Festival d’été de Québec 2026 : Michael Bublé partage la scène avec Roxane Bruneau, Limp Bizkit électrise les Plaines
Le Festival d’été de Québec multiplie les moments marquants sur l’une des plus grandes scènes extérieures au Canada. Retour sur les prestations qui ont retenu l’attention jusqu’ici, de Luis Fonsi à The Lumineers, en passant par bbno$, Testament, Les Louanges et plusieurs autres.

Michael Bublé au FEQ 2026
CONTENU PARTENAIRE
Le Festival d’été de Québec (FEQ) est l’un des plus importants festivals de musique en Amérique du Nord, mais il demeure encore relativement méconnu dans le reste du Canada. Installée sur les historiques plaines d’Abraham, à Québec, sa scène principale peut accueillir de 75 000 à plus de 100 000 personnes. Son immensité surprend souvent les artistes, qui semblent prendre toute la mesure du lieu lorsqu’ils découvrent la foule devant eux.
L’édition de cette année a débuté le 9 juillet et se poursuit jusqu’au 19 juillet, avec des têtes d’affiche majeures issues de tous les horizons musicaux. Chaque soir, le public peut passer du jazz à l’americana, du nu metal à la country, du thrash metal au hip-hop, sans oublier la musique francophone, latine, le reggae, le dancehall et bien d’autres styles encore. Le FEQ est l’un des festivals les plus éclectiques au Canada, et son laissez-passer de 180 $, valide pendant les 11 jours de l’événement, représente une offre particulièrement avantageuse.
Billboard Canada était sur place pour le début des festivités. Avant que le FEQ ne reprenne ce week-end avec des prestations de Gwen Stefani, Jessie Reyez, Muse et Jelly Roll, retour sur les moments marquants du premier week-end.
Limp Bizkit transforme une spectatrice de 19 ans en vedette
Pour conclure la première soirée du FEQ, le 9 juillet, Limp Bizkit a replongé le public en 1999. Cette année-là, le groupe de nu metal avait livré sa tristement célèbre prestation à Woodstock ’99, avant d’être injustement tenu en grande partie responsable des émeutes survenues pendant « Break Stuff ».
Vingt-sept ans plus tard, la réaction du public était certes un peu plus calme — le chanteur Fred Durst a même invité les spectateurs à former un « X » avec leurs bras s’ils avaient besoin d’aide —, mais le concert a tout de même ravivé de vieilles émotions.
La barbe de Durst est désormais grise, mais son charisme demeure intact lorsqu’il rappe et hurle sur des succès étonnamment funky comme « Nookie », ainsi que sur sa reprise devenue incontournable de « Faith » de George Michael. Fidèle à ses habitudes, le guitariste Wes Borland est apparu dans une tenue extravagante, tout en livrant une performance aussi théâtrale que techniquement impressionnante.
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Il était réjouissant de voir autant de millénariaux et de membres de la génération X dans la foule, reprenant en chœur des hymnes générationnels comme « My Way » et « My Generation », tout en pogotant et en se laissant porter au-dessus du public.
C’est toutefois une admiratrice beaucoup plus jeune qui a volé la vedette ce soir-là : Dylane Lapointe, 19 ans. Habillée comme Fred Durst à l’époque, avec une casquette rouge des Yankees portée à l’envers, un short en jean et un bouc dessiné sur le menton, elle a été choisie parmi la foule pour l’accompagner sur « Full Nelson ».
La jeune femme s’est glissée dans le rôle à la perfection, échangeant les couplets avec lui avant de se joindre au chanteur pour hurler le refrain. « J’aime ton style », lui a lancé Durst. « Moi aussi », a-t-elle répliqué.
Après sa prestation, elle a été sollicitée par de nombreux médias québécois. Une vedette inattendue venait de naître.
Cypress Hill en pleine puissance rock
Fort de plus de 30 ans de carrière, Cypress Hill occupe une place incontournable dans l’histoire du hip-hop. On oublie toutefois parfois à quel point son influence dépasse largement les frontières du genre. En montant sur la scène principale avant Limp Bizkit, le groupe a rappelé toute l’étendue de son répertoire.
La liste de chansons était habilement construite, passant d’une époque à l’autre de sa carrière. Cypress Hill a ouvert avec des titres de rap percutants comme « How I Could Just Kill a Man » et « When the Shit Goes Down », avant de ralentir le rythme avec des morceaux plus planants comme « Hits From the Bong » et « Dr. Greenthumb ». Une ambiance parfaitement assortie à l’imposant crâne recouvert de feuilles de cannabis qui dominait la scène.
Le groupe a également interprété « Wacha Trucha », tiré de son prochain album en espagnol, Dios Bendiga. Le morceau rappelle la place importante qu’occupe Cypress Hill dans l’histoire du hip-hop latino, ainsi que son influence sur la nouvelle vague de musique latine.
Le moment le plus explosif du concert est toutefois survenu lorsque le groupe a puisé dans son répertoire rap-rock, justifiant pleinement sa présence à cette soirée consacrée au nu metal. Avec leurs guitares saturées et leur angoisse typique du début des années 2000, des titres comme « Can’t Get the Best of Me » et « (Rock) Superstar » ont contribué à ouvrir la voie à toute une génération de groupes mêlant rap et rock.
Rage Against the Machine avait d’ailleurs repris « How I Could Just Kill a Man » au début des années 2000. Au FEQ, Cypress Hill lui a rendu la pareille en proposant sa propre version de « Bombtrack ». Le groupe a finalement conclu sa prestation avec son incontournable « Insane in the Brain », suivi d’une reprise de son cousin spirituel, « Jump Around » de House of Pain.

