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Spotify augmente ses tarifs au Canada tout en contestant la « taxe sur le streaming »

L'augmentation au Canada fait suite à l'entrée en vigueur de la loi sur la diffusion en ligne, qui oblige les entreprises comme Spotify à verser 5 % de leurs revenus à des fonds pour le contenu canadien.

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Photo de Thibault Penin sur Unsplash

Selon certaines informations, Spotify augmenterait les prix pour ses abonnés au Canada.

Cette décision survient dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la diffusion en ligne, qui prévoit que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) exige des principaux diffuseurs étrangers – ceux dont les revenus sont supérieurs à 25 millions de dollars – le versement de 5 % de leurs revenus à titre de contribution de base à des fonds destinés à financer le contenu canadien.


L'augmentation des prix intervient également alors que le géant de la diffusion en continu augmente ses coûts sur les marchés étrangers. En juillet, Spotify a augmenté ses tarifs aux États-Unis de 11 à 12 dollars par mois pour les particuliers. Cette augmentation fait suite à une précédente hausse en 2023, qui concernait à la fois les États-Unis et le Canada, et constituait la première augmentation de prix de l'application depuis 2011.

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Dans une déclaration à Billboard Canada , un porte-parole de Spotify n'a pas explicitement lié l'augmentation à la «taxe sur le streaming», mais a indiqué que l'entreprise faisait partie d'une contestation judiciaire contre le CRTC. Spotify a rejoint Amazon et Apple qui ont déposé des contestations judiciaires contre le CRTC cet été, à la suite de l'annonce de la réglementation en juin.

« Comme nous continuons à innover et à investir pour offrir à nos auditeurs des services d'une valeur inégalée, nous mettons occasionnellement nos prix à jour », explique un porte-parole de Spotify à Billboard Canada. « Nous pouvons également ajuster nos prix pour refléter les facteurs macroéconomiques locaux et répondre aux demandes du marché tout en offrant un service inégalé. Nous avons, avec un certain nombre de tiers, déposé un recours en justice contre la taxe sur le streaming du CRTC au Canada, et nous ne ferons donc pas d'autres commentaires publics pour le moment. »

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La loi sur le streaming en ligne a été mise en œuvre cette année après de vastes consultations menées à l'automne dernier. Les contributions de base des principaux diffuseurs devraient générer 200 millions de dollars de fonds pour le contenu canadien, les contributions étant dirigées vers des « domaines où les besoins sont immédiats », notamment les organismes de financement FACTOR et Musicaction, ainsi que le Bureau de la musique autochtone.

Les détenteurs de droits musicaux ont demandé une augmentation des prix du streaming, qui ne correspondent pas à l'inflation de ces dix dernières années. Spotify a réévalué ses prix et ses modèles de redevances en investissant dans les livres audio, en apportant des modifications à son partage des revenus, ce qui a permis de démonétiser les chansons recevant moins de 1 000 écoutes par an.

L'entreprise a également ajusté sa présence au Canada, en licenciant Nathan Wiszniak, responsable des partenariats avec les artistes et les maisons de disques chez Spotify Canada, lors d'une série de suppressions d'emplois en décembre dernier. L'entreprise a depuis embauché Elizabeth Phipps au poste de responsable des partenariats avec les maisons de disques au Canada.

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Lors des consultations sur la Loi sur la diffusion en continu en ligne l'automne dernier, Olivia Regnier de Spotify a témoigné devant le gouvernement suggérant que la compagnie pourrait apporter des changements à son fonctionnement au Canada si elle était contrainte de payer.

« Si l'on nous demande de faire des contributions importantes, indépendamment de nos investissements existants, Spotify devra prendre des décisions financières pour gérer durablement son activité », a déclaré Mme Regnier. « Des coûts supplémentaires pourraient nous obliger à réduire nos dépenses, y compris nos ressources pour les programmes éditoriaux, de partenariat et de promotion au Canada, à réduire les ressources actuellement reversées à l'écosystème musical ou à augmenter les prix pour les consommateurs canadiens », a-t-elle poursuivi.

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Lorsque la décision a été annoncée en juin, des organisations comme la Motion Picture Association - Canada, qui représente des plateformes comme Netflix et Disney +, ont exprimé leur consternation.

D'autres, comme l'Association canadienne de la musique indépendante (CIMA), ont salué l'annonce. « Alors que nous envisageons l'avenir de la musique au Canada, cette décision jette les bases d'un partenariat dynamique avec les plateformes numériques, qui permettra aux talents canadiens de s'épanouir tant au niveau national qu'international », a déclaré Andrew Cash, président de la CIMA.

Spotify compte plus de 600 millions d'utilisateurs et a réalisé un chiffre d'affaires mondial de 3,6 milliards d'euros au premier trimestre de cette année.

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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante
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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante

L’homme derrière certains des labels indépendants les plus prospères du Canada revient sur le succès tardif de Patrick Watson, aujourd’hui détenteur de records de streaming francophone. Il explique également pourquoi il privilégie des relations à long terme avec les artistes et souligne l’importance de la collaboration au sein du secteur indépendant.

Justin West est aujourd’hui l’un des visages les plus influents de la musique indépendante canadienne, même si rien ne le prédestinait à ce rôle. Lorsqu’il fonde Secret City Records à Montréal, au milieu des années 2000, ce n’est pas par ambition entrepreneuriale, mais par nécessité. Il venait de rencontrer un artiste qu’il admirait profondément et avec qui il souhaitait bâtir quelque chose de durable. Pour que cette collaboration voie le jour, il fallait un label. Cet artiste, c’était Patrick Watson. Vingt ans plus tard, les deux noms sont indissociables, et leur succès dépasse largement les frontières du pays.

Lauréat à plusieurs reprises du prix Billboard Canada Power Player, West dirige aujourd’hui l’un des labels indépendants les plus respectés au pays. Il défend aussi les intérêts du secteur au sein de nombreux conseils d’administration, tant au Canada qu’à l’international. Lorsqu’on le rencontre pour ce portrait, il revient tout juste du Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture à Banff, où il a joué un rôle clé dans les discussions entourant la Loi sur la diffusion en ligne et les négociations collectives avec les plateformes numériques.

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