles inattendus. À mi-chemin du concert, après s’être d’abord adressée au public en anglais, Oklou est passée au français, provoquant une réaction immédiate et enthousiaste dans la foule. Avec une certaine timidité, elle a reconnu ne pas avoir su quelle langue choisir en premier, un échange spontané qui a renforcé sa proximité avec le public montréalais. L’un des moments les plus touchants de la prestation est survenu lorsqu’elle a rendu hommage à un membre de son groupe qui s’apprêtait à quitter la formation. Elle a également salué les drapeaux mexicain et palestinien aperçus dans la foule, suscitant de vifs applaudissements. Sans miser sur une surenchère d’effets, Oklou s’est distinguée par la cohérence de son univers visuel, la finesse de son interprétation et la sincérité de sa présence scénique. — YS

The xx enrichit sa palette sonore
Reformé en 2026 pour ses premiers concerts en huit ans, The xx a signé un retour remarqué, notamment à Coachella, avant de retrouver la scène d’Osheaga vendredi. À ses débuts, le trio britannique s’était fait connaître grâce à un son minimaliste et mélancolique. Cette identité a dominé la première partie du concert, nourrie de nombreux morceaux issus de sa période phare, à la fin des années 2000 et au début des années 2010. Vêtus de noir de la tête aux pieds, Romy, Oliver Sim et Jamie xx semblaient renouer avec l’esthétique dépouillée de leurs premières années. Depuis leur dernière tournée commune, les trois membres ont toutefois considérablement élargi leurs horizons en solo. Cette évolution s’est fait sentir lorsqu’ils ont intégré à leur prestation des morceaux tirés de leurs projets respectifs. « Higher Places » de Jamie xx a constitué l’un des moments forts du concert, mariant ses productions audacieuses à la voix de Romy. Plus tard, un échantillon de la légende canadienne Beverly Glenn-Copeland a résonné sur « Enjoy Your Life », morceau de Romy, faisant progressivement basculer l’atmosphère sombre et introspective vers une énergie lumineuse, vibrante et cathartique. Même lorsque leur musique s’aventurait loin du minimalisme de leurs débuts, l’alchimie entre les trois artistes demeurait intacte. À la fin du concert, ils ont posé leurs instruments avant de s’enlacer, provoquant un soupir attendri dans la foule. Ils se sont ensuite avancés jusqu’au bord de la scène, bras dessus bras dessous, pour saluer le public. Un moment simple, touchant et profondément réconfortant, qui rappelait que le retour de The xx repose autant sur leur complicité que sur leur musique. — RT

Blood Orange trouve la lumière au cœur de la pluie
Ajouté à la programmation du vendredi à la dernière minute pour remplacer Kehlani, Blood Orange a livré à Osheaga un concert à la fois intime et parfaitement maîtrisé. Entouré d’Eva Tolkin et d’Ian Isiah au chant, ainsi que de Tariq Saleem Al-Sabir et Dillon Treacy, Dev Hynes a parcouru son répertoire avec des titres comme « Saint », « Charcoal Baby », « Bad Girls », « Somewhere in Between », « Countryside » et « Champagne Coast ». La pluie se fondait presque naturellement dans les textures vaporeuses de sa soul alternative. Un dispositif composé de quatre caméras alternait les gros plans sur Hynes et ses musiciens, accordant aux chanteurs une place centrale plutôt que de les reléguer à l’arrière-plan. Passant de la guitare aux synthétiseurs, puis au violoncelle électrique, Hynes a dirigé le concert avec la retenue d’un producteur davantage soucieux de l’équilibre de l’ensemble que de se mettre lui-même en avant. Un arc-en-ciel est même apparu pendant « Champagne Coast », offrant au concert un instant presque irréel. Le morceau a toutefois été coupé net lorsque la prestation a atteint l’heure prévue de sa fin, concluant abruptement un set qui avait pourtant réussi à transformer le mauvais temps en véritable élément de mise en scène. — YS
Wet Leg et Wolf Parade font vibrer leurs succès de Heated Rivalry
Wet Leg et Wolf Parade comptent tous deux parmi les habitués d’Osheaga. Ces dernières années, les deux groupes de rock indépendant ont conquis un public toujours plus vaste, chacun à sa manière, avec un point commun inattendu : leurs chansons ont trouvé une nouvelle vie dans la série canadienne à succès Heated Rivalry. Les deux formations ont conclu leur prestation avec les morceaux entendus dans la série, provoquant une réaction immédiate dans la foule montréalaise. Pour Wet Leg, cette popularité grandissante s’inscrit dans la foulée de premières parties remarquées pour Harry Styles et de l’ascension de Rhian Teasdale, dont le charisme magnétique domine la scène. Mais c’est l’interprétation de « Mangetout », intégrée à Heated Rivalry, qui a suscité l’un des plus grands élans du concert. L’histoire de Wolf Parade avec Osheaga remonte encore plus loin. Le groupe montréalais était présent lors de la toute première édition du festival en 2006, avant d’y revenir en 2016, puis cette année. Deux décennies plus tard, il rejoint une nouvelle génération d’auditeurs grâce à l’utilisation particulièrement marquante de son morceau « I’ll Believe in Anything », paru en 2005, lors d’une scène de baiser déterminante de la série. La foule était encore en train de se former lorsque Wolf Parade est monté sur scène en début d’après-midi samedi. Mais dès les premières notes de synthétiseur, immédiatement reconnaissables, toute l’attention s’est tournée vers le groupe. — RT









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Gabriel Di Sante