bbno$ met le feu à la foule
bbno$ était la tête d’affiche de la deuxième scène le vendredi 10 juillet, devant une foule compacte venue voir le rappeur viral récemment apparu en couverture de Billboard Canada. L’artiste a expliqué avoir connu plusieurs retards en provenance de Vancouver avant d’arriver spécialement au FEQ, et il comptait bien rendre sa prestation mémorable.
Il n’a pas ménagé son énergie, sautant, dansant et multipliant les interactions avec le public. Le concert s’inscrivait dans sa tournée Internet Explorer, dont l’esthétique rétro numérique était omniprésente. La soirée s’est notamment ouverte sur un montage de vidéos TikTok dans lesquelles des internautes insultaient bbno$.
Le rappeur a aussi adapté son spectacle au public québécois. Il a offert un livre de recettes françaises, intégré plusieurs expressions locales à ses plaisanteries et même dansé sur des chansons traditionnelles francophones, ainsi que sur le célèbre jingle de la chaîne québécoise Barbie’s Resto Bar Grill.
Après le concert, bbno$ a rejoint son DJ Noche à Parking Radio pour jouer une version remixée de « Come to Brazil ».
The Lumineers livrent leur plus grand concert en tête d’affiche
Le groupe folk rock américain The Lumineers était la tête d’affiche de la scène principale le vendredi 10 juillet, en même temps que bbno$. Les spectateurs qui souhaitaient assister aux deux concerts ont néanmoins pu le faire, puisque le groupe a largement dépassé l’heure habituelle de fin des spectacles, fixée à 23 h.
The Lumineers semblait pleinement conscient du caractère exceptionnel de l’événement et a livré avec émotion ses grands succès, dont « Ho Hey » et « Ophelia ». À certains moments, le concert prenait des allures de grand spectacle de rock classique. Le groupe a notamment intégré « You Can’t Always Get What You Want » des Rolling Stones à l’un de ses morceaux et proposé un duo vocal dans un esprit rappelant The Band.
Contrairement à plusieurs artistes qui se produisent sur l’immense scène des plaines d’Abraham, The Lumineers disposait également d’une avancée lui permettant de s’enfoncer dans la foule. Les musiciens l’ont utilisée à plusieurs reprises afin de se rapprocher directement du public.
À la fin du concert, le chanteur Wesley Schultz a reconnu que les membres du groupe avaient eu du mal à contenir leur émotion. Il s’agissait, selon lui, de la plus grande foule devant laquelle The Lumineers avait joué en tête d’affiche. Leur reconnaissance était palpable.

Les Louanges rêvent des Plaines
Les Louanges figure cette année parmi les finalistes du Prix de musique Polaris pour son album Alouette!. Dans une entrevue accordée à Billboard Canada — dont la vidéo paraîtra prochainement —, Vincent Roberge a expliqué que cette nomination revêtait une importance particulière à ses yeux. Le prix récompense le meilleur album canadien de l’année, sans distinction de langue ou de genre musical.
Il suffit d’ailleurs de dépasser la barrière linguistique pour comprendre à quel point la musique des Louanges peut toucher un vaste public.
Roberge a grandi à Lévis, juste en face de Québec, et a fréquenté le FEQ dès son enfance. Il était donc particulièrement émouvant de voir la deuxième scène remplie à pleine capacité pour accueillir cet enfant de la région.
Sa prestation avait tout d’un véritable concert de vedette rock. Les fans reprenaient chaque parole des chansons d’Alouette!, un album riche en références québécoises et en réflexions subtiles sur l’identité nationale. Avec un mélange maîtrisé de yacht rock, de musique indépendante, de R&B et de soul, Les Louanges a offert un spectacle musicalement riche et porté par une forte présence scénique.
Roberge est revenu sur son histoire avec le festival et a confié rêver de se produire un jour sur l’immense scène principale des plaines d’Abraham. Devant l’enthousiasme de ses admirateurs, ce rêve semble désormais tout à fait accessible.
Les Louanges au FEQ 2026. Photo : FEQ.

