L’ascension fulgurante d’Angine de Poitrine : dans les coulisses d’une percée internationale sans précédent
En moins de six mois, ces deux extraterrestres originaires du Saguenay, au Québec, sont devenus l’un des groupes les plus en vue du moment, cumulant des millions d’écoutes en continu et se produisant devant des centaines de milliers de personnes — le tout sans jamais compromettre leur vision singulière. Dans ce nouveau numéro de Billboard Canada, nous retraçons les coulisses de leur ascension fulgurante et explorons ce que l’avenir réserve à Angine de Poitrine.

Angine de Poitrine photographiée par Gabriel Di Sante lors de l'événement Billboard Canada Power Players à Toronto en juin 2026.
Dans une salle réunissant certains des dirigeants les plus influents de l’industrie musicale, les personnalités que tout le monde cherche à rencontrer ne sont pas tout à fait humaines.
Angine de Poitrine — deux figures devenues emblématiques de la scène rock du Saguenay, au Québec, âgées de 333 ans selon la version officielle — vient d’être désigné lauréat surprise du prix Révélation mondiale lors des Billboard Canada Power Players 2026, présentés en juin dans le cadre du NXNE. Autour des tables, les dirigeants des plus grandes maisons de disques, plateformes d’écoute en continu et entreprises de spectacles échangent à voix basse, se penchent pour apercevoir le duo et tentent d’anticiper sa réaction.
Vêtus de leurs costumes à pois désormais emblématiques, Klek de Poitrine et Khn de Poitrine montent sur la scène du Rebel pour recevoir leur prix des mains de Meg Symsyk, présidente et directrice générale de FACTOR. Ils s’immobilisent quelques secondes devant le micro, tandis que la salle se demande si le groupe — toujours masqué, costumé, anonyme et presque entièrement silencieux — prononcera enfin quelques mots.
Puis, sans prévenir, Khn de Poitrine lève les mains et forme le symbole du triangle, emblème du groupe. Une pluie de confettis explose aussitôt au-dessus de la scène.
Comme pour presque tout ce qu’Angine de Poitrine a accompli au cours des cinq derniers mois, il ne faudra que quelques heures pour que la séquence devienne virale.
Il s’agit du premier prix remporté par Angine de Poitrine à l’extérieur du Québec — et il est facile de comprendre pourquoi. Depuis le début de 2026, aucun groupe n’a connu une ascension aussi fulgurante. Le duo cumule des millions d’écoutes en continu, reçoit les éloges d’icônes comme Jack White et Shania Twain — nous y reviendrons —, remplit ses concerts en quelques secondes et a même attiré près de 100 000 personnes au Festival international de jazz de Montréal, établissant la plus importante affluence de l’événement depuis le passage de Stevie Wonder en 2009.
En observant la foule, le gérant du groupe, Sébastien Collin, est resté stupéfait — autant par le nombre de spectateurs que par le fait qu’ils soient venus précisément pour voir Angine de Poitrine.
Le math rock instrumental microtonal n’est pas exactement le genre musical que l’on associe spontanément aux rassemblements de masse. Pourtant, Angine de Poitrine a démontré qu’il existe bel et bien un public pour une musique audacieuse, virtuose et profondément singulière. Entre les pédales de boucle, la guitare-basse à double manche et la maîtrise technique des deux musiciens, leur spectacle est autant un tour de force visuel qu’une expérience sonore.
« En coulisses, j’étais tellement heureux de voir autant de gens apprécier une musique complexe et des riffs rock aussi puissants », raconte Collin à Billboard Canada. « Il y avait des personnes de tous les âges. Le public ne pouvait pas être uniquement composé d’amateurs de ce genre de musique : il était beaucoup plus diversifié. Ça montre qu’il existe peut-être une plus grande ouverture envers les bonnes idées et la bonne musique. »
À l’image du groupe, Collin est lui-même devenu une célébrité improbable au cours des cinq derniers mois. Lorsqu’il traverse une salle, il n’est pas rare d’entendre des gens scander « Seeee-bast-tiennnn », l’un des rares mots de « Fabienk », titre tiré de Vol. II, l’album paru en 2026 qui a propulsé Angine de Poitrine auprès d’un public beaucoup plus large.
