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Vague pendjabie : Jonita Gandhi est prête à tracer sa propre voie

Elle est déjà une chanteuse renommée de présonorisation à l’affiche de certains des films les plus populaires au monde. L’artiste multilingue est maintenant prête à briller par ses propres chansons au sein de la nouvelle étiquette canado-indienne 91 North Records.

Jonita Gandhi

Jonita Gandhi

Équipe photographique : Ishmil Waterman, Lane Dorsey, Sasha Jairam/Billboard Canada. Stylisme par Veronika Lipatova, Nikita Jaisinghani, Aliecia Brisette. Maquillage et coiffure par Franceline Graham.

Personne n’a à demander à Jonita Gandhi de définir sa musique.

Née à New Delhi et élevée à Brampton, la chanteuse multilingue de présonorisation a bâti sa carrière en restant fidèle au mélange d’influences de partout dans le monde qui composent sa palette musicale — des vieilles chansons de Bollywood que ses parents faisaient jouer à la maison aux morceaux pop et R’n’B anglophones poignants qui ont dominé les palmarès canadiens.


Dès son audition pour Canadian Idol à l’âge de 16 ans seulement, Gandhi a reçu son lot de questions sur le son distinctif qu’elle proposait. Après avoir auditionné en hindi et en anglais (la version de Killing Me Softly With His Song des Fugees), les juges n’ont pas semblé comprendre le style vocal de Gandhi.

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« Mon son est très différent lorsque je chante du hindi semi-classique et lorsque je chante du R’n’B, explique-t-elle. Ils disaient : “Ça n’a pas de sens, va découvrir qui tu es et reviens.” »

Depuis, bien des choses ont changé pour Gandhi. Elle est partie en tournée avec les légendes de la musique indienne Sonu Nigam et le lauréat d’un prix Grammy A.R. Rahman, elle s’est bâti un succès monstre sur YouTube, a collaboré avec certains des plus grands noms de la musique indienne et est devenue une chanteuse de présonorisation acclamée, enregistrant des chansons pour plusieurs des plus grandes industries cinématographiques indiennes et certains des films les plus célèbres au monde.

Sa chaîne YouTube, lancée en 2010, recense aujourd’hui 1,17 million d’abonnés. C’est une fenêtre montrant la palette diversifiée de styles musicaux auxquels elle a été exposée tout au long de sa vie. Elle est remplie de reprises transcendant les genres et les langues. La chaîne de Gandhi témoigne de son évolution et de ses expérimentations en tant qu’artiste, relatant son parcours depuis les reprises qu’elle chantait dans le sous-sol jusqu’aux tournées mondiales.

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Sa voix est aussi juste et remarquable en anglais que dans les nombreuses langues indiennes qu’elle maîtrise, voix qui culmine sur scène par sa présence indéniablement vibrante. Bien que Ghandi ressente une pression incessante de devoir définir exactement sa place dans le monde de la musique, de nouvelles occasions se présentent et lui permettent de continuer à tracer sa propre voie.

« J’essaie maintenant d’accepter toutes mes influences, de les rassembler et de faire de la musique que j’aime [sans] me soucier de la façon dont elle doit sonner, dit-elle. Je veux juste faire ce qui me fait du bien. Et ça fera du bien aux autres aussi. »

Le mois dernier, Warner Music Canada et Warner Music India ont annoncé la création d’une maison de disques commune, 91 North Records, vouée aux talents canadiens sud-asiatiques. Gandhi est l’une des premières recrues. L’artiste s’illumine en parlant de cette nouvelle aventure — elle ne le savait peut-être pas auparavant, mais c’est exactement ce qu’elle attendait.

Le monde semble avoir du mal à définir ton son. As-tu ressenti cette pression au fur et à mesure que progressait ta carrière? Ou as-tu plongé naturellement?

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Je pense que c’est une bataille constante, mais je vois ça comme un avantage plutôt qu’un inconvénient. Je comprends ça d’un point de vue marketing et d’image de marque, mais j’ai toujours eu du mal avec tout ça parce que je ne sais toujours pas comment me désigner. Ces derniers temps, je me suis davantage intéressée au monde indépendant et à la création de musique qui n’est pas destinée au cinéma. C’est la beauté de pouvoir faire toutes sortes de choses.