Luis Fonsi rattrape le temps perdu
La superstar portoricaine Luis Fonsi devait se produire au Festival d’été de Québec en 2022, mais un violent orage avait forcé l’organisation à annuler son concert. Sachant à quel point le public québécois aime la musique latine, le chanteur avait très envie de revenir.
Fait étonnant, Fonsi s’est produit plusieurs fois au Québec au fil de sa carrière, mais jamais ailleurs au Canada.
Sur la scène principale du FEQ 2026, il a largement rattrapé le temps perdu. Le chanteur a parcouru l’ensemble de sa carrière, qui remonte à la grande vague de la musique latine de la fin des années 1990. Aussi à l’aise dans les ballades romantiques que dans les morceaux plus festifs, il a offert un spectacle passant de la pop à la salsa, en plus de reprendre l’immortel « I Wanna Dance With Somebody » de Whitney Houston.
C’est toutefois son propre classique qui a donné lieu à l’un des moments les plus fédérateurs du festival : « Despacito ».
Grâce à son remix avec Justin Bieber, la chanson était devenue en 2017 le premier titre principalement interprété en espagnol à atteindre le sommet du Billboard Canadian Hot 100. Elle avait aussi brièvement détenu le record du plus grand nombre de semaines passées au premier rang.
« Despacito » est précisément le genre de chanson conçu pour un festival de cette ampleur : un succès capable de réunir près de 70 000 personnes et de les faire chanter et danser à l’unisson
Testament déferle sur Québec
Chuck Billy, chanteur du légendaire groupe de thrash metal Testament, a confié à la foule de la deuxième scène qu’en découvrant la programmation éclectique du FEQ, il s’était demandé si des amateurs de metal seraient au rendez-vous.
Il a rapidement obtenu sa réponse. Devant un public arborant des t-shirts de Slayer, levant les cornes du diable et se déchaînant dans les pogos, Billy a compris qu’il n’avait aucune raison de s’inquiéter.
Le FEQ attire des amateurs de tous les genres musicaux, mais le metal occupe une place particulière dans le cœur du public québécois. Chaque fois qu’un grand nom du genre se présente, les fans répondent avec une énergie débordante.
Formé pendant l’âge d’or du thrash metal des années 1980, Testament a livré une prestation féroce, portée par des riffs puissants, des refrains rassembleurs et de nombreux solos de guitare harmonisés. La foule, complètement conquise, chantait et se déchaînait sur chaque morceau.
« J’adore voir à quel point le Québec aime le metal! », s’est exclamé Billy.

Michael Bublé partage un moment inoubliable avec Roxane Bruneau
Michael Bublé est un fier Canadien, mais il n’a pas souvent l’occasion de présenter des concerts d’une telle ampleur dans son propre pays. Pour sa prestation en tête d’affiche sur la scène principale, le dimanche 12 juillet, il avait donc amené toute sa famille à Québec.
Le chanteur s’est dit particulièrement heureux de pouvoir leur montrer l’immensité des plaines d’Abraham et leur dire : « Ça, c’est le Canada! »
Devant un public multigénérationnel, Bublé a interprété une série de standards de jazz, ainsi que quelques morceaux aux accents country — mais toujours dans l’esprit de Ray Charles ou de Willie Nelson revisitant le jazz.
Il a aussi laissé son trompettiste Jumaane Smith occuper le devant de la scène pendant une chanson, tandis qu’il rejoignait le reste de la section de cuivres pour exécuter leurs chorégraphies. Bublé a ensuite demandé au public d’offrir une ovation encore plus chaleureuse à Smith, un artiste accompli à part entière, avant de féliciter la foule tout en lui demandant de ne pas applaudir plus fort que pour lui.
« Je suis un vrai cabotin », a-t-il plaisanté.
Plus tard dans la soirée, Bublé a invité la chanteuse québécoise Roxane Bruneau à le rejoindre pour interpréter une version bilingue de son grand succès « Home », qui s’était également illustré dans les palmarès radio de Billboard Canada.
Après leur duo, Bublé n’a pas caché son enthousiasme, décrivant la présence de Roxane Bruneau sur scène comme l’un des moments les plus mémorables de sa soirée.
