À la tête de Spectacles Bonzaï, une entreprise de gestion d’artistes, de production de concerts et de production musicale, Collin travaille sans relâche au sein de la scène rock indépendante québécoise depuis une quinzaine d’années. Angine de Poitrine a toutefois fait basculer sa carrière dans une tout autre dimension.
Depuis 2012, il produit Ligue Rock, un spectacle rock itinérant qui l’a notamment mis en contact avec le Quebec Redneck Bluegrass Project, autre formation originaire du Saguenay, alors établie en Chine. Année après année, Collin a aidé le groupe à accéder à des scènes de plus en plus importantes, en misant avant tout sur le spectacle vivant. Il affirme avoir organisé une centaine de concerts pour la formation en seulement 15 mois, avant de bâtir son label autour d’elle.
D’une certaine manière, cette expérience a servi de modèle pour le développement d’Angine de Poitrine : avancer une étape à la fois, fidéliser les admirateurs les plus passionnés et, surtout, ne jamais faire de compromis.
« Je suis exigeant et j’adore travailler avec les meilleurs musiciens possible », explique Collin. « Plus ils sont créatifs, moins ils acceptent de faire des compromis dans leur musique. »

Collin connaissait les membres d’Angine de Poitrine depuis plusieurs années, grâce à leur présence dans le milieu rock québécois. Soucieux de préserver le mystère entourant le groupe, il refuse de préciser le moment exact de leur rencontre, mais il était déjà présent à leurs débuts. Avant la pandémie, il avait assisté à leurs premiers concerts de rodage et rapidement compris qu’avec une véritable structure de production de spectacles, leur musique pouvait rayonner partout au Québec. Il est ainsi devenu leur gérant.
À l’époque, leur ambition restait essentiellement provinciale. Le plan était de parcourir le Québec et, à chaque retour dans une ville, de jouer devant un public un peu plus nombreux. Tout au long de 2025, Angine de Poitrine s’est développé selon cette logique typique des groupes indépendants : multiplier les concerts, gagner les spectateurs un à un et bâtir une communauté fidèle.
La progression était encore graduelle, mais l’étincelle précédant l’explosion était déjà perceptible.
Lors de POP Montréal, en août dernier, le duo s’est produit sur le toit de l’immeuble d’Ubisoft, à Montréal, devant une foule composée de fans et de professionnels de l’industrie. Parmi eux se trouvait notamment le programmateur des populaires séances de musique en direct de KEXP, la station de radio indépendante de Seattle.
L’intérêt continuait de grandir lorsque le groupe a été sélectionné pour participer à la programmation officielle de M pour Montréal, présentée en partenariat avec Billboard Canada, en novembre. Une foule de fans et de membres de l’industrie s’est réunie à l’Ausgang Plaza pour assister à son concert avec Patche.
Selon le festival, cette prestation a ensuite mené à la signature de deux ententes internationales avec des agences de spectacles. Angine de Poitrine a également participé cette année à la vitrine de M pour Montréal, soutenue par FACTOR, au festival The Great Escape, au Royaume-Uni.
« Angine de Poitrine incarne parfaitement l’esprit de M pour Montréal : la capacité de transformer un succès local en occasions internationales », expliquent Mikey Rishwain Bernard, directeur artistique et programmateur musical du festival, et Lori Éthier, responsable des alliances stratégiques internationales, dans une déclaration conjointe transmise à Billboard Canada. « Cette prestation a permis au groupe d’aborder 2026 avec de nouveaux agents de spectacles internationaux et des relations clés dans l’industrie. »
À la fin de l’année, lors du festival des Trans Musicales, en France, le groupe a repris contact avec KEXP afin d’enregistrer une séance en direct. La vidéo ne serait publiée sur YouTube que deux mois plus tard.
