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Le Regina Folk Festival tire sa révérence après plus de 50 ans

Alors que les festivals à travers le pays alertent sur les menaces financières, celui de la Saskatchewan cesse ses activités, affirmant que « les défis économiques sont devenus insurmontables ».

Regina Folk Festival Says Goodbye

Le Regina Folk Festival fait ses adieux

ReginaFolkFestival.com

Après plus de 50 ans, le Regina Folk Festival de la Saskatchewan fait ses adieux.

Le conseil d'administration du Regina Folk Festival a annoncé l’annulation de sa 53e édition, prévue cet été, et la fin progressive de ses activités, évoquant des « défis économiques devenus insurmontables ».


Après avoir annulé son édition 2024 pour tenter de se reconstruire, le festival avait prévu un retour en 2025. Cependant, le conseil d’administration a finalement constaté qu’un nouvel événement n’était plus financièrement viable.

« Les pressions économiques liées à la pandémie – stagnation ou réduction du financement, hausse des coûts et baisse des ventes de billets – ont créé des obstacles que nous ne pouvons plus surmonter », explique le communiqué.

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Le Regina Folk Festival rejoint ainsi la liste des événements culturels canadiens contraints de fermer leurs portes face aux difficultés financières. L’industrie des festivals peine à se remettre des confinements liés à la COVID-19. Juste pour rire, à Montréal, s’est placé sous la protection de ses créanciers en 2023, tandis que le Vancouver Folk Festival avait annoncé sa fermeture la même année, avant d’être sauvé par une mobilisation communautaire et un soutien financier.

Cette année, le Festival de jazz de Vancouver et le Beaches Jazz Fest de Toronto ont également lancé des appels à l’aide, décrivant un secteur sous pression. Les festivals font face à de multiples défis : manque à gagner durant les confinements, inflation galopante, baisse des sponsors et un public qui ne revient pas toujours en nombre, surtout pour les plus petits événements.

Le rapport Hear and Now de l’Association canadienne de musique en direct souligne que la reprise mondiale du secteur en 2024 est en deçà des attentes. « L’annulation des tournées et festivals en raison de la baisse des ventes de billets, de la hausse des coûts et des impacts environnementaux a entraîné un déclin général du secteur », écrivent les auteurs. « Les cachets élevés des têtes d’affiche grèvent les budgets des fans, laissant peu de place aux artistes émergents. »

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Le Regina Folk Festival, comme de nombreux festivals de musique folk, fonctionnait en tant qu’organisme à but non lucratif. Il a accueilli certains des artistes les plus appréciés du Canada, notamment Joel Plaskett, Alan Doyle et The Halluci Nation.

Les festivals folk jouent un rôle clé dans la carrière des jeunes artistes, leur offrant une première scène et un espace de partage et de communauté. Mais leur taille modeste les rend aussi plus vulnérables aux crises économiques.

« Depuis 55 ans, le Regina Folk Festival était bien plus qu’un simple événement musical : c’était un rendez-vous incontournable pour la communauté, où des souvenirs impérissables se sont créés », conclut le conseil d’administration. « Nous avons hâte de voir émerger de nouveaux événements en son absence et encourageons chacun à soutenir les arts sous toutes leurs formes. »

Retrouvez la déclaration complète ici.

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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante
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Cadre de la semaine : Justin West, de Secret City Records, partage les clés du succès de la musique indépendante

L’homme derrière certains des labels indépendants les plus prospères du Canada revient sur le succès tardif de Patrick Watson, aujourd’hui détenteur de records de streaming francophone. Il explique également pourquoi il privilégie des relations à long terme avec les artistes et souligne l’importance de la collaboration au sein du secteur indépendant.

Justin West est aujourd’hui l’un des visages les plus influents de la musique indépendante canadienne, même si rien ne le prédestinait à ce rôle. Lorsqu’il fonde Secret City Records à Montréal, au milieu des années 2000, ce n’est pas par ambition entrepreneuriale, mais par nécessité. Il venait de rencontrer un artiste qu’il admirait profondément et avec qui il souhaitait bâtir quelque chose de durable. Pour que cette collaboration voie le jour, il fallait un label. Cet artiste, c’était Patrick Watson. Vingt ans plus tard, les deux noms sont indissociables, et leur succès dépasse largement les frontières du pays.

Lauréat à plusieurs reprises du prix Billboard Canada Power Player, West dirige aujourd’hui l’un des labels indépendants les plus respectés au pays. Il défend aussi les intérêts du secteur au sein de nombreux conseils d’administration, tant au Canada qu’à l’international. Lorsqu’on le rencontre pour ce portrait, il revient tout juste du Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture à Banff, où il a joué un rôle clé dans les discussions entourant la Loi sur la diffusion en ligne et les négociations collectives avec les plateformes numériques.

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