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Rufus Wainwright revisite les paroles de « Ô Canada » lors du 5e match des Séries mondiales

L’artiste a chanté « le véritable amour patriotique que nous seuls maîtrisons », suivant ainsi l’exemple de Chantal Kreviazuk, qui avait elle aussi modifié des paroles en avril pour protester contre le président américain Donald Trump.

Rufus Wainwright

Rufus Wainwright

Miranda Turin

Rufus Wainwright est le plus récent artiste à revisiter les paroles de « Ô Canada ».

Hier (29 octobre), lors du cinquième match de la Série mondiale entre les Blue Jays de Toronto et les Dodgers de Los Angeles, l’auteur-compositeur-interprète montréalais a livré une version bilingue de l’hymne national au Dodger Stadium.


Plutôt que de chanter la ligne habituelle, « le véritable amour patriotique commande en chacun de nous », Wainwright a opté pour : « le véritable amour patriotique que nous seuls commandons ».

Une modification perçue comme un geste de protestation à l’égard du président américain Donald Trump, qui a récemment menacé d’annexer le Canada pour en faire le « 51e État ».

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Ce n’est pas la première fois qu’un artiste canadien modifie l’hymne pour envoyer un message politique. Il s’agit du même changement de paroles qu’avait opéré Chantal Kreviazuk en février, au pic des tensions tarifaires, lors de sa prestation au match final de la confrontation des 4 Nations à Boston.

Après sa performance, Kreviazuk avait publié — puis supprimé — un message sur Instagram confirmant que le geste était intentionnel, précisant avoir écrit les paroles sur sa main pour ne pas les oublier. « Je crois sincèrement que nous devons nous lever, faire entendre notre voix et nous protéger », écrivait-elle alors. « Nous devons exprimer notre indignation face à tout abus de pouvoir. »

D'autres artistes ont également utilisé l'hymne comme outil de protestation face aux propos de Donald Trump. Le chanteur country Dallas Smith parcourt actuellement le pays pour une tournée de 51 dates — un clin d’œil appuyé aux déclarations du président sur le « 51e État ».

Deux jours avant Wainwright, JP Saxe avait lui aussi ajusté une ligne de l’hymne au Dodger Stadium lors du troisième match, remplaçant « Notre foyer et notre terre natale » par « Notre foyer sur la terre natale ». L’auteur-compositeur torontois, aujourd’hui installé à Los Angeles, a récemment fait parler de lui après l’annulation de sa tournée à cause de ventes de billets trop faibles.

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Il s’inscrit dans la lignée de Jully Black, qui avait transformé un seul mot de « Ô Canada » lors du match des étoiles de la NBA en 2023 — un geste qui lui avait valu d'être honorée par l’Assemblée des Premières Nations.

Wainwright et Saxe s’ajoutent à la liste grandissante d’artistes canadiens ayant interprété l’hymne national durant ces Séries mondiales, après Alessia Cara (match 2) et Deborah Cox (match 4).

Grâce à leur victoire 6-1 hier, les Blue Jays ne sont plus qu’à une rencontre du titre. La finale revient à Toronto demain soir (31 octobre) pour le match 6 et, si nécessaire, samedi (1er novembre) pour un match 7 décisif. Les artistes qui se produiront sur la glace — ou plutôt sur le terrain — n’ont pas encore été annoncés.

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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante
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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante

L’homme derrière certains des labels indépendants les plus prospères du Canada revient sur le succès tardif de Patrick Watson, aujourd’hui détenteur de records de streaming francophone. Il explique également pourquoi il privilégie des relations à long terme avec les artistes et souligne l’importance de la collaboration au sein du secteur indépendant.

Justin West est aujourd’hui l’un des visages les plus influents de la musique indépendante canadienne, même si rien ne le prédestinait à ce rôle. Lorsqu’il fonde Secret City Records à Montréal, au milieu des années 2000, ce n’est pas par ambition entrepreneuriale, mais par nécessité. Il venait de rencontrer un artiste qu’il admirait profondément et avec qui il souhaitait bâtir quelque chose de durable. Pour que cette collaboration voie le jour, il fallait un label. Cet artiste, c’était Patrick Watson. Vingt ans plus tard, les deux noms sont indissociables, et leur succès dépasse largement les frontières du pays.

Lauréat à plusieurs reprises du prix Billboard Canada Power Player, West dirige aujourd’hui l’un des labels indépendants les plus respectés au pays. Il défend aussi les intérêts du secteur au sein de nombreux conseils d’administration, tant au Canada qu’à l’international. Lorsqu’on le rencontre pour ce portrait, il revient tout juste du Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture à Banff, où il a joué un rôle clé dans les discussions entourant la Loi sur la diffusion en ligne et les négociations collectives avec les plateformes numériques.

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