Comment le fait d’avoir grandi à Brampton t’a-t-il inspirée à faire de la musique?

Le fait d’avoir été exposée à tellement de cultures différentes et de gens du monde entier à mon école m’a assurément fait découvrir beaucoup de musique que je n’aurais peut-être pas écoutée si j’avais grandi ailleurs. La RGT [région du Grand Toronto] est tellement multiculturelle, et c’est aussi une terre d’accueil, n’est-ce pas? J’étais entourée de gens talentueux qui écoutaient de la musique de partout dans le monde.

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Comment était-ce de te produire aux côtés de ton père lors de concerts de musique indienne au sein de votre communauté?

Avoir la liberté d’être musicienne à la maison et de pouvoir envisager ce débouché artistique a été génial. Comme fille à la peau brune, j’ai été beaucoup intimidée à l’école. Donc, le fait d’être capable de chanter et de danser m’a fait me sentir cool et spéciale. Maintenant, je me rends compte à quel point j’en avais besoin en grandissant. Si j’ai vraiment vécu de mauvais moments à l’école, je me disais, eh bien, tu sais quoi? Je vais être une vedette.

Comment s’est passée l’audition de Canadian Idol?

J’avais environ 16 ans. Je pense que j’ai auditionné la première année que j’avais le droit. Mon audition n’a jamais été diffusée à la télévision, ce qui, je pense, est une bonne chose. La principale rétroaction du jury a été de me dire qu’il pensait que je ne savais pas à quelle enseigne musicale je siégeais, que je n’étais pas une chanteuse de R’n’B, même si à mes yeux je l’étais. Et je me disais : vous ne pouvez pas me dire qui je suis!

YouTube a tenu un rôle important en exposant ta faculté à jouer avec ces différents genres et en diffusant ton art de par le monde. Même après avoir connu le succès en présonorisation, tu as continué à alimenter ta chaîne YouTube. Quel rôle la plateforme joue-t-elle pour faire rayonner ton talent au-delà des films?

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YouTube a précédé la présonorisation. C’est un terrain de jeu où on peut faire ce qu’on veut. On a un public parce qu’on s’expose au monde entier et qu’il n’y a aucune barrière. Tout le monde a accès à YouTube, de n’importe où, peu importe où on est et ce qu’on fait. Cette connexion instantanée au public, le fait de télécharger une vidéo que quelqu’un peut regarder sur un autre continent et commenter, c’est quelque chose que je ne peux pas obtenir dans le monde de Bollywood.

Qu’est-ce que ça fait d’être l’une des premières recrues de 91 North Records?

J’attends de faire ça depuis si longtemps. J’ai toujours voulu m’entourer d’une équipe qui pourrait m’aider, et maintenant, j’ai l’impression que cette équipe existe. L’étiquette célèbre les artistes sud-asiatiques, notre musique, notre culture, et les présente d’une manière que je me sens sur un même pied d’égalité que tous les autres artistes populaires dans le monde. Je pense qu’on va réaliser de grandes choses ensemble.

Y a-t-il d’autres artistes qui ont repoussé les limites en mélangeant à leur façon des sons occidentaux et indiens?

Jay Sean est un excellent exemple d’artiste qui s’est révélé en tant qu’Indien faisant de la musique indienne, mais aussi simplement des albums pop en anglais. Pour moi, il est sans conteste un pionnier. Il y a aussi Raghav, qui a vraiment fait connaître la musique indienne. Je me suis dit : wow… on voit des personnes à la peau brune en musique pop, au Canada, à la radio.

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Maintenant que tu disposes de cette tribune, quelle est la prochaine étape?

Oh mon Dieu, tout et n’importe quoi sous le soleil. Je suis en train de créer mon projet maintenant que je vais le sortir avec 91 North. Je peux réaliser tellement de choses que j’ai toujours voulu réaliser et je suis prête à les présenter. Je ne sais pas comment décrire ce qui s’en vient parce que ça mélange beaucoup de choses, mais c’est de la bombe.

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Émir Jivi

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