Collin et les musiciens savaient que leur performance pouvait captiver les passionnés de rock et les amateurs de musique alternative. Personne, toutefois, n’aurait pu anticiper l’ampleur du phénomène provoqué par sa diffusion en février 2026.
« Une percée mondiale, ça ne se planifie pas », affirme Collin.
La vidéo est devenue virale presque immédiatement. Jusque-là largement inconnu à l’extérieur du Québec, le groupe a cumulé des millions de visionnements en quelques semaines. Au moment d’écrire ces lignes, la séance de KEXP avait été regardée plus de 17 millions de fois sur YouTube.
« La diffusion de la séance KEXP et son succès viral ont été le véritable déclic », raconte Collin. « On s’est regardés et on s’est dit : “OK, il se passe quelque chose.” »
Dès la mise en ligne de la vidéo, sa boîte de réception a explosé. Du jour au lendemain, des salles de spectacle, des festivals, des fabricants de produits dérivés et des admirateurs du monde entier ont commencé à le contacter.
Or, la sortie de Vol. II était déjà prévue pour avril, à peine deux mois plus tard. Angine de Poitrine devait donc agir rapidement. Face à cette attention soudaine, une question s’imposait : comment transformer un moment viral en une véritable carrière internationale sans perdre ce qui rendait le groupe si singulier?

« Nous devions évoluer de manière logique, sans submerger le groupe ni prendre trop de décisions dans la précipitation », explique Collin.
Autour d’Angine de Poitrine, tout un écosystème devait soudainement être construit. Il fallait trouver les bons partenaires pour presser et distribuer les vinyles, fabriquer les guitares sur mesure de Khn de Poitrine, concevoir les produits dérivés et les affiches propres à chaque concert, organiser des spectacles partout dans le monde, conclure une entente d’édition et déterminer les prochaines étapes — le tout à une échelle bien plus importante que ce que le groupe, son équipe ou même la majorité des acteurs de l’industrie auraient pu anticiper.
La décision la plus déterminante concernait la sortie de l’album : Angine de Poitrine devait-il signer avec une maison de disques?
Tout le monde voulait signer le groupe. Et ce n’est pas une exagération.
« Je peux vous dire que toutes les grandes maisons de disques et la plupart des grands labels indépendants nous ont contactés. Les plus petits aussi. C’était la folie! », raconte Collin en riant. « J’avais une dizaine de rencontres par semaine, uniquement avec des maisons de disques. C’était assez amusant de les entendre dire qu’elles suivaient Angine de Poitrine depuis longtemps, alors qu’en réalité, plusieurs les avaient découverts deux jours plus tôt. »
Collin compare cette période à une séance de rencontres express, avec la pression supplémentaire de devoir se marier à la fin. Le temps pressait et une décision devait être prise. Finalement, Angine de Poitrine a choisi de rester célibataire — ou plutôt, indépendant.
« Nous devions parler à toutes les maisons de disques pour finalement n’en choisir aucune », résume-t-il.
Le groupe n’exclut pas la possibilité de signer un jour, mais préfère pour l’instant poursuivre sur sa lancée et découvrir jusqu’où il peut aller par ses propres moyens. Cette indépendance lui permet de conserver le contrôle de sa carrière, tout en s’associant ponctuellement aux partenaires dont il a besoin ou en les intégrant directement à son équipe.
Pour la sortie de Vol. II, Angine de Poitrine a ainsi établi ses propres ententes de distribution. Lors de la sortie physique élargie de l’album en juin, plusieurs disquaires américains ont même ouvert leurs portes à minuit pour vendre le vinyle. Le groupe a également conclu une entente d’édition avec la société montréalaise Third Side Music, confié la gestion de ses spectacles à l’agence Feldman et continué d’agrandir l’équipe de Spectacles Bonzaï.
