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Une étude de l’Université de l’Alberta révèle que 87 % des musiciens canadiens ont une opinion négative de l’IA générative

Une université de l'Ouest canadien a mené une enquête auprès de 263 musiciens canadiens afin de recueillir leurs impressions sur la montée en puissance fulgurante de l'IA et l'utilisation des services de streaming comme outil artistique.

Une étude de l’Université de l’Alberta révèle que 87 % des musiciens canadiens ont une opinion négative de l’IA générative
Photo prise par Erwi sur Unsplash

Une nouvelle étude menée par l’Université de l’Alberta s’est penchée sur l’expérience de 263 musiciens canadiens en activité au sein d’une industrie musicale en constante transformation. Si les participants ont évoqué les nombreuses avancées technologiques qui bouleversent le secteur, notamment l’intelligence artificielle générative, leur perception de ces changements est largement teintée de pessimisme.

Parmi les 142 répondants ayant abordé l’essor rapide de l’IA, 87 % en ont fait une évaluation négative. Plusieurs affirment éviter volontairement ces outils dans leur pratique musicale, certains estimant qu’ils dévalorisent le travail et le savoir-faire humains. À mesure que l’IA prend de l’ampleur dans l’industrie, les musiciens disent également avoir de plus en plus de difficulté à attirer de nouveaux auditeurs et à tirer un revenu décent de leur travail.


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Au-delà des préoccupations éthiques liées à l’utilisation de l’IA — que l’étude associe notamment à « la perte du talent artistique humain » — les participants évoquent le vol de droits d’auteur, les répercussions environnementales et la « crainte que les morceaux générés par l’IA n’étouffent la musique authentique, menaçant potentiellement leurs moyens de subsistance ».

L’utilisation de l’IA dans la musique est devenue l’un des sujets les plus débattus au sein de la communauté musicale canadienne. Ces derniers mois, l’utilisation non autorisée de l’image et de la voix d’artistes pour créer de la musique générée par IA s’est notamment multipliée. La chanteuse canadienne Alessia Cara a déclaré avoir été « un peu effrayée » après qu’une chanson générée par IA reprenant sa voix présumée a circulé en ligne. De son côté, The Atlantic a rapporté que des artistes comme Drake et The Weeknd figuraient, entre autres, dans « quatre vastes ensembles de données de chansons » partagés au sein de la communauté qui développe des technologies musicales basées sur l’IA.

Cette réalité commence même à se refléter dans les palmarès. « I Run », un titre EDM devenu viral, a fait son entrée au Billboard Canadian Hot 100. Lancé par le duo électro HAVEN, le morceau a suscité la controverse après qu’il a été révélé que le groupe avait utilisé l’outil d’IA Suno pour créer la voix féminine non créditée du titre, qui rappelait celle de Jorja Smith, avant de faire appel à la chanteuse TikTok Kaitlin Aragon. C’est cette version qui s’est retrouvée dans les palmarès. Aux États-Unis, « Rubberz », un titre aux sonorités des années 1980 du rappeur Fenix Flexin, a également fait son entrée au Billboard Hot 100. Après avoir d’abord nié avoir utilisé l’IA, l’artiste a finalement reconnu y avoir eu recours pour la chanson.

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Cette semaine, Billboard Canada s’est joint à Billboard pour réaffirmer son engagement envers la transparence dans ses palmarès et son contenu éditorial lorsqu’il est question d’intelligence artificielle dans la musique.

Dans l’industrie musicale canadienne, certains acteurs abordent toutefois l’IA avec davantage d’optimisme, cherchant surtout à établir un cadre qui permettrait de protéger les créateurs humains, de les rémunérer et de leur accorder le crédit qui leur revient. L’an dernier, trois grandes sociétés nord-américaines de gestion des droits musicaux, dont la SOCAN, ont annoncé qu’elles accepteraient l’enregistrement de musique partiellement générée par l’IA, tout en soulignant la nécessité de renforcer les lois sur le droit d’auteur afin de lutter contre l’utilisation non autorisée de musique protégée au Canada. Elles ont également appelé le gouvernement fédéral à « adopter des lois efficaces sur la transparence des données ».

