Des organismes de l’industrie musicale québécoise réclament davantage d’investissements pour accroître la visibilité des artistes locaux en dehors des plateformes numériques
Plus de 30 groupes — dont la SOCAN, la SPACQ-AE, la GAMIQ et le Conseil de la musique du Québec — ont signé la lettre « afin d’accroître les possibilités pour les gens de découvrir notre musique » en dehors des plateformes de diffusion en continu.

Des organismes de l’industrie musicale québécoise réclament davantage d’investissements dans la découvrabilité des artistes hors des plateformes numériques
Les acteurs de l’industrie musicale québécoise souhaitent encourager le public à découvrir les artistes d’ici au-delà des plateformes de diffusion en continu.
Dans une nouvelle lettre ouverte, plus de 30 organisations du secteur musical, dont la SOCAN, la SPACQ-AE, la GAMIQ et le Conseil québécois de la musique, réclament des mesures concrètes pour favoriser la « découvrabilité hors ligne » des artistes locaux.
Parmi les autres signataires figurent ADVANCE, le Centre de musique canadienne au Québec, les Francos de Montréal, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et les Scènes musicales alternatives du Québec (SMAQ).
Selon ces organismes, la visibilité des artistes d’ici ne devrait pas reposer uniquement sur les plateformes de diffusion en continu. Ils proposent plutôt de multiplier les occasions de découvrir la musique québécoise dans les espaces du quotidien, notamment les « écoles et établissements d'enseignement, commerces, restaurants et hôtels, sites touristiques, espaces publics et institutionnels, salles de spectacle et festivals ».
Si Spotify a récemment classé la musique francophone parmi les genres les plus populaires sur sa plateforme en 2025, les écoutes en continu au Québec n'ont progressé que de 3 % cette même année, selon les données de l'Observatoire de la culture et des communications de l'Institut de la statistique du Québec.
Plusieurs organismes de l’industrie avaient d’ailleurs récemment milité en faveur de l’adoption du projet de loi 109, visant à accroître la visibilité et l'accessibilité des contenus francophones sur les plateformes de diffusion en continu au Québec.
Bien que ces services ne soient pas les seuls responsables du recul de l’écoute de musique québécoise, leurs algorithmes tendraient à favoriser les contenus déjà populaires, reléguant ainsi de nombreux artistes québécois et francophones à des marchés de niche.
« Bien que les politiques publiques et les mesures réglementaires mises en œuvre au fil des ans doivent se poursuivre et s’adapter, elles n’ont pas encore réussi à inverser le déclin de l’écoute de notre musique auprès du public québécois », peut-on lire dans la lettre ouverte.
Les signataires estiment que « le Québec dispose de nombreux leviers dans sa juridiction qui peuvent être davantage mobilisés ». Ils appellent notamment à une collaboration renforcée « entre le ministère de la Culture et des Communications et d’autres ministères », soulignant que « la présence et la découverte de notre musique doivent être envisagées au-delà des seuls programmes culturels ».
Certaines initiatives cherchent déjà à répondre à cet enjeu, notamment Montréal, faites du bruit, de l’ADISQ. Ce programme, qui comprend une cinquantaine de mesures, vise à renforcer la promotion et la visibilité de la musique francophone dans la métropole, notamment grâce à des spectacles, des campagnes promotionnelles et diverses initiatives culturelles.
Le Québec demeure également un pôle incontournable des grands festivals de musique au Canada. Des événements comme Osheaga, le Festival d’été de Québec (FEQ) et M pour Montréal mettent à l’honneur une grande diversité de genres musicaux. D’autres rendez-vous, comme LASSO, le Festival international de jazz de Montréal et Igloofest, rejoignent des publics plus ciblés.
Ces derniers mois, plusieurs artistes québécois se sont également démarqués dans les palmarès de Billboard Canada, notamment Angine de Poitrine, Charlotte Cardin, Patrick Watson, JF Pauzé et, plus récemment, Jean-Michel Blais.
Le succès de la série Heated Rivalry a également permis à plusieurs artistes québécois de rejoindre un nouveau public, dont Wolf Parade, Dumas, Philippe B et La Bronze. La bande sonore de la série porte par ailleurs la signature du musicien montréalais Peter Peter.
Malgré ces avancées, les signataires jugent nécessaire d’aller plus loin. Tout en reconnaissant que « les politiques publiques et les mesures réglementaires mises en œuvre au fil des ans doivent se poursuivre et s’adapter », ils exhortent le gouvernement du Québec à adopter « des mesures plus ambitieuses concernant la découvrabilité hors ligne ».
« Notre public ne vit pas dans les puces informatiques des algorithmes des grandes entreprises technologiques. Notre public vit ici, dans un environnement réel et physique que nous connaissons et comprenons mieux que quiconque au monde. »



















Balkaur Singh/Instagram