« Je préfère embaucher autant de personnes que nécessaire et confier ces emplois à des gens d’ici », affirme Collin. « L’argent reste au Canada, ou au Québec. »
Une grande partie de son travail consiste désormais à dire non. Cela signifie notamment refuser des propositions de grandes salles et de stades où Angine de Poitrine pourrait assurer la première partie de vedettes du rock, afin de privilégier ses propres concerts en tête d’affiche.
« Qu’est-ce qu’on préfère? », demande Collin. « Jouer devant 50 000 personnes qui ne sont pas venues pour nous voir, en espérant les convaincre avec une première partie de 30 minutes, ou inviter 2 000 personnes à assister à un véritable spectacle d’Angine de Poitrine? »
Le groupe a choisi la deuxième option : une progression plus mesurée, qui lui permet de présenter son spectacle complet tout en maintenant des prix de billets accessibles.
« C’est plus respectueux envers les premiers fans », souligne Collin.
Cette volonté de faire les choses à sa manière n’a pas freiné l’élan d’Angine de Poitrine. Elle semble, au contraire, l’avoir amplifié.
En juin, quelques semaines seulement après avoir reçu son prix aux Billboard Canada Power Players et une semaine avant son concert record au Festival international de jazz de Montréal, le duo a connu un deuxième moment viral majeur à l’écran grâce à sa participation à Later… with Jools Holland, l’émission musicale britannique diffusée par la BBC depuis plus de trois décennies.
Une fois encore, Angine de Poitrine a captivé des millions de spectateurs avec sa performance aussi virtuose que fantaisiste. Cette fois, toutefois, le groupe partageait l’émission avec une autre icône canadienne : Shania Twain.
La chanteuse est devenue son interlocutrice inattendue lors d’une entrevue précédant le spectacle. Plus tard, les caméras l’ont filmée visiblement fascinée par la prestation, souriant et hochant la tête tandis que Khn actionnait sa pédale de boucle avec son pied recouvert de pois.
Interrogée sur ce moment lors d’une entrevue accordée à Billboard Canada à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Little Miss Twain, Shania Twain s’illumine immédiatement.
« Angine de Poitrine! Je les adore », s’exclame-t-elle. « D’abord, ce sont des musiciens extraordinaires. Des musiciens absolument renversants… C’est un duo qui se donne entièrement. Leur musique est très intellectuelle, mais ils prennent aussi un plaisir fou à jouer. Ils réussissent à nous divertir de mille façons. »
« Ce sont des personnes formidables », poursuit-elle. « C’était un vrai plaisir de les rencontrer. Ils m’ont inspirée et j’étais vraiment très fière d’eux. Nous étions là, comme artistes canadiens, à participer ensemble à cette émission incroyable et historique. »
Un tel soutien représente un atout considérable pour leur notoriété grandissante. Mais là où certains groupes auraient annulé leurs engagements précédents afin de profiter pleinement de cet élan médiatique, Angine de Poitrine a plutôt choisi de multiplier les concerts. Son ascension fulgurante se joue autant sur scène qu’en ligne.
La semaine dernière en offre un exemple particulièrement frappant.
Le duo a fait ses débuts très attendus à Toronto en première partie de Jack White à l’amphithéâtre RBC, le mardi 15 juillet, avant de se rendre directement au Mod Club pour y présenter son propre concert à guichets fermés. Survolté, bondé et captivant dès les premières notes, le spectacle a contribué à alimenter l’engouement entourant le groupe tout au long de la semaine.
Angine de Poitrine est ensuite revenu au Mod Club pour deux autres représentations, s’est produit sur la scène principale du Bluesfest d’Ottawa et a ajouté à la dernière minute un concert surprise au FIFA Fan Festival de Toronto, le dimanche 19 juillet. Le soir même, le duo s’est rendu à Guelph, en Ontario, pour offrir une prestation en tête d’affiche au festival Hillside.
Au total : sept concerts en moins d’une semaine.