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Le mois dernier, la SOCAN s’est associée à Musical AI afin de proposer un service de « gestion du consentement et d’attribution » destiné à la musique générative créée par IA. Sa PDG, Jennifer Brown, estime que cette collaboration contribuera à établir « une base pour l’attribution et la rémunération, afin de garantir que les créateurs de musique soient payés lorsque leur musique est utilisée par l’IA ».

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Margaret McGuffin, directrice générale de Music Publishers Canada, a reçu le prix Impact de l’année lors de l’événement Billboard Canada Power Players pour son travail sur ces enjeux. Récemment, l’organisme a déposé une requête auprès de la Cour fédérale afin d’intervenir dans l’une des premières affaires judiciaires au Canada portant sur le rôle de l’IA générative dans le droit d’auteur. L’issue de cette procédure pourrait contribuer à déterminer comment le gouvernement fédéral établira si une œuvre musicale créée avec l’aide de l’IA peut bénéficier de la protection du droit d’auteur, tout en créant un précédent quant à la reconnaissance de la paternité d’une telle œuvre.

Parallèlement, la musique générée par IA gagne du terrain sur les réseaux sociaux comme TikTok et les plateformes de diffusion en continu telles que Spotify et Apple Music. L’étude de l’Université de l’Alberta décrit pourtant le rapport des artistes à ces outils comme « forcé et ambivalent ».

À l’ère du numérique, ces plateformes sont largement perçues comme une nécessité pour réussir. Les participants déplorent toutefois leurs faibles rémunérations et leurs algorithmes opaques, qui peuvent prendre le pas sur la découverte musicale organique. Plusieurs estiment que l’industrie accorde une importance excessive aux statistiques de Spotify pour évaluer la carrière des musiciens. Beaucoup aimeraient se retirer de ces plateformes, mais ne voient aucune véritable solution de rechange.

« Les musiciens ont ressenti le passage au streaming il y a une dizaine d’années et ne s’en sont pas remis ni n’en ont constaté les avantages », explique Brian Fauteux, chercheur principal de l’étude. Selon lui, les artistes doivent désormais composer avec « cette autre variable, l’IA, qui provient du monde des grandes entreprises technologiques, de personnes qui ne semblent pas s’intéresser à la musique en tant qu’art ou artisanat ».

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Certains artistes ont néanmoins choisi de retirer leur musique des plateformes de diffusion en continu. Durant une grande partie de l’année dernière, des artistes comme Chad VanGaalen, Sunnsetter, Deerhoof, Godspeed You! Black Emperor et Sarah Harmer ont retiré leurs discographies de Spotify après la révélation de l’investissement de son PDG Daniel Ek dans une entreprise d’armement reposant sur l’intelligence artificielle. Ek a depuis quitté ses fonctions de PDG, mais demeure au sein de l’entreprise.

D’autres artistes canadiens ont été confrontés à un problème plus directement lié à l’IA : de la musique générée artificiellement a été ajoutée à leur profil Spotify sans leur consentement. En juillet dernier, l’auteur-compositeur-interprète Leith Ross a ainsi vu huit chansons générées par IA apparaître sur son profil Spotify. L’icône canadienne Anne Murray a vécu une situation similaire au début de l’année, lorsque quatre chansons interprétées par une voix sensiblement différente sont apparues sur la page de cette légende de la musique canadienne.

Pour Fauteux, cette méfiance envers les nouvelles technologies s’inscrit toutefois dans une histoire beaucoup plus ancienne.

« Ce n’est pas un phénomène nouveau qui provoque la colère des gens », explique-t-il. « Ces problèmes remontent à l’époque des maisons de disques et de l’exploitation, où l’on entend de nombreux témoignages de musiciens mal payés ou dont les droits ont été bafoués. »

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Three Days Grace
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Prolongation de trois jours

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Après 11 semaines, les titans du rock ontarien reprennent la tête du palmarès avec « Don’t Wanna Go Home Tonight », leur quatrième titre tiré de leur album de 2025 à atteindre la première place. Parallèlement, « Follow » de Finn Wolfhard fait son entrée au palmarès radio rock moderne.

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