« Ils en sont rendus à un point où ils ne savent même pas combien de concerts consécutifs ils sont capables de donner, simplement parce qu’ils n’ont encore jamais été poussés aussi loin », confiait leur agent de spectacles, Steven Himmelfarb, à Billboard Canada en avril. « En ce moment, tout semble possible. »
Collin sait que des concerts d’Angine de Poitrine d’une ampleur encore plus considérable se profilent à l’horizon. Le groupe préfère toutefois attendre que le moment soit juste avant de se lancer dans de grandes salles. À plusieurs égards, son passage au Festival international de jazz de Montréal constituait un test grandeur nature — un test qu’il a réussi haut la main.
« Maintenant, nous savons qu’ils sont capables de jouer devant un public aussi nombreux, qu’ils ont le niveau et que toute notre équipe peut relever ce défi », affirme-t-il. « Il ne s’agit pas seulement de la musique. Il y a aussi les techniciens, la direction de tournée, la vidéo, les éclairages, le son et toute l’équipe de production. Sommes-nous capables de présenter un spectacle devant 100 000 personnes? La réponse est oui. Désormais, nous avons la conviction qu’il n’y a aucune limite. »
Angine de Poitrine fait déjà partie des grands favoris pour le Prix de musique Polaris et figure en bonne position dans plusieurs palmarès Billboard — le tout sans l’appui d’une grande maison de disques.
Avant d’envisager la signature d’un contrat, le groupe souhaite découvrir jusqu’où il peut aller de manière indépendante. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra déterminer si les ressources supplémentaires d’une maison de disques justifieraient de céder une partie de son autonomie et de son pouvoir décisionnel.
« Nous pourrons alors mesurer ce que nous sommes capables d’accomplir seuls et connaître la véritable valeur de ce que nous avons construit », explique Collin. « Et si, plus tard, nous décidons de signer avec une maison de disques, nous pourrons lui dire : “Bonjour, nous avons réussi tout ça par nous-mêmes. Qu’est-ce que vous pouvez nous offrir de mieux?” »
Le lendemain de la cérémonie des Billboard Canada Power Players, Collin reçoit le prix du gérant émergent lors de l’événement Billboard Canada Managers to Watch. Sur scène, il prononce un discours passionné sur le potentiel d’Angine de Poitrine à créer un pont entre le Québec et le reste du Canada.
« Il y a énormément de groupes formidables au Québec », lance-t-il devant le public torontois. « Ils ont simplement besoin d’être découverts. Le succès d’Angine de Poitrine prouve qu’il n’existe pas de recette miracle. On n’a pas à choisir entre créer une musique sans compromis et connaître une renommée internationale. On peut faire les deux. »
À peine descendu de scène, Collin est entouré de figures influentes du milieu venues le rencontrer et le féliciter. Il est fier d’Angine de Poitrine, du chemin parcouru par le groupe et du rôle qu’il a joué dans cette réussite. Mais il perçoit également, chez les autres professionnels présents, une énergie et une fierté qui dépassent largement son équipe.
C’est le sentiment d’assister à une victoire collective — la preuve que les seules limites à ce que peut accomplir une petite équipe indépendante sont peut-être celles qu’elle s’impose elle-même.
« Même si ce n’est pas directement leur succès, c’est une réussite pour toute l’industrie », affirme-t-il, avant de s’interrompre pour se reprendre. « En réalité, c’est une réussite pour la musique. Et l’industrie est remplie de passionnés de musique. »
Pour Collin, la percée d’Angine de Poitrine démontre qu’un groupe peut atteindre un public international sans diluer son identité, sans renoncer à son autonomie et sans suivre le parcours traditionnel imposé par l’industrie.
« Nous avons prouvé qu’un groupe pouvait connaître une percée comme celle-ci sans faire de compromis, et qu’une petite équipe indépendante, passionnée et déterminée pouvait y arriver », conclut-il. « Ça donne de l’espoir aux gens. »























